300 millions de personnes sont concernées dans le monde, et pourtant le syndrome de l'intestin irritable reste l’un des troubles intestinaux les plus incompris.
Les personnes atteintes du SII vivent souvent un sentiment d’isolement et se retrouvent confrontées à une véritable errance médicale. Elles doivent apprendre à composer avec un trouble chronique et ont parfois l’impression qu’aucune solution efficace ne peut les soulager.
Dans cet épisode, le Dr Antonin Leclerc, médecin généraliste de formation, spécialisé en diététique, nutrition humaine, micronutrition, alimentation-santé et mésothérapie, nous accompagne pour décrypter ce parcours complexe. Il revient sur les obstacles rencontrés par les patients : diagnostic difficile, consultations multiples, sentiment de solitude et anticipation constante de symptômes. Il analyse également l’impact du stress et des modes de vie contemporains sur le SII, et comment l’expérience quotidienne des patients, jusque dans leur rapport aux selles, révèle les limites et les besoins de leur prise en charge.
Plongez au cœur de l’axe intestin-cerveau pour comprendre comment il influence à la fois notre corps et notre esprit, de la digestion à l’humeur, et découvrez pourquoi un microbiote intestinal équilibré joue un rôle central dans le maintien de la santé et du bien-être.
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Le Dr Antonin Leclercq est médecin généraliste de formation. Il est également diplômé en diététique et nutrition humaine, en micronutrition, en alimentation-santé et en mésothérapie. Fort de cette expertise pluridisciplinaire, il propose une prise en charge globale, préventive et personnalisée, adaptée aux besoins spécifiques de chaque patient. Son approche s’inscrit dans une vision intégrative de la santé, alliant médecine conventionnelle et pratiques complémentaires telles que la médecine fonctionnelle, la nutrition thérapeutique et la mésothérapie.
Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est une maladie digestive fréquente, mais souvent méconnue. Pour les patients, elle ne se limite pas aux symptômes physiques : elle bouleverse le quotidien, crée des inquiétudes et entraîne parfois un isolement social. Comprendre le SII à travers le parcours du patient, depuis les premiers signes jusqu’à la reprise de confiance et d’autonomie, permet de mieux saisir les défis vécus et les solutions possibles.
Le parcours du patient commence souvent par l’apparition de symptômes digestifs difficiles à interpréter. Ballonnements, douleurs abdominales, diarrhée ou constipation alternée deviennent rapidement une source de stress et d’angoisse. Beaucoup décrivent une incompréhension face à leur propre corps : « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? », « Est-ce grave ? ».
Ces premières manifestations sont souvent irrégulières et fluctuantes, ce qui complique la perception de la gravité. Le patient peut attendre longtemps avant de consulter, pensant que le problème est passager ou lié à l’alimentation. Cette étape initiale est cruciale, car elle conditionne le rapport au corps et aux soins : plus le patient se sent compris tôt, moins il développe d’anxiété et d’hypervigilance.
Même avant le diagnostic, le SII commence à affecter la vie quotidienne. Les patients adaptent leurs déplacements, anticipent les toilettes et modifient leurs choix alimentaires. L’hypervigilance s’installe, et avec elle une fatigue émotionnelle importante. Le stress généré par l’incertitude peut amplifier les symptômes digestifs, créant un cercle vicieux très difficile à briser seul.
Pour beaucoup, le SII est une maladie invisible. Les examens biologiques et radiologiques standards étant souvent normaux, le patient est parfois confronté à la doute ou à l’incompréhension médicale. Cette errance peut durer plusieurs mois, voire des années, avec des consultations multiples et des traitements inefficaces.
Le parcours du patient dans cette phase est marqué par la frustration et la peur : peur de ne pas être pris au sérieux, peur que les symptômes cachent une maladie plus grave. Le manque de reconnaissance accentue le sentiment d’isolement et peut engendrer un stress chronique, qui, à son tour, aggrave les troubles intestinaux.
Être écouté et reconnu est une étape essentielle du parcours. La validation des symptômes par un professionnel de santé permet au patient de se sentir légitime dans sa maladie. Cette reconnaissance n’est pas seulement symbolique : elle constitue le premier véritable soulagement et ouvre la voie à une prise en charge adaptée.
Le diagnostic repose sur l’évaluation clinique et les critères de Rome IV, qui combinent douleur abdominale et troubles du transit. Il est confirmé après avoir écarté d’autres pathologies digestives graves, comme les maladies inflammatoires ou les infections chroniques.
Pour le patient, l’annonce du diagnostic est ambivalente. D’une part, elle apporte un soulagement psychologique, car elle met un nom sur les symptômes et offre une explication crédible. D’autre part, elle peut susciter des questions : « Comment vais-je vivre avec ? », « Quelles restrictions vais-je devoir accepter ? ». Le rôle du médecin est alors crucial pour orienter le patient et l’accompagner dans la suite du parcours.
Après le diagnostic, le patient entre dans une phase d’adaptation pratique. Cela implique des changements alimentaires, la découverte de la tolérance individuelle aux aliments, et l’apprentissage des signaux de son corps. Beaucoup développent des routines préventives pour limiter l’apparition des symptômes, comme planifier les repas ou anticiper les sorties.
Ces ajustements sont essentiels pour reprendre un certain contrôle sur la vie quotidienne, mais ils nécessitent un accompagnement progressif pour éviter l’isolement ou la frustration. Le patient apprend que chaque corps réagit différemment, et qu’il n’existe pas de solution universelle.
L’adaptation va bien au-delà de l’alimentation. Le SII affecte l’humeur, la confiance en soi et les interactions sociales. Les patients doivent souvent trouver un équilibre entre prudence et liberté, en testant progressivement les situations sociales ou alimentaires. C’est une étape clé pour rompre le cercle vicieux de la peur et des symptômes.
Le parcours du patient inclut souvent une dimension psychologique. Le stress chronique et l’anxiété anticipatoire jouent un rôle majeur dans l’aggravation des symptômes. Des techniques de gestion du stress, comme la cohérence cardiaque, la méditation ou l’activité physique, deviennent des outils essentiels.
Pour certains patients, un accompagnement psychothérapeutique est recommandé. Il ne s’agit pas de nier les symptômes, mais de fournir des stratégies pour mieux vivre la maladie, réduire l’anxiété et favoriser la confiance en ses capacités d’adaptation. Cette étape permet de retisser le lien entre le corps et l’esprit, souvent perturbé par les symptômes chroniques.
Dans le parcours du patient, l’alimentation joue un rôle central. Des régimes adaptés, tels que le régime pauvre en FODMAP, peuvent réduire les symptômes, mais doivent être individualisés pour ne pas créer de frustration ou de carences. La clé est une mise en place progressive et personnalisée, avec suivi professionnel pour ajuster selon la tolérance.
Certains patients bénéficient également d’un accompagnement en micro-nutrition, visant à soutenir le microbiote et à améliorer la perméabilité intestinale. Ces interventions sont complémentaires : elles permettent non seulement de soulager les symptômes digestifs, mais aussi d’améliorer la vitalité globale.
L’étape ultime du parcours du patient est la reprise de confiance. Grâce à la compréhension de la maladie, à la reconnaissance des symptômes et aux ajustements progressifs, le patient retrouve une autonomie dans sa vie quotidienne. Il peut gérer ses symptômes, planifier ses activités et participer pleinement à la vie sociale et professionnelle.
Cette étape ne signifie pas l’absence totale de symptômes, mais une maîtrise et une tolérance accrue. Le patient apprend à écouter son corps, à anticiper les situations à risque et à intégrer le SII comme un aspect de sa vie sans qu’il ne la définisse entièrement.
Même après avoir trouvé un équilibre, le patient bénéficie d’un suivi régulier pour ajuster les stratégies et maintenir la qualité de vie. Le parcours est évolutif : de nouvelles situations ou stress peuvent nécessiter des adaptations. L’accompagnement médical et psychologique, ainsi que les outils d’autogestion, restent des ressources précieuses pour prévenir les rechutes et consolider la confiance.
Le syndrome de l’intestin irritable est avant tout un parcours de patient. Il commence par l’apparition confuse des symptômes, traverse l’errance médicale et les ajustements pratiques, et peut aboutir à une reprise de confiance et d’autonomie. À chaque étape, le patient est confronté à des défis physiques, psychologiques et sociaux.
L’expérience montre que la compréhension, l’écoute et l’accompagnement individualisé sont des leviers essentiels pour transformer ce parcours difficile en processus de résilience. Les patients peuvent ainsi apprendre à vivre avec le SII, retrouver leur liberté et améliorer leur qualité de vie, tout en intégrant la maladie dans un cadre cohérent et maîtrisé.
Références littéraires :
Camilleri, M., et al. (n.d.). Diagnosis and treatment of irritable bowel syndrome. Gastroenterology.
Bhinder, G., et al. (n.d.). Irritable bowel syndrome patient experience: A survey. Journal disponible sur PubMed Central (PMC).
Andresen, V., et al. (n.d.). An exploration of the barriers to the confident diagnosis of irritable bowel syndrome. United European Gastroenterology Journal.
Ford, A. C., et al. (n.d.). Evidence- and consensus-based practice guidelines for the diagnosis of irritable bowel syndrome. JAMA Internal Medicine.
Chuy, D. S., et al. (n.d.). Irritable bowel syndrome: Current landscape of diagnosis and management. MDPI Journals.
Hemy, A. R., et al. (n.d.). Diagnosis and management of irritable bowel syndrome in the primary care setting. BC Medical Journal (BCMJ).
(0:00 - 0:19)
Les patients qui viennent me voir qui ont des douleurs à l'intestin, donc ça demande de
l'intestin irréctable, souvent étiqueté, et qui ont des douleurs articulaires, des douleurs
musculaires, des problèmes aussi au niveau de la peau. Je leur dis aux patients, votre peau,
c'est un peu, excusez-moi le terme, la poubelle de l'organisme. Souvent, une inflammation de la
peau est révélateur d'une inflammation de l'intestin.
(0:19 - 1:02)
Pour les patients, ça paraît tellement normal d'avoir mal au ventre, ça paraît tellement habituel
d'avoir des diarrhées tous les jours, des selles molles, ça paraît tellement commun qu'ils n'en
parlent même pas, puisqu'ils se disent, de toute façon, je suis né comme cela, je vis comme
cela, et il y a vraiment cet esprit de fatalité qu'il faut réexpliquer, leur dire qu'il n'y a pas de
fatalité, qu'on peut améliorer les choses, et c'est apporter aussi une preuve que ce n'est pas
dans la tête. Bienvenue dans le podcast Simp Biologie, Santé, Nutrition. Le podcast où nous
discutons avec des experts de ce que notre corps et notre biologie nous disent à propos de
notre santé et nos besoins en nutrition.
(1:04 - 2:11)
Bonjour Docteur Leclerc, merci de participer à cet épisode. On a discuté brièvement il y a
quelques mois déjà, quand on avait commencé à planifier cet épisode, et quand je vous ai eus
au téléphone, vous m'aviez parlé justement de ce que vous venez de me parler à l'instant, de ce
besoin un petit peu de compréhension, de communication au sein des troubles digestifs
chroniques, notamment le syndrome de l'intestin irritable, et j'ai l'impression que c'est un petit
peu de ça dont on va traiter l'épisode aujourd'hui, parfois de ce manque de légitimité chez ces
patients, de légitimité de leurs ressentis, de légitimité de leur parcours, et un petit peu de cet
isolement que peut créer l'errance médicale, et vous aviez vraiment évoqué l'envie de parler,
plutôt au lieu de parler de l'aspect du médecin, peut-être un peu plus parler de l'aspect du
patient, ce que vous voyez, ce que vous observez en consultation. Oui, merci Nicolas déjà de
participer à votre entretien.
(2:11 - 6:11)
C'est vrai que dans ma pratique, je vais peut-être me présenter avant, je suis à la base médecin
généraliste, et je me suis formé également en médecine nutritionnelle fonctionnelle, puisqu'en
fait la médecine générale permettait de traiter des symptômes, mais de moins s'intéresser et
moins traiter, on avait peu de moyens pour traiter un peu le terrain du patient, c'est le
pourquoi des symptômes, c'est-à-dire d'essayer de rechercher un peu une origine commune, et
donc je me suis formé par des diplômes universitaires, par d'autres formations, je me suis
formé à cette médecine nutritionnelle fonctionnelle, et donc maintenant je ne fais quasimentque cette activité, je suis également mésothérapeute, je continue un petit peu la médecine
générale pour mes anciens patients, et donc ce qui m'intéressait aujourd'hui, c'était de parler
un peu d'une expérience de patients qui viennent me consulter, ils ne viennent pas par hasard
me consulter, parce qu'ils sont surtout peu écoutés peut-être, et ils ont besoin d'avoir une
réponse en fait, ils me disent souvent vous êtes un peu mon dernier recours, alors je suis un
peu surpris et honoré d'entendre ça, mais c'est vrai que je me suis posé des questions, sur
l'intestin irritable et sur ses symptômes, et donc voilà je vous partage un petit peu mon
expérience patient. Quels sont justement quand ils arrivent chez vous, ils arrivent j'imagine
avec un bagage assez lourd, quand ils disent vous êtes mon dernier espoir, c'est qu'il y a
beaucoup de choses là derrière, quels sont un peu les pensées qui reviennent les plus souvent,
par rapport à leur propre cas, quels sont un peu leurs mythes, les croyances qu'ils ont par
rapport à leur cas, et qu'ils essayent, soit ils arrivent avec des croyances, soit ils arrivent plutôt
avec des questions, mais généralement qu'est-ce qu'ils ont en tête, quand ils viennent vous
voir, qu'est-ce que vous entendez ? Alors ils sont surtout en errance médicale, c'est-à-dire qu'au
début ils sont vus par des médecins, qui les écoutent je pense, mais surtout ils n'ont pas toutes
les réponses, puisqu'en fait on a une réponse purement symptomatique, je parle en médecine
générale, et en fait ils veulent chercher à comprendre pourquoi, pourquoi ils ont ces signes, et
comment les aider en fait, et donc ils viennent me voir un petit peu, pour comprendre un petit
peu ce qu'ils ont, parce que souvent on leur dit, mais monsieur, madame, vous avez un
syndrome de l'intestin irritable, ce n'est pas grave, il n'y a pas de gravité au sens médical du
terme, mais par contre il y a une rupture dans leur vie, une difficulté à anticiper même des
déplacements, je pense à une patiente qui m'a dit que le matin, elle anticipait par exemple tous
ses déplacements, elle cherchait même les emplacements de toilettes publiques, pour pallier
malheureusement à des problèmes de transit, qui arrivent un petit peu de manière inopinée, et
c'est très handicapant dans la vie de tous les jours, sans qu'il y ait finalement de gravité au sens
médical. Oui, je pense que le mot, c'est justement une des questions que j'avais notées, est-ce
que vous voyez une forme d'hypervigilance, qui se développe chez ces personnes, notamment
avec vraiment cette anticipation permanente, j'ai l'impression que quand on parle de l'intestin
irritable, c'est vraiment quelque chose qui va amener beaucoup d'anticipation, que ce soit, là
vous parlez du parcours aux toilettes, mais j'ai l'impression aussi dans tout ce qu'on va manger,
et qu'il y a beaucoup de peur qui va se développer autour de tout ce qu'on fait, parce que ce
sont nos gestes à quotidien, manger, boire, se déplacer.
(6:12 - 8:53)
On est vraiment dans l'anticipation dans la vie de tous les jours, comme vous dites justement,
c'est des problématiques lorsqu'ils sont invités par des amis au dîner à manger, lorsqu'ils vont
au restaurant, lorsqu'ils sont en vacances également, puisqu'ils ont accès à la nourriture, mais
ils ne savent plus quoi faire, et surtout après avoir eu des conseils alimentaires qui peuvent être
contradictoires selon les différents praticiens, médecins ou paramédicaux qui leur ont donné
des conseils, et à un moment ils ne savent plus, et ça crée en plus une répercussion un peu sur
le moral, sur le stress, et je leur parle notamment de l'axe intestin-cerveau, qui est en fait unedes composantes fonctionnelles de ce syndrome, ce qui peut être une des explications, et sur
lequel on travaille justement en médecine fonctionnelle. On va revenir justement, parce que ça
c'est un point je crois très important, des conseils, de la multitude de conseils, qui sont peut-
être tous valides, mais peuvent être parfois opposés, et pas toujours individualisés, donc ça je
pense que c'est quelque chose dont on va discuter après, mais juste peut-être pour recadrer
rapidement, parce qu'on a commencé à parler de syndrome de l'intestin irritable, quand on dit
syndrome de l'intestin irritable, de quoi parle-t-on exactement ? Parce que j'ai l'impression que
c'est un mot de plus en plus large, alors je sais qu'il y a des classifications médicales qui ont été
établies, mais j'ai l'impression que de plus en plus de personnes disent, ah oui moi j'ai de
l'intestin irritable, et ils ont entendu ça à gauche à droite, et parfois j'ai l'impression que ça
devient un peu comme un parapluie, sur lequel on regroupe tout ce qui est symptômes
digestifs. On regroupe beaucoup de symptômes digestifs, l'intestin, le syndrome de l'intestin
irritable, c'est défini médicalement par les critères de Rome 4, sur la douleur abdominale,
troubles du transit, ballonnement, donc c'est parfaitement établi médicalement, c'est un
diagnostic principalement fonctionnel, pour lequel on n'a pas retrouvé d'origine organique, de
gravité pour ces patients, donc après il est vrai que lorsqu'on ne retrouve pas d'éléments de
gravité, polype, diverticule, cancer, on peut aller même jusque là, les patients on leur dit,
monsieur vous avez un syndrome de l'intestin irritable, pour lequel on parlera peut-être des
traitements par la suite, pour lequel les traitements sont très symptomatiques finalement, et
manquent d'une cohésion, sur la prise en charge en fait.
(8:54 - 10:55)
Oui parce que j'ai l'impression que c'est quelque chose, souvent on va mettre du longtemps,
avant qu'on vienne mettre un mot dessus, et en même temps parfois j'ai l'impression que c'est
quelque chose qui va assez vite, de venir dire ah c'est un syndrome de l'intestin irritable, et est-
ce que ça aide vraiment, parce qu'on parle beaucoup du parcours du patient, à quel moment
un peu dans le parcours, généralement on vient poser le mot, ou le diagnostic qui s'est fait par
un médecin, sur le fait qu'il s'agit d'un syndrome de l'intestin irritable, en quelle capacité est-ce
que ça aide, en fait le patient va venir poser ce diagnostic, lorsqu'on va parler un peu des
traitements, et autres après, mais c'est quelque chose d'assez complexe, en quelle capacité est-
ce que ça aide, je pense que ma question elle est là, et après on pourra développer. C'est court
et long à la fois, c'est-à-dire c'est long, parce que c'est une errance médicale, des patients qui
ont vu beaucoup de médecins, ou praticiens juste avant, de consulter un médecin fonctionnel,
ou de consulter, et en fait c'est court également, c'est difficile l'appréhension, bon par contre ce
qui est vrai, c'est que les patients n'ont pas de réponse, puisqu'on les étiquette un peu, sur le
syndrome de l'intestin irritable, sans leur expliquer un petit peu, les mécanismes
physiopathologiques, et surtout pour ma part, les mécanismes fonctionnels, puisqu'en fait pour
moi c'est un tout, c'est un tout, je vous parlais de l'axe cerveau intestin, ça peut être
l'inflammation également, le déséquilibre asthme basique, ça peut être beaucoup de choses,
sur lesquelles on va travailler en médecine fonctionnelle. Et du coup au niveau des symptômes,
vous en avez cité quelques-uns, je pense que c'est important de savoir, qu'est-ce que c'est, etqu'est-ce que ça n'est pas, le syndrome de l'intestin irritable, vous avez cité quelques
symptômes.
(10:56 - 12:55)
Abonnement, douleur abdominale, troubles du transit en fait, qu'est-ce que ça n'est pas, le
syndrome de l'intestin irritable, ce n'est pas tout ce qui est organique, tout ce qui est
d'éléments de gravité, tout ce qui est organique, tout ce qui est poly-diverticule, tout ce qui est
cancer évidemment, tout ce qui est maladie, maladie céliaque, rectocolite hémorragique, donc
tout ce qui est maladie au sens organique, dès que ce n'est pas une maladie organique, on
parle d'un syndrome fonctionnel, qu'on appelle intestin irritable, son nom l'indique bien, c'est
une irritation de l'intestin, en fait c'est une inflammation de l'intestin, d'où la prise en charge,
qui va être surtout sur cette inflammation. C'est un peu une question que j'ai, et je pense qu'il
revient beaucoup, il y a la part des symptômes intestinaux, mais après comme vous dites, il y a
vraiment cet axe intestin-cerveau, alors qu'elle est l'œuf, quelle est la poule, parfois je pense
que c'est une question qu'on peut se poser là-dedans, et je pense qu'il y a vraiment tout un
volet au niveau psychologique, je pense à prendre en compte, et ce sentiment, on parlait de
légitimité au début, mais qui peut accentuer, j'ai l'impression, la détresse dans laquelle on se
trouve. Oui, alors c'est vrai qu'avec les confrères, on parle beaucoup de qui est l'œuf, qui est la
poule, je ne sais pas, très difficile à dire en fait, puisque l'axe cerveau-intestin, qui a commencé
? Est-ce que c'est un stress qui entraîne un intestin irritable, ou est-ce que c'est l'intestin
irritable qui entretient le stress ? Toujours est-il que les deux coexistent, et surtout les deux
doivent être pris en compte, c'est ça qui est important, c'est qu'on ne peut pas se permettre de
dire à un patient, on va s'occuper de l'intestin par des traitements symptomatiques, par le
traitement du microbiote, on pourra en parler si vous voulez, de la porosité intestinale, de la
permeabilité intestinale, sans tenir compte de l'ensemble de l'organisme, notamment de
cerveau, gestion du stress.
(12:55 - 15:21)
Alors là, c'est toujours très facile, c'est ce que je dis aux patients, c'est toujours très facile de
vous dire, monsieur, madame, soyez moins stressés, voilà, mais on peut les aider, on peut les
aider, alors moi je les aide surtout en micro-nutrition, un petit peu en phytothérapie, et après il
y a d'autres méthodes, d'autres méthodes en complément, psychothérapie, cohérence
cardiaque, moi je pense, l'activité physique aussi, très important pour moi, je pense donc, c'est
très, voilà, c'est toujours ne pas se limiter à l'intestin, mais tenir compte vraiment de l'axe
cerveau intestin qui pour moi est primordial, et qui nécessite justement d'être pris en charge,
mais pas que en médecine fonctionnelle, j'insiste bien, c'est vraiment une prise en charge
globale, en fait. Oui, parce qu'il y a, bon, il y a le stress à prendre en compte, mais je pense
aussi du, ici je reviens de nouveau un petit peu à cette question de l'errance médicale, mais ce
sentiment de ne pas être cru, j'ai l'impression que beaucoup de personnes ne sont pas crues,
ou ne sont pas considérées comme légitimes, parce qu'ils ont un petit peu, et je pense que
l'intestin irritable n'est pas la seule maladie invisible, un petit peu si je puis dire ça, j'imaginequ'il y a d'autres cas là-dessus, et un petit peu comment est-ce que, pourquoi est-ce que c'est si
difficile d'en parler, pour, qu'est-ce qui change, je ne sais pas si vous avez une réponse là-
dessus, mais quand vous voyez des patients qui ont une maladie organique, comme vous
disiez, et d'autres qui ont plutôt une maladie invisible, qu'est-ce que ça change dans l'approche,
dans la discussion avec les proches, ça peut être assez compliqué. Alors ce qui est important,
c'est le côté légitimité, les patients ne se sentent pas pris au sérieux, et après, et après, une
forme de fatalisme, de dire, je ne serai jamais guéri, je vais devoir vivre avec, devoir souffrir,
devoir avoir mal, avoir des troubles du transit, voilà, il y a une forme de fatalité qui est arrivée,
c'est là où on peut, notamment dans ma partie, déjà apporter une explication, une explication
fonctionnelle, notamment l'intérêt du microbiote, de la porosité intestinale, l'intérêt de l'axe
cerveau intestin, l'intérêt aussi d'une prise en charge plus globale, je pense au foie par
exemple, notre station d'épuration, c'est ce que je dis aux patients, il faut le nettoyer de temps
en temps, tous les toxines qui s'accumulent, c'est important d'en tenir compte.
(15:22 - 16:05)
En janvier après les fêtes. Tout à fait, en janvier après les fêtes, toutes les périodes intersaisons,
et puis également, ça peut être d'autres signes inflammatoires, des patients qui viennent me
voir qui ont des douleurs à l'intestin, syndrome de l'intestin irritable, souvent étiqueté, et qui
ont des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, des problèmes aussi au niveau de la
peau, je leur dis aux patients, votre peau c'est un peu, excusez-moi le terme, la poubelle de
l'organisme, c'est un peu tous les déchets, tous les toxines fabriqués par votre organisme, vont
au niveau de la peau, et souvent une inflammation de la peau est révélateur d'une
inflammation de l'intestin. Donc c'est aussi un axe sur lequel on peut travailler en médecine
fonctionnelle.
(16:06 - 16:28)
Tout à fait, d'ailleurs, on a fait un super épisode là-dessus avec le professeur Imbert qui parle
beaucoup de ceci, que vous pouvez retrouver sur la chaîne. Et qu'est-ce qui se passe du coup
quand un patient, une patiente, arrive chez vous et se dit ok, là on m'a compris. Parce qu'ils
arrivent avec des attentes, j'imagine qu'il y a des attentes et toujours un peu de réserve.
(16:28 - 16:45)
Comment est-ce que vous voyez ce point de basculement ? L'important, c'est l'écoute du
patient. On n'écoute pas assez. Par expérience, les patients qui me disent j'ai été reçu en cinq
minutes, on m'a étiqueté un syndrome d'intestin irritable, on m'a sorti une ordonnance, je suis
rentré chez vous.
(16:45 - 16:58)
Donc c'est ça qui est important, déjà l'écoute. Que le patient soit écouté, soit entendu, soit
compris également. Ça, ça me paraît important et ça c'est dans la façon d'être de chacun, on esttous différents.
(16:59 - 17:20)
Et cette écoute permet déjà, un, d'apaiser un petit peu, de dire qu'il n'y a pas de gravité, parce
qu'il faut aussi replacer les choses d'un point de vue médical. Et puis, une explication, expliquer
un peu pourquoi l'intestin irritable arrive. Vous parliez de l'œuf et la poule, le cerveau, l'intestin.
(17:20 - 17:44)
Qui a commencé ? J'en serais incapable, mais souvent on retrouve, on retrouve des éléments de
stress, on retrouve des infections qui sont un peu passées inaperçues. On retrouve également
dans l'enfance, je prends des exemples, des prises d'antibiotiques répétées, on va même
jusqu'à l'accouchement, c'est connu l'accouchement par césarienne par rapport à la voix basse.
Donc après bon, tout ça, ça a été démontré également.
(17:45 - 18:50)
Et tout cela pour dire que, voilà, moi l'important c'est déjà écouter le patient, expliquer d'un
point de vue fonctionnel ce que je retrouve, donc l'accessoirement intestinal, l'inflammation, et
travailler dessus, travailler dessus par l'alimentation, par des compléments nutritionnels et
ouvrir également, ouvrir la prise en charge à une prise en charge complémentaire,
psychologue, sophrologue, bon ça peut être beaucoup d'intervenants, puisque le stress joue
énormément dans cette maladie fonctionnelle en fait. Oui, et donc tout commence vraiment
par l'écoute, comme vous disiez, et puis qu'est-ce qui, je pense que ça doit faire déjà beaucoup
dans le sentiment de se faire comprendre, c'est juste déjà de s'être fait écouter. Après, qu'est-ce
que les patients ont le plus besoin d'entendre, parce que vous parliez de fatalité, j'imagine
qu'aider à comprendre que ce n'est pas une fatalité, ça doit déjà changer nos perspectives sur
les années à venir.
(18:52 - 19:47)
Qu'est-ce que vous leur dites généralement ? Déjà, vous m'avez très bien devancé Nicolas, c'est
déjà de leur dire que ce n'est pas une fatalité et qu'on peut améliorer les choses. Alors,
attention, je ne vais pas non plus promettre une méthode miracle qui va tout résoudre en 10-15
jours, je ne vais pas non plus promettre une résolution totale des symptômes, c'est très difficile,
ça met du temps, des mois, voire des années. Mais ce côté fatalité n'existe pas pour moi, le
patient peut leur faire confiance, il faut qu'ils retrouvent leur confiance, confiance en eux,
confiance pour se faire plaisir aussi, puisque je pensais aux restrictions alimentaires, à un
moment, si on restreint trop l'alimentation, vous avez un stress qui va se créer et donc il y aura
des répercussions sur l'intestin.
(19:47 - 20:09)
Donc là aussi, c'est le serpent qui se bord la queue à un moment, si on peut prendre cetteexpression. Oui, c'est vrai qu'on voit beaucoup de personnes arriver avec une liste de
restrictions qui est juste intenable. Et là, il y a quelque chose qui change un petit peu et qui est
arrivé ces dernières années, c'est ce fameux axe intestin-cerveau dont vous avez parlé.
(20:09 - 20:51)
Comment est-ce que vous expliquez ça à vos patients, parce que c'est quand même une notion
complexe qu'on commence à comprendre aussi, on n'a pas 20 ans de recul là-dessus. Comment
est-ce qu'on explique ça à quelqu'un qui vient nous voir et qui a besoin de comprendre un petit
peu plus les mécanismes qui opèrent ? Alors déjà, je commence par demander aux patients un
peu leurs symptômes et justement, très souvent, ils me disent « Je suis stressé, j'ai mal au
ventre. » Et vous savez, la douleur au ventre, même dans d'autres décennies auparavant, le mal
de ventre était déjà très connu par rapport au stress.
(20:51 - 21:17)
Donc l'axe cerveau-intestin a été parfaitement documenté. Dans l'intestin, je parle d'entités
différentes, c'est-à-dire d'une part le microbiote intestinal, la flore intestinale, responsable de
l'immunité, de l'absorption des vitamines et minéraux ligolément, et responsable également de
cet équilibre au niveau intestinal par rapport à ses symptômes. Et de l'autre, je parle de la
perméabilité intestinale.
(21:18 - 22:08)
Donc vraiment, je différencie les deux et les associe, puisqu'en fait, il faut tenir compte des
deux, évaluer les deux entités et après apporter une réponse en fonction de ce que l'on va
retrouver par l'examen clinique, par la biologie également, par certains examens que l'on peut
proposer également. Et cette prise en charge permettra justement d'expliquer, d'une part, que
l'intestin, donc tenir compte microbiote, porosité, perméabilité intestinale, et d'apporter une
solution à ses symptômes. Oui, justement, parce que vous parlez de cette liste d'éviction, j'ai
l'impression que souvent les personnes qui sont face à l'intestin irritable ont un parcours assez
long, une errance assez longue, donc ont déjà testé beaucoup de régimes et souvent les
empilent les uns avec les autres.
(22:09 - 22:53)
Et est-ce que vous voyez justement des personnes qui remangent plus, donc en fait qui ne vont
pas dans le sens des restrictions, mais qui vont dans le sens des dérestrictions, une fois qu'on
commence à s'attaquer un petit peu à cette porosité intestinale, à la perméabilité intestinale ?
Alors souvent, oui, souvent, par rapport à la réintroduction alimentaire, souvent les patients le
sentent, je leur dis vous pouvez vous autoriser un écart par semaine par exemple. Après
chacun, chaque patient a un peu son propre médecin, et je dis aussi aux patients que vous vous
connaissez mieux que moi je vais vous connaître. Donc ce qui est souvent observé, c'est que les
patients retestent un petit peu des aliments lorsque c'est trop restrictif.(22:54 - 23:54)
Après, lorsque vous avez un régime trop restrictif, il se crée une frustration, mais on est tous
pareil, si on est trop frustré à un moment, on craque, et au bout d'un moment, on dit bon, le
régime, si je donne un régime, c'est le régime du docteur Leclerc, bon, j'en ai marre de lui, donc
on ne va peut-être pas le suivre tout le temps. Donc l'idée, c'est de se faire confiance, de peut-
être retester certains aliments quand on va mieux, bien sûr, mais il est vrai qu'au départ, si on a
vraiment une crise, des symptômes très importants au niveau de l'intestin irritable, bon, il est
recommandé de faire attention au niveau alimentaire, mais c'est vraiment au cas par cas,
puisque souvent, je vois des patients qui ont déjà fait beaucoup de régimes, en rajouter un de
plus, ce n'est pas toujours la solution. Donc on donne des idées simples, des idées de bon sens,
notamment le régime méditerranéen, c'est vraiment celui-ci que j'encourage, et après, on
observe.
(23:55 - 25:16)
Et il faut du temps, et c'est ça que je leur dis aussi, c'est qu'il faut du temps. Oui, c'est ça,
lorsque vous commencez à traiter le microbiote, par exemple, aujourd'hui, on sait quand même
que le microbiote, ça peut prendre du temps avant de se rééquilibrer. Est-ce que vous voyez,
j'imagine que vous voyez assez rapidement certaines améliorations, mais comment est-ce que
vous faites pour aider la personne à comprendre qu'il va falloir quand même continuer, il va
falloir du temps pour que ça se rétablisse ? Oui, ça je leur dis, la question que je pose au
patient, depuis combien de temps vous avez l'incendie d'un intestin irritable ? Lorsqu'il me dit,
ça fait des années, je leur dis, je ne vais pas rentrer sur des années, mais je leur dis, il faut du
temps, il faut des mois, des mois pour que le microbiote se remette progressivement, et là
aussi, je ne vais pas non plus promettre une résolution totale, ce n'est pas possible, c'est
difficile, donc ça met du temps, il faut toujours passer, ça met du temps, mais c'est réversible,
ce n'est pas une fatalité et l'important c'est de reprendre confiance en soi, également, c'est
toujours très facile à dire, de travailler sur son mode de vie, sur son stress, sur ses habitudes,
de faire un peu le point, mais ça c'est la vie, j'ai envie de vous dire.
(25:17 - 29:00)
Oui, oui, oui, mais parce que il y a la possibilité d'aller mieux, il y a la possibilité d'agir sur le
syndrome de l'intestin héritable, après comme vous dites, on ne parle pas d'une solution
miracle en deux semaines et puis on arrête tout et tout va bien, comme vous dites, ce n'est pas
toujours tous les symptômes directement, ça peut prendre du temps, ça prend souvent du
temps, mais ce n'est pas une fatalité, mais pourtant, je vois les statistiques qui disaient que je
pense que 8 personnes sur 10 ne sont pas satisfaits, donc 8 personnes sur 10 atteints des
syndromes de l'intestin héritable ne sont pas satisfaits de leur traitement en cours, et donc j'ai
un peu envie de comprendre et aider les personnes à comprendre pourquoi est-ce
qu'aujourd'hui on a un diagnostic clair sur l'intestin héritable, on a quelque chose de
documenté à ce point-là au niveau de la médecine, mais pourtant on a 8 personnes sur 10 quine sont pas satisfaits de leur traitement, parce qu'on voit des traitements, comme vous disiez,
on va traiter les symptômes, mais les personnes n'en sont pas satisfaits, qu'est-ce qui peut
expliquer cela ? En fait, c'est surtout une prise en charge qui est très symptomatique et qui est
souvent morcelée, donc en fait, on fait par petites touches, chaque médecin va apporter un peu
sa petite touche, et malheureusement, on n'a pas cette vision globale qui est importante, et
c'est pour ça que je dis aux patients que ce n'est pas juste l'intestin, c'est traiter, on parle du
cerveau, traiter l'inflammation, traiter le foie, traiter en fait l'ensemble de l'organisme, le mode
de vie également, c'est-à-dire qu'il faut tout traiter en même temps, et si vous faites une
approche morcelée, vous aurez une petite amélioration de certains symptômes, mais
malheureusement pas d'amélioration notable, d'où les 8 patients sur 10 qui ne sont pas
satisfaits, puisque souvent c'est une prise en charge qui est vraiment très morcelée en fait.
Quelles sont les grandes recommandations aujourd'hui sur le syndrome de l'intestin irritable,
est-ce qu'elles sont suffisantes ? Alors, aujourd'hui, ce qui est recommandé au niveau
alimentation, on va jusqu'au régime 100 fois de MAPS, sans éléments fermenticides, donc qui
permet d'éviter ces symptômes, on va être le traitement du stress, les psychothérapies, donc
voilà, c'est vraiment des recommandations connues, qui marchent pour certains cas, mais donc
il faut également tenir compte du terrain, du terrain du patient, un terrain inflammatoire, vous
pensez bien qu'un patient qui a un intestin irritable et un autre patient qui a également une
inflammation, des articulations, on peut retrouver éléments inflammatoires à ce niveau-là, j'ai
même des patients, des patientes qui ont notamment l'endobétriose, qui est une inflammation
du tissu gynécologique, c'est ce que je leur dis, tout cela, il faut en tenir compte et il faut le
prendre en charge également puisque, finalement, l'intestin irritable devient presque en lui-
même un symptôme d'un terrain inflammatoire, déséquilibré, dont il faut tenir compte en fait.
C'est assez intéressant ce que vous disiez par rapport à l'endobétriose, est-ce qu'il y a d'autres
symptômes ou maladies invisibles, un petit peu comme l'endobétriose a été pendant
longtemps, qui pourraient être liées à cet intestin irritable ou qui peuvent aider les personnes à
mieux s'orienter, parce que je pense parfois qu'on a certains symptômes qui sont tellement
éloignés de l'intestin, on ne pense pas forcément à prendre cette démarche.
(29:01 - 29:53)
C'est vrai que c'est un peu le carrefour, l'intestin est un peu le carrefour des symptômes de
l'ensemble de l'organisme. Je pense à la fibromyalgie, par exemple, des patients étiquetés
fibromyalgiques, on ne sait pas trop pour quelles raisons ils le sont, mais souvent, pas à chaque
fois non plus, on retrouve des signes d'inflammation intestinale, notamment alternance
diarrhée, constipation, colites, intolérance à certains aliments, sans être allergique
obligatoirement. On peut retrouver aussi, par exemple, la fibromyalgie dont je vous parlais
d'endométriose, des rhumatismes particulaires inflammatoires également, qui sont très
souvent corrélés avec une inflammation intestinale, et donc même des patients qui ont ces
problèmes d'inflammation, on peut s'intéresser à l'intestin, qui est vraiment pour moi le
carrefour inflammatoire.
(29:54 - 33:18)Et du coup, est-ce que vous, vous avez déjà vu dans votre pratique des personnes qui venaient
justement pour des douleurs inflammatoires à distance, et puis vous réglez, vous travaillez sur
le terrain intestinal, et derrière, d'autres symptômes insoupçonnés vont mieux ? Oui, tout à fait,
et les douleurs articulaires, c'est souvent un bon élément, la peau également, éruption cutanée,
eczéma, psoriasis, tous ces éléments, c'est quoi ? C'est de l'inflammation de la peau, et très
souvent, je leur pose des questions sur l'intestin, et ils m'en parlent, mais pour les patients, ça
paraît tellement normal d'avoir mal au ventre, ça paraît tellement habituel, d'avoir des
diarrhées tous les jours, des selles molles, ça paraît tellement commun, qu'ils n'en parlent
même pas, puisqu'ils se disent, de toute façon, je suis né comme cela, je vis comme cela, et je
vais mourir avec tout cela, donc il y a vraiment cet esprit de fatalité, qu'il faut réexpliquer, leur
dire qu'il n'y a pas de fatalité, qu'on peut améliorer les choses, on n'est pas non plus des
magiciens, ça j'insiste bien, mais on peut améliorer un petit peu ces symptômes. Oui, c'est
assez dingue que un geste du quotidien, comme aller à selle ou autre, qui est déréglé, devienne
un sujet tabou, j'ai l'impression que c'est vraiment un sujet tabou aujourd'hui, je pense que les
initiatives qu'on a, comme ce podcast, peuvent aider des personnes à plus en parler, est-ce que
vous avez des conseils ou des exemples de personnes qui ont pu commencer à en parler, ou
plutôt des pistes pour aider à en parler, que ce soit de la documentation, qu'est-ce que vous
recommanderiez à quelqu'un qui a peut-être besoin de commencer à en parler, parce que
j'imagine qu'il doit y avoir beaucoup d'isolement, on en parlait au début, de cet isolement qui
doit entretenir un petit peu les symptômes, comment est-ce qu'on fait pour sortir de
l'isolement, c'est peut-être ça ma question. Il est vrai qu'on en parle plus dans les médias,
même dans les journaux grand public, on commence à en parler, moi les patients qui viennent
me consulter par exemple, ils me disent, écoutez, je me suis intéressé à la médecine
fonctionnelle parce qu'on en a parlé dans tel magazine, sur tel forum, tel blog, on en a parlé, et
puis ils me disent après, je me suis reconnu, alors ça c'est important, cette reconnaissance dans
les symptômes, je pensais que c'était normal pour moi, je pensais que je vivrais comme ça toute
ma vie, et en fait non, des expériences d'autres patients qui parlent un petit peu de leur
expérience, et c'est là où on a une reconnaissance, on se dit, on se sent moins seul, et ils font
des recherches, et maintenant, on a accès aux recherches Google, et j'ai envie de dire
maintenant par l'intelligence artificielle, on peut l'interroger, et les patients je pense se sentent
moins isolés par rapport à il y a 20 ans par exemple.
(33:19 - 34:10)
Oui, c'est vrai. Et c'était un petit peu une question qui sortait de mon chemin de pensée, pour
revenir sur ces grands conseils, vous parliez notamment de ces régimes d'éviction qui faisaient
partie des protocoles, qui allaient jusqu'à l'éviction du régime FODMAP, est-ce que vous pouvez
développer un petit peu ce qu'est le régime FODMAP ? Je pense que c'est quelque chose dont
on a tous plus ou moins entendu parler, on ne sait jamais trop exactement ce que c'est, et à
quel point c'est utile, et pour qui ? C'est un régime en fait d'éviction d'éléments fermenticides
principalement, qui permet donc d'éviter en fait le maximum d'inflammations. Donc qu'est-ce
qu'on fait ? On va éviter tout ce qui est gluten, éviter tout ce qui est lactose, éviter un petit peutous ces produits, tous ces éléments qui vont créer une inflammation, c'est vraiment ça la base.
(34:11 - 34:56)
Après je pourrais pas vous citer tous les aliments, c'est difficile, puis on peut les retrouver, mais
c'est vraiment, l'idée c'est, on évite des éléments, des aliments inflammatoires pour calmer
l'intestin, en fait c'est ça l'idée. Et c'est quelque chose que vous utilisez beaucoup dans votre
pratique ? Alors, je l'utilise au tout début des consultations où j'en parle, je vois un petit peu le
patient, qu'est-ce qu'il est, son expérience aussi, puisque très souvent le régime sans FONMAPS
a été proposé, notamment par les gastro- entérologues, ce qui est très bien. Donc moi je
l'adapte, je fais, façon de parler aux patients, je leur dis, je leur fais un FONMAPS un petit peu
allégé, un petit peu adapté, mais surtout adapté aux patients.
(34:57 - 35:24)
Adapté à chacun, je leur montre une liste d'aliments, je leur dis, voilà, privilégiez plutôt tels
aliments et pas tels autres, et puis vous autorisez des écarts, parce qu'il faut vivre aussi. Donc
ça qui est important, c'est que j'en reviens encore sur l'axe cerveau-intestin, j'en reviens sur le
stress, qui pour moi peut le bal du siècle, de toute façon c'est évident, donc c'est là-dessus.
C'est-à-dire qu'il faut à la fois conseiller, mais ne pas frustrer.
(35:24 - 38:17)
Et ça c'est pas évident. Oui, j'imagine que là, parce que vous parliez du manque d'écoute, qui
est dû souvent au manque de temps, vous comment est-ce que vous palliez au manque de
temps ? Parce qu'entre venir écouter la personne, ensuite lui expliquer l'axe intestin-cerveau,
les mécanismes, parler des différentes options, et puis après arriver à guider sans frustrer,
comme vous dites, comment est-ce que vous vous faites pour gérer tout ça dans une
consultation ? Et souvent, c'est ce que je leur dis, une consultation, on ne peut pas tout faire en
une consultation, donc moi je travaille beaucoup personnellement avec des questionnaires,
notamment que je propose aux patients pour affiner les choses, puisqu'on ne peut pas tout
voir en une consultation, et surtout, c'est dans l'écoute du patient, je pose toujours cette
question aux patients, quelles sont vos attentes par rapport à moi ? En fait, c'est ça, je me livre
un peu aux patients, je leur dis, écoutez, je suis devant vous, que souhaitez-vous, quelle est
votre priorité ? Et c'est là où je vais travailler sur cette priorité pour après, en fonction de cette
priorisation des symptômes, leur expliquer déjà comment ça va se passer, leur expliquer un
petit peu les mécanismes physiologiques, et le faire par étapes, on ne peut pas tout faire en
une fois, pourquoi également ? Parce qu'il faut laisser votre fonctionnement, votre
métabolisme faire son travail, et ça ne se fait pas en une semaine, c'est ce que je leur dis aussi,
donc c'est des rendez-vous qui se reprennent trois mois après, six mois après, ça dépend un
petit peu de chacun, parce qu'il faut laisser le temps à l'organisme de comprendre ce qui se
passe, le temps à l'organisme de se réparer en fait. Et quelles sont généralement ces attentes ?
Est-ce que ça va souvent dans la même direction ? Est-ce que c'est très varié ? Alors les attentes,
très intéressant, moi je leur dis, c'est aller même, donc j'ai déjà amélioré les symptômes, neplus avoir mal, ne plus avoir de problèmes de transit, mais au-delà de ça, pouvoir revivre, c'est-
à-dire revivre, je veux ressortir sans me poser beaucoup de questions sur ce que je vais
manger, où je vais pouvoir repérer les toilettes, anticiper, pouvoir ne plus être dans
l'anticipation, c'est même des patients qui vont dire, mais sauvez-moi, c'est fort de dire ça en
consultation, mais c'est vraiment de retrouver une qualité de vie en fait, plus que des
symptômes, bien sûr, améliorer les symptômes, mais c'est, la demande, c'est de retrouver une
qualité de vie.
(38:17 - 42:12)
Et justement, comment est-ce qu'on sort de cette peur des symptômes dont vous parlez, parce
que j'imagine qu'il y a une chose, c'est les symptômes qui s'améliorent, mais est-ce qu'ils
peuvent vraiment s'améliorer quand on a toujours peur des symptômes, quand on les anticipe
tellement, comment est-ce qu'on sort de cette anticipation ? C'est par étape, et ça c'est ce que
me disent les patients, c'est que au début, s'il y a une amélioration des symptômes, les patients
vont retrouver une confiance, une confiance en soi qui est importante, et si ça se passe, tout ce
qui se passe, et ce que je leur montre, tout ce qui se passe ici, a des répercussions sur l'intestin,
et donc vous commencez d'un cercle vicieux à arriver plutôt vers un cercle vertueux, mais qui
prend du temps, ça prend des semaines, voire des mois, mais c'est par étape, et chaque étape
de passé, et j'ai envie de vous dire, est une étape de gagné. Quelles sont les de mes dernières
questions ? Je pense un petit peu, on a parlé de l'isolement que ça pouvait créer, de cette
errance médicale, ensuite arriver vers quelqu'un qui vous écoute, de pouvoir affiner un petit
peu en fonction de la biologie, d'améliorer ses symptômes, de se libérer un petit peu de la peur
de ses symptômes, et quels sont un petit peu les indicateurs qui vous montrent qu'on va dans
une bonne direction ? Est-ce qu'ils sont biologiques ? Est-ce qu'ils sont symptomatiques ? Est-ce
que c'est un peu un mix de tout ça ? Je vais te dire un mix des deux, on est en médecine
fonctionnelle nutritionnelle, donc le symptôme est le plus important, comment vous sentez-
vous, monsieur, madame ? L'amélioration des symptômes, maintenant, l'amélioration des
paramètres biologiques, il y a des paramètres biologiques pour évaluer notamment
l'inflammation intestinale, alors ils sont un peu indirects, mais ça permet de montrer de
manière concrète par des chiffres aussi, c'est important aussi pour les patients de voir des
chiffres, parce que le fait d'améliorer les choses, il y a ce que l'on ressent, il y a objectivement
des chiffres qui montrent que, je leur dis, écoutez, vous avez tel paramètre qui s'est amélioré,
vous allez mieux d'un point de vue symptomatique, donc je pense que l'on va dans le bon sens,
et c'est vraiment cette complémentarité entre le symptôme et la biologie qui nous fait avancer.
Oui, je pense que, en effet, comme vous dites, le fait de le voir noir sur blanc, je crois que ça
peut déjà aider à soulager, je pense, toutes ces personnes qui viennent d'un parcours peut-être
plus classique où on leur a dit, c'est dans votre tête, où on ne les croit pas trop sur leurs
symptômes, parce qu'en effet, comme vous dites, au niveau organique, il n'y a pas de maladie,
donc on ne voit rien dans les bilans hors médecine fonctionnelle, tout va bien.
J'imagine que chez vous, après là, vous pouvez leur montrer un petit peu certaines choses qui
sont déréglées, j'imagine que là, déjà, il doit y avoir un soulagement avant n'importe quelsoulagement au niveau symptomatique, j'imagine que ça, ça doit déjà soulager. Oui, et c'est
une reprise de confiance également, et c'est apporter aussi une preuve que ce n'est pas dans la
tête. On a quand même des paramètres, ce n'est pas un chiffre qui va tout déterminer, mais ça
permet justement de redonner confiance aux patients, et de leur dire voilà, monsieur, madame,
ce n'est pas dans votre tête, ce n'est pas une fatalité, il y a une amélioration, vous le voyez de
vous, de vos symptômes, de votre mode de vie, que ça va mieux, ça peut rassurer, ça rassure,
donc il y a vraiment finalement, je veux dire, les symptômes, la biologie, le ressenti, donc moins
de stress, et donc tout cela va dans une coordination plutôt dans le bon sens.
(42:13 - 43:10)
Oui, mais d'un autre côté, c'est marrant parce que c'est un peu le sens inverse d'une maladie où
le fait de le voir noir sur blanc ne rassure pas, ne donne pas confiance, mais après c'est
vraiment le marqueur biologique qu'on doit voir s'améliorer, alors qu'ici c'est plutôt le
marqueur biologique qui donne confiance, quelque chose sur lequel on peut travailler, et puis
ce qui est super important c'est que la personne se sente mieux, c'est que le symptôme
disparaisse plutôt que, bon, j'imagine le marqueur biologique aussi, mais c'est moins la clé de
lecture principale, même si ça l'est au début, mais ça l'est moins à la fin. Les marqueurs
biologiques sont intéressants justement pour apporter une réponse à un symptôme au ressenti
du patient, et ça permet de leur dire que voilà, monsieur ou madame, ce n'était pas dans votre
tête, ça permet de donner un argument supplémentaire. Ce n'était pas obligatoire, tous ces
bilans, mais ça peut rassurer aussi.
(43:10 - 43:43)
Donc vous voyez, c'est vraiment du cas par cas, ce qu'il faut savoir c'est que chaque syndrome
de l'intestin irritable est différent entre chaque patient, puisque le ressenti sera différent,
l'histoire de vie sera différente, les symptômes seront différents, donc tout cela, eh bien on le
prend en charge, notamment en médecine fonctionnelle en fait. Oui, ce qui peut aussi
expliquer que c'est compliqué d'avoir des recommandations générales pour le syndrome de
l'intestin irritable lorsque chaque cas est différent. Tout à fait, il y a une base qui est commune,
mais après il faut adapter en fonction de chaque patient.
(43:45 - 46:31)
Merci beaucoup en tout cas pour toutes ces informations, je crois que c'est très important,
parce qu'on a déjà fait un épisode ou deux sur le syndrome de l'intestin irritable, où on est
vraiment rentré dans les mécanismes biologiques au niveau du cortisol et du stress, ou au
niveau du microbiote, les différents types de microbiote, donc on a fait ces épisodes, mais ici je
trouvais très intéressant et c'est une idée qui venait de vous, donc je vous remercie pour ça, de
vraiment aider à mettre de la légitimité, vraiment ce besoin de communication pour que les
personnes se comprennent d'abord, et comprennent avec quoi ils font face, et que c'est normal
d'être dans cette errance, ça ne devrait pas être normal, mais que c'est le cas pour beaucoup de
personnes, mais que ça n'est pas forcément une fatalité. Je vous remercie déjà pour tout ça,j'espère que ça aidera beaucoup les personnes qui nous écoutent. Avant qu'on termine
l'entretien, est-ce que vous avez les deux, trois premières étapes réalistes, pour une personne
qui nous écoute et qui s'est dit, en fait c'est moi, mais je ne sais pas trop quoi faire, quel serait
le mot de la fin que vous lui direz ? Le mot de la fin, vous n'êtes pas, ce n'est pas dans votre
tête, vous n'êtes pas fou, on ne va pas aller jusque là, mais certains patients me l'ont dit, on leur
a pris pour des fous, et qu'il n'y a pas de fatalité, renseignez-vous, renseignez-vous un petit peu
sur les symptômes, renseignez-vous de manière générale, que ce soit dans l'idéal, tout ce qui
est le plus scientifique possible, mais interrogez-vous, discutez-en autour de vous également, et
puis écoutez après, voyez un petit peu ce qui peut être proposé, on peut avancer, on ne va pas
non plus promettre l'impossible, je ne suis pas là pour promettre des miracles, mais il y a des
choses qui existent aujourd'hui, ce n'est pas fini, la science évolue, les publications évoluent
énormément, notamment sur le microbiote, sur l'axe cerveau-intestin, on en découvre tous les
jours, il y a des protocoles, des idées de recherche, je pense, attention à ce que je dis, à la
transplantation fécale qui est étudiée également, donc il y a beaucoup de choses d'étudier, ce
n'est pas encore totalement validé, totalement établi, mais voilà, on est quand même dans une
démarche de recherche qui va dans le bon sens, et qui s'étoffe de jour en jour.
(46:33 - 47:17)
Oui, tout à fait, je pense que l'avancée scientifique et les découvertes scientifiques vont
tellement vite, on regarde cette courbe du nombre de publications sur le microbiote de 2015 à
2025 avec un pic en 2020, c'est vraiment exponentiel, et je pense qu'il faut le temps que tout ça
sorte des laboratoires, arrive dans les pratiques cliniques, et fasse leur chemin jusqu'aux
personnes qui en ont besoin. Dr Leclerc, merci beaucoup. Nicolas, merci beaucoup, merci de
votre invitation, c'était un plaisir, et voilà, j'espère pouvoir avoir apporté un peu ma pierre à
l'édifice, on va dire.
(47:18 - 47:39)
J'espère aussi, je pense que ce sera le cas, d'ailleurs pour ceux qui nous écoutent, n'hésitez pas
à partager cet épisode avec justement une personne qui pourrait bénéficier de son contenu,
vous abonner aussi à la chaîne, ça nous aide beaucoup à nous rendre plus visibles, et à
communiquer mieux auprès des personnes qui en ont besoin, et je vous dis à la prochaine.
Merci à vous.