Votre corps résiste à l'insuline, et vous ne le savez probablement pas. Inflammation chronique, prise de poids inexpliquée, fatigue, troubles digestifs… Le Dr Anne Lucas nous explique pourquoi "manger moins, bouger plus" ne fonctionne pas, et ce qui se passe vraiment au niveau biologique.
Dans cet épisode, on aborde :
👉 Pourquoi l'insuline est la vraie clé pour comprendre la prise de poids
👉 Le lien entre inflammation chronique, microbiote et résistance à l'insuline
👉 Comment le stress chronique fait monter votre glycémie — sans manger de sucre
👉 Pourquoi votre tolérance aux glucides n'est pas la même que celle de votre voisin
👉 Le rôle du muscle (souvent ignoré) dans la gestion du poids
👉 Les erreurs alimentaires les plus courantes : diabolisation des lipides, manque de protéines, régimes hypocaloriques à répétition
Le Dr Anne Lucas est pharmacienne spécialisée en micronutrition et santé métabolique, enseignante à la Faculté de médecine Paris-Cité. Elle accompagne au quotidien des patients souffrant de troubles métaboliques (surpoids, obésité, résistance à l'insuline).
Depuis des décennies, on nous répète la même équation simpliste : pour perdre du poids, il suffit de manger moins et de bouger plus. Calories in, calories out. Le surpoids serait une question de volonté, de discipline, de rigueur. Et pourtant, malgré des millions de régimes hypocaloriques suivis à la lettre, l'épidémie d'obésité ne cesse de progresser. Le diabète de type 2 explose. Les pathologies métaboliques se multiplient.
Et si le problème n'était pas un manque de volonté, mais un manque de compréhension ? C'est la conviction de la Docteure Anne Lucas, pharmacienne spécialisée en micronutrition et consultante en santé métabolique. Pour elle, la clé de voûte des troubles du poids se nomme l'insuline — et les mécanismes en jeu sont bien plus profonds qu'un simple déséquilibre calorique.
Quand on apprend l'insuline sur les bancs de la faculté, on retient une chose : c'est l'hormone qui fait baisser la glycémie. Notre taux de sucre dans le sang doit rester dans une plage relativement étroite — entre 0,7 et 1,2 gramme par litre environ — pour assurer le bon fonctionnement de notre système nerveux central. Lorsque l'on consomme des glucides, la glycémie monte. L'insuline, sécrétée par les cellules bêta du pancréas, intervient alors pour ramener ce taux à la normale.
C'est exact. Mais c'est terriblement réducteur.
Car pour remplir ce rôle de « stabilisateur de la glycémie », l'insuline déclenche toute une cascade de réactions biochimiques dont on parle beaucoup moins. La plus importante d'entre elles : la lipogenèse de novo. En clair, l'insuline est l'hormone qui ordonne à notre corps de fabriquer du gras à partir de l'excès de glucose.
Le mécanisme est simple à comprendre. Quand on ingère des glucides, le glucose qui en résulte est d'abord stocké sous forme de glycogène dans le foie et les muscles. Mais ces réserves sont limitées et saturent rapidement. Tout l'excédent est alors converti — sous l'action de l'insuline — en acides gras, eux-mêmes stockés sous forme de triglycérides dans les adipocytes, nos cellules graisseuses.
Si l'on devait redéfinir correctement le surpoids et l'obésité, explique la Docteure Lucas, on parlerait d'un excès de masse grasse — et non d'un simple IMC supérieur à 25, un indicateur trop grossier qui classe certains athlètes de haut niveau comme « en surpoids » alors qu'ils n'ont aucun trouble métabolique. La vraie question, c'est : d'où vient cet excès de masse grasse ? Et la réponse passe inévitablement par l'insuline.
Le problème de l'hyperinsulinisme chronique ne s'arrête pas à la fabrication de gras. Il y a ce que la Docteure Lucas appelle « la double peine ».
Première peine : l'insuline active à fond la lipogenèse. Deuxième peine : quand elle reste élevée trop longtemps, elle inhibe la lipolyse — c'est-à-dire la capacité de l'organisme à puiser dans ses réserves de graisse pour produire de l'énergie.
Le résultat est un véritable piège métabolique. La personne en surpoids a faim, non pas par gourmandise, mais parce que son corps manque d'énergie disponible. Le gras est là, stocké en abondance, mais l'insuline en verrouille l'accès. Le cerveau, privé de cette source d'énergie, envoie alors des signaux de faim. La personne mange davantage, sécrète encore plus d'insuline, stocke encore plus de gras. Le cercle vicieux est bouclé.
Pour le briser, il n'y a pas d'autre intervention possible que de réussir à réverser l'insulinorésistance et diminuer cet hyperinsulinisme chronique. C'est faisable, assure la Docteure Lucas, mais cela demande d'aller bien au-delà de la simple restriction calorique.
On pourrait se demander : pourquoi le corps cherche-t-il tant à sortir le glucose du sang ? Parce que l'hyperglycémie chronique provoque ce qu'on appelle la glycation — ou stress glycan.
Lorsque le glucose est trop présent dans le sang, il se fixe sur les protéines et en modifie irréversiblement la structure. Cette réaction produit ce que les scientifiques appellent les AGE (Advanced Glycation End Products). Ces produits de glycation avancée vont ensuite se fixer sur des récepteurs spécifiques — les récepteurs RAGE — et déclencher de l'inflammation.
Les conséquences sont multiples et graves : atteintes oculaires, rénales, cardiovasculaires, neurologiques. C'est d'ailleurs ce qui fait toute la sévérité d'un diabète de type 2 mal équilibré. Le stress glycan figure parmi les grands mécanismes physiopathologiques que l'on cherche à limiter lorsqu'on travaille sur la longévité et le bien vieillir, au même titre que le stress oxydant et l'inflammation systémique de bas grade.
C'est ici que l'histoire se complexifie considérablement — et devient passionnante.
On sait aujourd'hui que les voies de signalisation de l'insuline et celles de l'inflammation convergent. La relation est bidirectionnelle. Toute inflammation systémique de bas grade peut engendrer une insulinorésistance en perturbant la voie de signalisation de l'insuline. Et inversement, l'hyperinsulinisme chronique active les voies inflammatoires via des kinases spécifiques, notamment NF-κB.
En termes concrets, cela signifie qu'une personne souffrant d'une maladie inflammatoire chronique — une polyarthrite rhumatoïde, par exemple — peut développer une insulinorésistance sans jamais avoir eu de problème particulier avec sa consommation de glucides. Des études montrent qu'un patient diabétique de type 2 a un risque accru de développer une maladie auto-immune, et inversement.
Par ailleurs, les adipocytes hypertrophiés — les cellules graisseuses gorgées d'acides gras — ne sont pas des cellules inertes. Ils fonctionnent comme de véritables glandes endocrines et produisent des cytokines pro-inflammatoires. L'obésité est, en soi, une maladie inflammatoire.
Parmi les sources majeures de cette inflammation pathologique, l'écosystème intestinal occupe une place centrale. Derrière la barrière intestinale se trouve plus de 70 % de notre système immunitaire. Lorsque cet écosystème est déséquilibré — microbiote perturbé, mucus de mauvaise qualité, hyper-perméabilité intestinale (le fameux leaky gut) — les conséquences sur l'inflammation systémique sont considérables.
Un mécanisme particulièrement bien documenté est celui de l'endotoxémie métabolique. Des fragments de parois bactériennes de bacilles Gram négatifs — le LPS (lipopolysaccharide) — traversent la muqueuse intestinale fragilisée, sont transportés par une protéine appelée LBP (que l'on peut d'ailleurs doser en laboratoire) et vont se fixer sur les récepteurs TLR4 du système immunitaire. Le résultat : déclenchement de l'inflammation et insulinorésistance au niveau hépatique, musculaire et adipeux.
Ce lien entre microbiote et troubles métaboliques est aujourd'hui clairement établi. C'est pourquoi tout professionnel de santé bien formé à l'approche fonctionnelle, lorsqu'il accompagne un patient en surpoids, s'intéressera rapidement à l'état de son écosystème intestinal, au-delà de la seule question alimentaire.
Deux facteurs nutritionnels jouent un rôle majeur dans l'entretien de cette inflammation pathologique. Le premier est le déficit en vitamine D, véritable chef d'orchestre du système immunitaire, qui exerce un effet trophique sur les lymphocytes T régulateurs et permet de moduler la réponse inflammatoire. Le second est le déséquilibre entre oméga-6 et oméga-3 dans nos membranes cellulaires. Le rapport acide arachidonique (oméga-6) / acide eicosapentaénoïque (oméga-3) atteint 20 à 25 pour 1 en France, 50 pour 1 aux États-Unis, alors que l'idéal serait entre 1 et 4 pour 1. Ce déséquilibre fait que la moindre réponse inflammatoire est amplifiée de manière disproportionnée — et finit par se chroniciser.
Voilà un point souvent méconnu et pourtant crucial. Il est tout à fait possible de développer un hyperinsulinisme chronique sans consommer de glucides en excès. Le coupable ? Le stress chronique.
Lorsqu'une personne est stressée en permanence — par son travail, ses relations, sa charge mentale — elle suractive en continu son axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Ses glandes surrénales produisent alors un excès de cortisol, l'hormone du stress. Or le cortisol a un effet diamétralement opposé à celui de l'insuline : il fait monter la glycémie.
Le cortisol est normalement sécrété de manière rythmée au cours de la journée : un pic le matin pour nous réveiller, puis une diminution progressive pour laisser place à la mélatonine et permettre un sommeil récupérateur. Chez une personne en stress chronique, ce rythme est perturbé : le cortisol reste élevé de manière quasi constante, provoquant des hyperglycémies répétées, ce qui force le pancréas à produire davantage d'insuline.
Mais l'impact du stress va plus loin encore. Il agit aussi sur nos neuromédiateurs. Le stress chronique dérive les acides aminés — tryptophane et tyrosine — qui devraient servir à produire la sérotonine et la dopamine. Privé de sérotonine, le cerveau pousse la personne vers les aliments sucrés pour trouver un substitut de récompense et de réconfort. Quand on dit à un patient qu'il « manque de volonté », on devrait plutôt comprendre que tout est orchestré dans sa biochimie pour qu'il ne puisse pas résister.
L'une des erreurs les plus répandues en nutrition est de penser qu'un modèle alimentaire universel peut convenir à tout le monde. En matière de glucides, la tolérance est profondément individuelle et dépend de multiples facteurs.
Certains polymorphismes génétiques réduisent considérablement la capacité à métaboliser les glucides. L'APOE, par exemple, est un polymorphisme habituellement associé au métabolisme des lipides, mais il intervient aussi dans la tolérance aux glucides. Une personne APOE2 peut n'avoir quasiment aucune tolérance aux glucides — moins de 20 grammes par jour —, sous peine de développer un trouble métabolique. L'amylase salivaire, certains polymorphismes thyroïdiens entrent également en jeu.
Une femme ayant développé un diabète gestationnel pendant sa grossesse — un hyperinsulinisme physiologique devenu pathologique — présente un risque nettement accru de diabète de type 2 par la suite. L'enfant à naître est lui aussi plus à risque. Quand on retrouve dans une famille des cas de surpoids, d'obésité ou de diabète de type 2, la vigilance sur l'apport en glucides doit être renforcée.
Plus on est actif, plus on tolère les glucides. Mais attention : il ne suffit pas de faire du sport trois fois par semaine si l'on passe le reste de la journée assis devant un écran. Le concept de « sportif sédentaire » a émergé ces dernières années, porté par des études montrant que casser la position assise toutes les 45 minutes à une heure par 10 squats au poids du corps était aussi efficace pour la santé cardiovasculaire que 30 minutes de marche quotidienne.
La masse musculaire joue aussi un rôle déterminant. Plus elle est importante, plus l'organisme est capable de capter et d'utiliser le glucose efficacement, réduisant ainsi la sollicitation de l'insuline. Le muscle est un véritable organe de régulation métabolique.
Quand on pense « perte de poids », on imagine des tapis de course, des vélos elliptiques, des heures de cardio. Or c'est une erreur de raisonnement directement héritée de la théorie calories in / calories out : si le but est de brûler des calories, alors il faut bouger le plus possible.
En réalité, 45 minutes de tapis roulant font perdre environ 200 calories — l'équivalent d'un yaourt et demi. Ce n'est pas là que se joue la bataille métabolique.
L'activité physique qui transforme durablement la santé métabolique, c'est le renforcement musculaire. Pour une raison simple : il active la voie mTOR, indispensable à la synthèse des protéines musculaires et au développement de la masse maigre. Le cardio, lui, active principalement la voie AMPK — très intéressante pour la biogenèse mitochondriale, mais inefficace pour construire du muscle.
L'endurance en zone 2 reste importante — non pas pour brûler des calories, mais pour bichonner ses mitochondries. L'idéal est d'alterner les deux types d'efforts.
C'est le muscle qui change la donne. Plus on en a, plus on capte le glucose efficacement, moins l'insuline a besoin d'être sécrétée en excès. Le muscle est le plus gros « capteur » de glucose de l'organisme : il le stocke sous forme de glycogène musculaire et l'utilise directement pour produire de l'énergie (ATP).
« Le muscle est l'organe de la longévité », résume la Docteure Lucas. Et la préservation de la masse musculaire est sans doute le facteur numéro un d'un vieillissement réussi. Chaque assiette, chaque séance d'entraînement devrait être pensée dans cette perspective.
À la lumière de ces mécanismes, certaines recommandations nutritionnelles populaires apparaissent non seulement inefficaces, mais franchement contre-productives.
C'est, selon la Docteure Lucas, « la plus grande supercherie de toute l'histoire de la nutrition ». Parce que la théorie dominante réduisait le surpoids à un excès de calories, on s'est attaqué au macronutriment le plus calorique : les lipides. Les matières grasses d'origine animale, les acides gras saturés ont été présentés comme les ennemis de la santé cardiovasculaire et du poids.
Résultat : des assiettes dépourvues d'oméga-3, d'oméga-9, d'acides gras essentiels. Or les lipides ne font pas sécréter l'insuline. Ce qui est réellement délétère, ce sont les acides gras trans industriels et les huiles végétales oxydées riches en acide linoléique (oméga-6), qui, une fois transformées, produisent des aldéhydes toxiques comme le 4-HNE, pro-inflammatoires et pro-insulinorésistance.
Quand une personne mange du fromage ou de la charcuterie de bonne qualité, le problème n'est pas le gras : c'est le pain qui l'accompagne. C'est le pain qui fait sécréter l'insuline, pas le fromage. Les lipides de bonne qualité — huile d'olive, poissons gras (sardines, maquereaux, harengs), œufs, avocat, oléagineux — doivent faire partie intégrante de l'alimentation.
On ne diabolise pas les protéines autant que les lipides, mais un mythe tenace — celui de la surcharge rénale — pousse beaucoup de personnes, et particulièrement les femmes, à ne pas en consommer suffisamment. Or aucune étude bien conduite ne montre qu'un apport normo-protéiné lèse la fonction rénale.
La recommandation officielle de 0,8 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour est un seuil minimal pour éviter la sarcopénie — la fonte musculaire pathologique — et certainement pas un optimum. Pour une santé métabolique et musculaire réelle, les apports devraient se situer au minimum à 1,2 g/kg/jour, et peuvent monter jusqu'à 2 ou 2,5 g/kg/jour selon le contexte : adolescent en croissance, femme en périménopause confrontée à la résistance anabolique, personne âgée ou sportif.
Chaque assiette devrait être construite autour de la protéine — pas autour des féculents. Protéines animales de bonne qualité en priorité (viande nourrie à l'herbe, poissons, œufs, abats), complétées éventuellement par des associations de protéines végétales.
Imposer un régime hypocalorique à quelqu'un dont les signaux hormonaux de faim et de satiété sont déréglés, c'est le condamner à l'échec. La personne lutte contre sa faim pendant quelques semaines ou quelques mois, puis craque, reprend tout le poids perdu — souvent avec un bonus.
La Docteure Lucas ne nie pas qu'un déficit énergétique soit nécessaire pour perdre du poids. Mais elle insiste sur une distinction fondamentale : il y a une différence abyssale entre forcer quelqu'un à manger moins alors que rien n'est corrigé dans sa biochimie, et optimiser d'abord ses climats hormonaux, son microbiote, sa thyroïde, pour que le déficit énergétique s'installe naturellement, sans lutte contre la faim.
L'objectif doit être une perte de poids saine — c'est-à-dire une perte de masse grasse avec préservation de la masse musculaire — dans des conditions soutenables sur le long terme. Sans cela, le régime n'est qu'un aller-retour vers la frustration et la reprise pondérale.
Si l'on devait résumer l'approche fonctionnelle de la nutrition en matière de santé métabolique, elle tiendrait en une hiérarchie simple.
En premier : les protéines. Chaque repas se construit autour d'une source de protéines de qualité. En deuxième : les lipides de bonne qualité, ajoutés à satiété — graisses de cuisson, poissons gras, œufs, avocat, huile d'olive, oléagineux. En troisième : les glucides, ajustés individuellement en fonction de la génétique, de l'activité physique, de la masse musculaire et de l'état métabolique de chaque personne.
Cette inversion de la pyramide alimentaire traditionnelle — où les féculents constituaient la base de l'assiette — est le changement de paradigme que les professionnels de la médecine fonctionnelle défendent. Non pas parce que les glucides sont « mauvais » en soi, mais parce que leur tolérance est individuelle et que, chez la grande majorité des personnes en surpoids aujourd'hui, ils sont consommés en excès par rapport à la capacité métabolique de l'organisme.
Il n'y a pas un surpoids, pas une obésité. Il y a autant de profils qu'il y a de personnes concernées, et chaque histoire est différente. Mais les grands mécanismes sont désormais bien identifiés : hyperinsulinisme chronique, inflammation systémique de bas grade, déséquilibre de l'écosystème intestinal, stress chronique, déficit en masse musculaire, carences en micronutriments essentiels comme la vitamine D et les oméga-3.
La bonne nouvelle, c'est que l'insulinorésistance est réversible. À condition de dépasser l'approche simpliste des calories et d'embrasser une vision fonctionnelle, globale, qui considère l'individu dans son entièreté — hormones, microbiote, génétique, mode de vie, état émotionnel.
La perte de poids n'est pas une question de volonté. C'est une question de compréhension. Et cette compréhension commence par un mot : l'insuline.
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Audio temp Anne Lucas
(1:01:30 - 1:01:40)
Bonjour Docteure Anne-Luca, merci de participer à cet épisode de podcast. On est parti. Merci
de m'avoir invitée, je suis ravie d'être là aujourd'hui.
(1:01:41 - 1:01:55)
Avec grand plaisir, ça faisait longtemps que je me disais que je voulais t'inviter sur le podcast.
Récemment, je t'ai vu intervenir dans pas mal d'épisodes où on parle beaucoup de l'insuline. Je
vois que c'est une de tes spécialités.
(1:01:56 - 1:02:28)
Ce que je voulais parler avec toi aujourd'hui, c'est surtout, on va parler de l'insuline
évidemment, mais comprendre un petit peu plus les causes profondes du surpoids, de
l'obésité, et un petit peu ces troubles modernes auxquels beaucoup de personnes font face, et
je pense que beaucoup de personnes qui nous écoutent font face. Et donc, prendre l'insuline
évidemment comme sujet central, mais aller un petit peu plus en profondeur sur d'autres
mécanismes, si ça te va. Avec grand plaisir, je suis prête.
(1:02:30 - 1:03:05)
Eh bien, du coup, pourquoi est-ce qu'on parle tellement du poids quand on parle de l'insuline ?
J'ai l'impression que c'est deux sujets qu'on voit toujours annexés. Alors voilà, j'imagine qu'il y a
d'autres choses que uniquement le poids quand on parle de l'insuline. Qu'est-ce qui explique
pour toi que quand on pense insuline, on pense directement au poids ? Alors en fait, Nicolas, si
on était dans un monde parfait, c'est exactement ce qui se passerait.
(1:03:05 - 1:03:50)
Si on parle de poids, on penserait insuline. Mais malheureusement, ce n'est pas du tout la
réalité, etc. Et la grande majorité aujourd'hui des professionnels de santé, des professionnels
du soin qui sont formés à l'approche diététique classique, je dirais, à l'approche nutritionnelle
classique, ne font quasiment jamais ce lien poids-insuline puisqu'ils ont été formés à l'approche
très traditionnelle qui est la théorie psycho-calorie-in-calorie-out où on ne tient pas du tout
compte des problématiques hormonales en jeu dans le sang-poids et l'obésité et on ne
considère uniquement que le désécrit de la balance énergétique.
(1:03:50 - 1:04:29)
Alors j'ai envie de te dire si en 2026, tous les professionnels de santé pouvaient avoir une
espèce d'alerte à chaque fois qu'ils voient un patient, un client, un consultant qui présente un
trouble métabolique et se dire, attention, c'est pas qu'une histoire de calories, il y a l'insuline là-dedans qu'il faut que j'aille checker, je serais la plus heureuse du monde. Je crois que je suis un
peu biaisé du monde dans lequel je gravite. Eh oui, tu vois, je l'ai déjà dans un rang où
effectivement les professionnels de santé ont choisi cette voie de la médecine fonctionnelle, ont
choisi cette voie d'aller comprendre les mécanismes physiopathologiques qui sous-tendent
vraiment les maladies auxquelles on doit faire face aujourd'hui.
(1:04:29 - 1:05:37)
Et là, oui, effectivement, tout professionnel de santé bien formé à l'approche fonctionnelle,
quand il pense sur l'obésité, en numéro un, je dirais, moi c'est ce que j'explique à mes
étudiants, aux membres de notre communauté, à l'administration de Port-en-Héros, c'est
vraiment la colonne vertébrale des troubles métaboliques, c'est l'insuline. Et si on veut être
précis, il ne faut pas non plus diaboliser l'insuline, les diabétiques de type 1 sans l'insuline, ils ne
seraient plus là aujourd'hui, c'est l'hyperinsulinisme chronique et l'insulinorésistance qui est la
conséquence directe de l'hyperinsuline chronique. Donc, effectivement, on ne peut pas passer
à côté de l'insuline, des problématiques d'hypersécrition continue d'insuline, lorsque l'on va
accompagner correctement sur le long terme, parce que le but ce n'est pas juste de perdre du
poids, c'est de perdre du poids et de maintenir sa perte de poids sur le long terme, et surtout
de perdre du poids dans des conditions qui peuvent être maintenues, parce que si je perds du
poids et qu'au bout de trois mois je n'en peux plus parce que le régime était trop restrictif, je
reprends tout le poids que j'ai perdu avec un petit bonus, ça n'a pas de sens.
(1:05:37 - 1:06:12)
Donc l'objectif c'est vraiment de permettre une perte de poids saine, donc de préserver la
masse musculaire, la masse maigre, et de perdre un maximum de masse grasse dans des
conditions où l'on n'a pas à lutter contre sa faim en permanence, ce qui est souvent le cas dans
les régimes hypocaloriques classiques qui sont proposés. Et donc effectivement, pour pouvoir
arriver à de tels résultats, il faut tenir compte de la composante hormonale. En vrai, il n'y a pas
que l'insuline, mais je dirais encore une fois que la colonne cérébrale, l'axe principal reste cette
problématique d'hyperinsuline chronique qui mène à l'insuline en résistance.
(1:06:12 - 1:06:35)
Super, on va justement parler de calories in, calories out, de l'insuline, des mécanismes derrière
l'insuline et le poids. Mais aussi, tu l'as dit, et je pense que ça va être un point que j'ai envie de
creuser, les troubles métaboliques. Mais d'abord, peut-être est-ce que pour ceux qui ne te
connaissent pas encore, tu pourrais te présenter ? Oui, bien sûr.
(1:06:36 - 1:06:45)
Alors moi, je suis d'Ordinerie lyonnaise. Je suis allée faire mes études dans le sud-ouest de la
France, à Toulouse. J'y suis restée huit ans.
(1:06:46 - 1:07:05)Suite à ça, j'ai passé ma thèse en 2009, donc j'ai un doctorat en pharmacie, et je suis rentrée à
l'île de la Réunion. Et puis très rapidement, j'ai découvert dans le milieu officinel la
micronutrition grâce à des laboratoires de compléments alimentaires. Et je me suis dit, waouh,
c'est quand même génial cette discipline.
(1:07:06 - 1:07:36)
Je crois que j'ai vraiment envie de me spécialiser dans cette approche de la santé qui me
paraissait plus cohérente. Et du coup, je me suis retournée en métropole pour recevoir une
petite dizaine de diplômes universitaires, et puis suivre plein de sites de formation privés,
notamment le site Onutriel sur le professeur Vincent Castroneau, que tu connais bien. Et donc
voilà, quelques années après, me voilà spécialisée en micronutrition avec une certaine
expertise en santé métabolique, parce que c'est ce que je préfère faire.
(1:07:37 - 1:08:01)
Et aujourd'hui, j'ai deux casquettes. À la fois, j'interviens en tant que consultante scientifique
pour des laboratoires de compléments alimentaires, d'analyse médicale. Je suis enseignante
dans le diplôme universitaire maths, aux côtés d'ailleurs du professeur Vincent Castroneau et
du docteur Serge Malombérin, depuis, je pense que c'est notre septième promotion cette
année, à la Faculté de médecine Paris-Picard, dans la Paris-Cité.
(1:08:02 - 1:08:15)
Et puis, j'ai une activité aussi de coach, de consultante pour particuliers, justement pour les
aider à améliorer leur santé métabolique. Voilà un petit peu pour mon parcours. On propose
des formations privées aussi.
(1:08:15 - 1:08:25)
J'ai oublié de le dire, c'est peut-être le plus important. On a créé notre propre plateforme de
formation privée au format e-learning. Ce sont les formations privées du CCM3P.
(1:08:26 - 1:08:37)
Et on forme aujourd'hui plusieurs centaines de médecins, de professionnels de santé,
justement à pratiquer cette approche fonctionnelle de la santé. J'ai l'activité bien chargée. C'est
ce que j'allais dire.
(1:08:37 - 1:08:49)
Et tu es quand même là ce matin, c'est super. Je suis quand même là et je suis ravie d'être là,
parce que c'est aussi important de pouvoir échanger de manière plus libre, plus informelle, on
va dire. Je suis très contente d'être là.
(1:08:49 - 1:08:55)Super. Donc la formation, c'est la micronutrition 2.0 ? Oui, c'est ça. Je ne sais pas si vous pourrez
mettre le lien.
(1:08:56 - 1:09:00)
On mettra le lien en description. Voilà, on mettra le lien. Super.
(1:09:00 - 1:09:30)
Ce que je trouve super intéressant aussi, c'est que tu continues à te former et à rester à la page
de ce qui se passe en Europe, de ce qui se passe aussi aux Etats-Unis, parce que c'est vrai que
j'ai l'impression que tout se passe là. On fait un peu le tri et puis après, nous, on choisit vers où
on va. Quoique, j'ai remarqué que sur le microbiote, au niveau des publications scientifiques,
l'Italie est un des plus gros publicateurs d'études sur le microbiote.
(1:09:31 - 1:09:47)
Oui, en Italie, ils sont vraiment… En Europe aussi. Ils sont très bons en Italie. Après, c'est vrai
que quand même, quand on parle de fonctionnerie de médecine, quand on parle de médecine
fonctionnelle, les Etats-Unis ont clairement au moins deux décennies d'avance sur nous en
Europe.
(1:09:47 - 1:10:10)
Mais on est là pour faire avancer les choses et essayer de convaincre un maximum de
personnels de santé qu'il faut se former. Ce n'est pas parce qu'on a des titres universitaires, des
doctorats, que ça s'arrête là. Dans les cursus, que ce soit de médecine, de pharmacie, on n'a
pas de véritable heure de formation en nutrition, en tout cas à l'approche en nutrition
fonctionnelle.
(1:10:10 - 1:10:23)
Ça n'existe pas, à l'heure actuelle en tout cas, malheureusement. Même si maintenant, il y a de
plus en plus de DU et autres, de formation… Ça, c'est le doctorat. Il ne faut pas se contenter de
ton doctorat.
(1:10:23 - 1:10:40)
C'est après qu'il faut aller retourner sur les bancs de la fac et se former. C'est vrai qu'on a en
France aujourd'hui une dizaine de diplômes universitaires. Ça veut dire que c'est quand même
une approche qui a suffisamment de fondements scientifiques pour pouvoir avoir ce type
d'enseignement dispensé dans des facultés de médecine et de pharmacie.
(1:10:40 - 1:11:15)
C'est une bonne chose. Revenons-en à notre sujet du jour qui est l'insuline, surtout le surpoids,l'obésité, l'insuline et les troubles métaboliques. Mais avant d'aller un peu plus loin, pour être
sûr que tout le monde ait les bases pour poursuivre l'épisode, est-ce que tu peux un petit peu
expliquer ce qu'est l'insuline et surtout venir expliquer un petit peu, je pense, les trois concepts
fondamentaux qu'il faut comprendre, ce qu'est le glucose, la glycémie et l'insuline ? Je pense
faire un récap théorique ici pour qu'on puisse comprendre la suite.
(1:11:16 - 1:11:28)
Donc on va essayer de faire le plus simple possible. En gros, notre glycémie, c'est un facteur qui
est hautement régulé. On doit avoir une glycémie qui doit rester relativement stable.
(1:11:28 - 1:12:06)
C'est extrêmement important, notamment pour le fonctionnement de notre système nerveux
central. Et donc pour pouvoir maintenir notre glycémie dans une plage, alors que tout le
monde n'est pas d'accord sur les plages, mais on va dire à peu près entre 70 et 120, donc 0,7 et
1,2 grammes par litre, il va falloir faire intervenir des hormones qui vont permettre de réguler à
la hausse ou à la baisse notre glycémie, en fonction notamment de ce qu'on aura à manger, de
jeûne, de l'activité physique qu'on aura mise en place. Et l'insuline, comme on l'apprend à la fac,
est l'hormone qui va nous permettre de réguler notre glycémie à la baisse.
(1:12:07 - 1:12:27)
C'est l'hormone hypoglycémie. Elle va permettre de ramener une glycémie qui est trop élevée,
par exemple une ingestion de glucides inadaptée importante, elle va permettre de ramener
cette glycémie dans les valeurs dites, dans les plages de référence. Et c'est comme ça qu'on
apprend l'insuline sur les bancs de la faculté.
(1:12:27 - 1:12:57)
Et c'est uniquement ce que l'on retient. L'insuline sert à réguler la glycémie à la baisse. Et
d'ailleurs, quand on regarde dans les stratégies de prise en charge du diabète de type 2, je ne
parlerai pas du diabète de type 1, je parlerai uniquement du diabète de type 2, une des
stratégies, une fois que ce qu'on appelle les ADO, les antidiabétiques oraux, ne sont plus
suffisants en monothérapie, on va venir utiliser de l'insuline exogène pour permettre de
réguler les glycémies.
(1:12:58 - 1:14:10)
C'est comme ça qu'on a appris sur les bancs de la fac, encore une fois, c'est une des stratégies
pharmacologiques qui est utilisée, mais on a complètement passé à la trappe toutes les autres
fonctions de l'insuline, qui sont extrêmement importantes, parce que pour que l'insuline arrive
à jouer ce rôle de stabilisateur de la glycémie, il faut bien qu'il y ait des répercussions
biochimiques, et notamment ce qu'il faut comprendre, c'est que l'insuline, c'est l'hormone de la
lipogénèse, c'est-à-dire que c'est l'hormone qui va nous permettre de fabriquer littéralementdu gras, des acides gras qui vont être stockés sous forme de triglycérides dans nos adipocytes.
Donc c'est chier dans le surpoids et dans l'obésité, si on devait redéfinir correctement le
surpoids et l'obésité, parce qu'aujourd'hui la définition, je pense que tu la connais, c'est un IMC
supérieur à 25. Mais un IMC supérieur à 25, ça ne veut absolument tout et rien dire, on a
aujourd'hui des athlètes de haut niveau, des sportifs, qui ont un IMC supérieur à 25, et en
aucun cas ils ne représentent un trouble métabolique, et en aucun cas ils sont en surpoids ou
en obésité.
(1:14:11 - 1:15:06)
Donc déjà, redéfinir le surpoids et l'obésité, ça permettrait de réintégrer l'insuline dans
l'équation, puisque la vraie définition, c'est un excès de masse grâce. C'est ça la vraie définition
du surpoids et de l'obésité, un excès de masse grâce. Et notamment par la suite, quand
s'installe le trouble métabolique, et tu sais, les pathologies qu'on voit de plus en plus
aujourd'hui, on parlait avant de NAFLD, de NASH, donc les attentes hépatiques non-alcooliques,
maintenant on parle de MASL et de MASH, donc pour bien faire le lien entre insuline et attente
hépatique, on parlait de digestif un petit peu tout à l'heure en offre, c'est hyper important de
comprendre que c'est l'insuline, quand elle est trop élevée tout le temps, et parce qu'il y a des
apports de glucides inadaptés, elle va devoir faire quelque chose avec ce glucose, il faut qu'elle
enlève du sang, c'est son rôle, et donc ça va vraiment être la plaque tournante entre le
métabolisme des glucides et des lipides.
(1:15:07 - 1:15:32)
Tout excès de glucose va être converti en acétyl-CoA, pour ensuite fabriquer les acigrins. Et
c'est ça que le grand public a du mal à comprendre, c'est à partir de l'excès de glucides que je
compose, ces glucides vont donner du glucose. Le glucose va être stocké sous forme de
glycogène hépatique, sous forme de glycogène musculaire, mais ça reste des réserves qui sont
très vite saturables.
(1:15:33 - 1:15:53)
Donc ensuite, tout ce qui reste, l'insuline fait quoi avec ? Elle le transforme. Et c'est là, la plaque
tournante, c'est là qu'on fabrique du gras à partir du glucose. Donc c'est vraiment hyper
important de comprendre ça, parce qu'il faut aussi savoir qu'on a deux manières de stocker ces
acides gras, qu'on va fabriquer à partir de l'excès de glucose.
(1:15:54 - 1:16:35)
La manière dite physiologique, c'est que je vais les stocker dans les adipocytes, mais une fois
qu'on a un vrai trouble métabolique installé, les adipocytes ne vont plus être capables de se
charger en acides gras, en triglycérides, et du coup on va aller les stocker dans les viscères,
autour du foie, ce qui donne effectivement cette notion de foie gras. Donc ça, c'est une notion
que je ne trouve pas assez mise en avant aujourd'hui, cette manière très pathologique destocker l'excès de gras qui est en lien avec la consommation excessive de glucides, d'aller la
stocker non plus dans le tissu adipeux, mais au niveau viscéral. Et là, c'est une véritable
catastrophe.
(1:16:36 - 1:17:07)
D'où l'épidémie aujourd'hui qu'on a de pathologies hépatiques non liées à la consommation
d'alcool. Donc je pense que vous avez compris la première problématique de l'insuline, c'est
que j'active à fond la lipogénèse, et on parle de lipogénèse des noveaux, c'est-à-dire je fabrique
du gras à partir d'autres substances qui ne sont pas du gras, donc à partir de glucose. Et la
deuxième problématique, c'est pour ça que je dis souvent que c'est la double peine quand
l'insuline est très élevée et trop longtemps, c'est qu'on inhibe la lipolyse.
(1:17:07 - 1:17:34)
Quand l'insuline est haute, on est incapable d'aller utiliser nos acides gras pour produire de
l'énergie. Donc c'est une véritable catastrophe, et c'est ce qui entraîne d'ailleurs cette espèce de
cercle vicieux chez les sujets en surpoids obésité. En fait, ils ont faim parce qu'ils ont cette
sensation de manquer d'énergie, parce qu'ils n'ont pas accès à leur excès de graisse, de
triglycérides, parce que leur insuline est haute.
(1:17:34 - 1:18:00)
L'insuline verrouille l'accès à nos triglycérides. Donc c'est un véritable piège dans lequel le sujet
est enfermé. Et pour le libérer de ce piège, il n'y a pas d'autre intervention possible que de
réussir à diminuer, à réverser, et c'est faisable, réverser l'insulinorésistance et donc diminuer
cet hyperinsulisme chronique.
(1:18:00 - 1:18:07)
J'étais un peu longue, excuse-moi Nicolas. Non, c'est très bien, ça fait une bonne entrée en
matière. Mais il y a plusieurs choses dont tu as parlé.
(1:18:08 - 1:18:30)
Une des choses, tu as parlé des glucides, des bons glucides, des mauvais glucides, tu as parlé
des acides gras. On va revenir, et tu as parlé aussi de cette sensation de faim qui augmente
justement quand on est en résistance à l'insuline. Donc tout ça, je pense que c'est des sujets
super importants qu'on va creuser un petit peu et discuter justement de comment est-ce qu'on
réverse cette insulinorésistance.
(1:18:31 - 1:19:38)
Ce que je veux juste comprendre avant, c'est peut-être, déjà, qu'est-ce qui se passe quand on
produit ? Déjà, pourquoi est-ce que le corps va chercher à sortir le glucose du sang ? J'ai
l'impression que c'est une question un peu bête, mais déjà, quel est le problème d'avoir trop deglucose dans le sang ? C'est une question que je me suis posée en préparant l'épisage. Je me
suis dit, pourquoi en fait ? Quel est l'intérêt d'avoir du glucose dans le sang ? Et quel est le
problème d'avoir trop de glucose dans le sang aussi ? En fait, comme je te l'ai expliqué, il est
extrêmement important que notre glycémie soit régulée et reste dans cette plage, on va dire
70-120. L'élévation chronique de la glycémie dans le sang, donc quand on va parler de
hyperglycémie chronique, l'énorme problématique qu'on va rencontrer d'ailleurs dans le
diabète type 2 et ça sera les conséquences d'un diabète type 2 mal équilibré, les conséquences
macro- et micro-vasculaires, c'est ce qu'on appelle la glycation, le stress carbonyl, le stress
glycan.
(1:19:39 - 1:19:51)
C'est un petit peu le pendant du stress oxydant. Quand on parle de maladies chroniques, de
maladies d'hydoxylisation, on dit qu'il y a des grands mécanismes qui vont amener à ces
pathologies-là. Le stress carbonyl, le stress glycan en fait partie.
(1:19:51 - 1:20:23)
C'est-à-dire que quand on a trop de glucose dans le sang, ce glucose va aller se fixer sur
certaines parties des protéines et on va complètement modifier la structure des protéines. On
va avoir cette réaction par le produit d'amadori et ensuite on aura ce qu'on appelle les AGE, les
Advanced Glycation End Products. Et ces AGE vont entraîner de l'inflammation puisqu'ils vont se
fixer sur des récepteurs spécifiques, des récepteurs RAS, et ça entraîne de l'inflammation.
(1:20:23 - 1:21:03)
Donc c'est extrêmement, extrêmement délétère d'avoir des hyperglycémies chroniques parce
que cela va venir endommager les protéines qui vont changer de structure et ne pourront plus
jouer leur fonction. D'où les atteintes au niveau oculaire, au niveau rénal, chez le diabétique de
type 2 notamment, mais aussi des problématiques cardiovasculaires, neurologiques. Donc le
stress glycan, c'est vraiment un des grands mécanismes physiopathologiques qu'on essaie de
limiter lorsqu'on veut faire du bien vieillir, de la longévité, avec le stress occident,
l'inflammation systémique de Bagrat, notamment.
(1:21:07 - 1:21:41)
On va justement parler de cette inflammation de Bagrat, je pense que c'est un sujet très
intéressant ici puisque ça fait quand même le lien pas mal avec beaucoup d'autres sujets qu'on
traite sur la chaîne, avec la perméabilité intestinale, le microbiote et tout ça. On ne va pas
rentrer trop dans les détails de ça parce qu'on a plein d'épisodes là-dessus, mais tu disais donc
que chez les personnes qui font de la résistance à l'insuline, c'est-à-dire qu'ils ont du mal à
sortir le glucose de leur sang. Et donc du coup, ça peut générer justement toute cette... Des
hyperactifs glucosiques.
(1:21:41 - 1:21:45)C'est ça. C'est donc le stress glycan. C'est ça.
(1:21:47 - 1:22:07)
Au niveau du stress glycan, c'est un stress qui va générer de l'inflammation de Bagrat ou est-ce
qu'il est plutôt généré par une inflammation de Bagrat ? Alors en fait, il faut savoir qu'il y a... Ça
aussi c'est extrêmement intéressant quand on comprend les mécanismes biochimiques.
Finalement, c'est ça qui est génial. Il faut s'y intéresser même si ça peut paraître un peu
compliqué.
(1:22:08 - 1:22:34)
En fait, il faut savoir que les voies de signalisation entre la voie de signalisation de l'insuline et la
voie de signalisation de l'inflammation, il y a des convergences. C'est-à-dire que c'est
bidirectionnel en fait. Toute inflammation systémique de Bagrat, toute inflammation chronique,
pathologique, peut engendrer une hyperinsuline chronique, une insuline résistante parce que
ça va venir perturber la voie de signalisation de l'insuline.
(1:22:35 - 1:22:49)
Donc l'insuline, les voies de signalisation, tu sais, c'est ce qu'on appelle des kinases. On va venir
phosphoryler pour activer la chaîne. Et donc quand on a de l'inflammation pathologique, on va
venir phosphoryler mais pas au bon endroit.
(1:22:50 - 1:23:06)
Et donc quand on ne phosphoryle pas au bon endroit, ce n'est pas la même structure et donc
on bloque complètement. C'est comme si tu avais une espèce de mouchard qui vient perturber
la voie de signalisation de l'inflammation, de l'insuline pardon. Et donc du coup, l'insuline ne
joue pas son rôle, les blébcades ne sont pas exportés, donc la glycémie reste élevée.
(1:23:07 - 1:23:33)
Donc du coup, les cellules bêtas du pancréas, elles produisent encore plus d'insuline. Donc ça,
c'est la première voie. L'inflammation est pourvoyeuse d'insuline résistante et l'hyperinsuline
chronique va activer l'inflammation également parce qu'on a là aussi des kinases qui sont en
jeu qui vont faire que tout hyperinsuline chronique va activer les voies de signalisation de
l'inflammation, encore une fois, via ces kinases.
(1:23:33 - 1:23:52)
Quand on parle d'inflammation, on parle beaucoup de NF-KPB, IKB, IKK, NF-KPB, donc on va
avoir cette activation. Donc c'est vraiment bidirectionnel. C'est pour ça que tout patient qui a un
trouble métabolique avec insuline résistante a une inflammation et peut développer d'autres
pathologies inflammatoires.(1:23:52 - 1:24:09)
On peut considérer que le symptôme de l'obésité, c'est une maladie inflammatoire, puisque
nos adipocytes produisent des cytokines pour l'inflammatoire. Les adipocytes, quand ils sont
gorgés d'acide gras, qui sont vraiment hypertrophiés, c'est une blande endocrine. Il ne faut pas
penser que les adipocytes, c'est juste des cellules inertes qui stockent de l'énergie.
(1:24:09 - 1:24:28)
Non, ça produit des cytokines pour l'inflammatoire. Et dans l'autre sens, toute personne qui
présente une inflammation chronique, une inflammation pathologique, elle est plus à risque de
développer d'insuline résistante. Donc c'est vraiment un double cercle vicieux entre
l'inflammation pathologique et l'hyperinsuline chronique qu'insuline résistante.
(1:24:29 - 1:25:37)
La surconsommation de glucides ou de mauvais glucides peut entraîner à faire de la résistance
à l'insuline, qui fait qu'on va stocker ces cellules dans nos tissus adipes de manière trop
conséquente, qui eux vont générer de l'inflammation. Cette inflammation va ensuite bloquer
nos capteurs à l'insuline, qui fait que le fonctionnement de l'insuline va moins bien fonctionner,
va stocker de plus en plus, mais à l'inverse, je prends un peu le premier cas de figure, j'imagine
la personne qui se dit c'est vrai qu'au niveau de ma consommation de glucides, je sais que ça a
pu être problématique, ça a pu me mener là. Et à l'inverse, quelqu'un qui se dit moi j'ai toujours
mangé, en tout cas je sais très bien quel type de glucides je mange, je sais très bien que je n'ai
pas de problème avec ça, peut aussi se retrouver peut-être avec des troubles métaboliques dû
à une insuline qui fonctionne moins bien, parce qu'elle a une inflammation chronique qui vient
d'un autre mécanisme qui peut être totalement différent de celui du glucose, c'est ça qu'on dit ?
Oui, tout à fait.
(1:25:38 - 1:25:58)
Par exemple, quelqu'un qui aurait, je ne sais pas moi, une polyarthrite rhumatoïde, a donc une
inflammation pathologique. Donc, dans certaines conditions, on va avoir un lien entre cette
inflammation pathologique, cette voie de signalation du NF-Kpab et la voie, une interférence
avec la voie de signalation de l'insuline. Il y a encore une fois cette cascade de kinase.
(1:25:59 - 1:26:09)
C'est tout à fait possible. C'est super intéressant parce que je pense que c'est quelque chose
qu'on ne nous a jamais dit, en tout cas, même moi je pense que je n'ai jamais entendu. Il y a
quelques études.
(1:26:09 - 1:26:30)
Il y a quelques études qui l'ont su sur le fait que, dans les deux sens d'ailleurs, un patient T2 aplus de risque de développer une maladie auto-immune, une maladie inflammatoire chronique,
et inversement, une personne qui a une maladie auto-immune, inflammatoire chronique, a
plus de risque de développer une insuline résistante. J'ai vu passer quelques papiers là-dessus.
C'est hyper intéressant.
(1:26:31 - 1:26:41)
En tout cas, les mécanismes sont bien décrits. Les mécanismes sont très bien décrits. Pour ceux
qui aiment la biochimie, on sait exactement où va être phosphorylée, IRS1, ce trionyme.
(1:26:41 - 1:26:47)
C'est très très bien décrit. Là, on est bien loin de la notion calories in, calories out. On y
reviendra après.
(1:26:47 - 1:26:56)
Je vais pas rentrer. C'est un peu plus complexe, si je puis dire. Nous sommes des individus
hautement régulés par des systèmes hormonaux.
(1:26:56 - 1:27:08)
On héberge un microbiote quand même. Voilà, si c'était si simple que ça. D'ailleurs, si c'était
aussi simple que ça, aurait-on encore des sujets en surpobésité aujourd'hui ? Oui, mais après,
on va nous dire que c'est une question de volonté.
(1:27:09 - 1:27:23)
Eh oui, eh oui. Comment est-ce que cette inflammation de Bagrade, elle impacte le système
digestif ? En fait, c'est peut-être pas vraiment ça ma question. Ma question, c'est plutôt
l'inflammation.
(1:27:23 - 1:27:53)
Déjà, quels sont les différents mécanismes par lesquels on peut créer de l'inflammation de
Bagrade ? Dans le sens inflammation vers insulino-résistance. Et à l'inverse, comment est-ce
que l'insulino-résistance va impacter le reste du corps au travers de cette inflammation de
Bagrade ? Donc, c'est plutôt la question de rentrer un peu dans le détail de cette inflammation
de Bagrade. Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui peut la générer ? Et à l'inverse, qu'est-ce qu'elle
peut générer ? OK.
(1:27:54 - 1:28:06)
Donc, il y a plein de choses à dire là. Alors, j'essaie de structurer un petit peu mes pensées.
Déjà, il faut comprendre, toujours être très nuancé, l'inflammation, c'est un mécanisme qui est
essentiel pour notre survie.(1:28:06 - 1:28:33)
Sans inflammation, on ne serait pas capable de survivre à une infection, par exemple, une
attaque extérieure. Maintenant, il faut bien distinguer l'inflammation physiologique nécessaire,
arme de notre système immunitaire, et l'inflammation pathologique. Donc là, on va parler
d'une inflammation qui a un niveau de réponse inapproprié, qui se systémise, qui se chronicise.
(1:28:33 - 1:28:44)
Et donc, on va beaucoup parler d'inflammation systémique de bas grade dans ces cas. Donc ça,
c'est le premier point à dire. Il y a inflammation physiologique, inflammation pathologique.
(1:28:45 - 1:29:35)
Nous, on parle donc aujourd'hui d'inflammation pathologique. Il y a un élément qui est
essentiel pour notamment essayer de limiter cette inflammation systémique de bas grade, une
inflammation qui n'est pas appropriée, qui n'est pas adaptée, c'est notamment d'optimiser les
taux en vitamine D. Donc souvent, on va être amené à aller checker les taux de vitamine D et
optimiser les taux de vitamine D parce que la vitamine D, qui est plutôt une vitamine hormone,
est, on va dire, le chef d'orchestre du système immunitaire, notamment avec un effet trop fixe
sur les lymphocytes T régulateurs, elle va permettre de moduler cette inflammation. Donc c'est
pour ça, je pense qu'aujourd'hui, on se retrouve de plus en plus avec des sujets qui
développent une inflammation systémique de bas grade parce qu'on a de plus en plus de
sujets aujourd'hui qui n'ont pas des taux optimaux de vitamine D. Donc je pense que ça, c'est
déjà une des premières choses à regarder.
(1:29:35 - 1:30:10)
Vitamine D, il y a un lien entre non optimal de vitamine D et inflammation systémique de bas
grade. Deuxième élément qui est essentiel, et je pense que c'est celui dont on parle le plus
aujourd'hui, c'est que notre niveau de réponse inflammatoire est déterminé notamment par la
composition de nos membranes cellulaires en acides gras. Et c'est essentiel, pourquoi ? Parce
qu'aujourd'hui, les modèles alimentaires dits western diet font qu'on a un déséquilibre majeur
dans l'apport entre les acides gras oméga-6 et les acides gras oméga-3.
(1:30:11 - 1:30:44)
Notamment entre l'acide arachidonique, oméga-6, et l'acide eicosaparthéionique, le PA, oméga-
3. Ce qui fait que nos membranes cellulaires, nos bicouches sociolipidiques sont gorgées
d'acide arachidonique avec très peu de PA et que lorsqu'on déclenche une réponse
inflammatoire, on va avoir un rapport entre l'acide arachidonique et l'acide
eicosaparthéionique qui va être très en faveur de l'acide arachidonique. Aux Etats-Unis, on
parle de 50 pour 1, c'est énorme.
(1:30:44 - 1:31:27)En France, on parle environ de 20 ou 25 pour 1, alors que l'idéal serait du 1 pour 1, 2 pour 1,
aller jusqu'à 4 pour 1. Ce qui veut donc dire que dès qu'on va déclencher une réponse
inflammatoire, elle va être largement exagérée parce que l'acide arachidonique est le
précurseur de ce qu'on appelle les écosaparthéioniques de la série 2 qui sont très
inflammatoires. La réponse inflammatoire va être vraiment exagérée et c'est ce qui va mener à
cette inflammation qui va se chroniciser et se systémiser. C'est vraiment une notion essentielle,
le rapport AA sur EPA, le rapport entre les acides gras oméga-3 et oméga-6, mais plus
spécifiquement l'acide écosaparthéonique et l'acide arachidonique.
(1:31:28 - 1:32:08)
Autre point qui est hyper important à comprendre dans l'inflammation systémique de Barade,
c'est que très souvent l'origine de cette inflammation, c'est le déséquilibre de ce que l'on
appelle l'écosystème intestinal. Il faut savoir que c'est extrêmement important d'avoir un
écosystème intestinal bien équilibré, notamment une muqueuse intestinale, une barrière
intestinale intacte parce que derrière cette barrière, on a plus de 70% de notre système
immunitaire. Donc ça c'est vraiment une notion qui est essentielle et on va très régulièrement
retrouver chez les sujets qui présentent une inflammation systémique de Barade un
déséquilibre au niveau de cet écosystème intestinal.
(1:32:09 - 1:34:29)
Ça passe par la notion de leaky gut syndrome, donc l'hyper permeabilité intestinale, de
mauvaise qualité de mucus, je ne sais pas si on avait déjà parlé dans le podcast, mais c'est
quand même une notion qui est vraiment importante, le mucus intestinal et le fameux
déséquilibre du microbiote intestinal, on pourrait retrouver prolifération de champignons, de
bactéries pro-inflammatoires, pathogènes, maintenant on parle beaucoup de parasites, donc
c'est vraiment une notion qui est fondamentale, cette notion d'intégrité, d'équilibre de
l'écosystème intestinal avec ces trois acteurs qui interagissent en permanence, microbiote,
mucus, muqueuse et ce système immunitaire qui est juste derrière. Oui, on en a parlé sur pas
mal d'épisodes, par contre tu dis la qualité du mucus, tu veux dire en quantité, ou il y a certains
types de mucus qui sont moins bons que d'autres ? Alors, moi je ne suis pas une grande
experte du mucus, comme le docteur Ferpar Lompera, mais de ce que j'ai appris, notamment
grâce à lui, c'est qu'en fait, il existe notamment un polymorphisme génétique du gène Fug2, qui
code pour une enzyme qui permet de transférer des groupements fucoses sur les chaînes, au
niveau du saccharide, au niveau du mucus, qui permet d'avoir ce qu'on appelle ces fameux
glycans fucosylés, et c'est extrêmement important qu'on ait au niveau du mucus ces glycans
fucosylés pour deux choses, la première c'est pour un effet barrière, donc ça va jouer un rôle,
au-delà de la bonne cohésion des entérocycles, ça va jouer un rôle dans l'effet barrière, pour
éviter le passage de peptides microbiens à travers la muqueuse, par exemple au contact avec
des antigènes alimentaires, possiblement, donc c'est le premier rôle barrière, et le deuxième
rôle c'est un rôle un petit peu d'ancrage de certaines bactéries qui sont extrêmement
bénéfiques pour notre microbiote, notamment les biches de bactéries ont besoin de cesglycans fucosylés. Donc on est capable aujourd'hui de tester ce FU2, ça s'appelle le gène FU2,
on est capable de faire ce polymorphisme génétique, et dans les statistiques c'est quand même
20% de la population caucasienne qui aurait un profit dit non-sécrétaire, chez qui il faudrait
venir compenser ce manque de transfert de fucose.
(1:34:30 - 1:35:32)
Oui, ça c'est justement, je pense qu'on va refaire du coup un épisode avec mon père sur le
sujet, parce que c'est une question qu'on reçoit beaucoup, en effet comme tu dis il y a pas mal
de personnes qui ne sont pas sécrétaires de ce FU2, de ce que j'ai compris, mais il ne faut pas
prendre ma parole pour vérité, je dois m'enseigner là-dessus et je vais en discuter avec mon
père, c'est que c'est compliqué, en fait on ne sait pas faire grand-chose, si ce n'est travailler
encore plus sur l'équilibre du microbiote, c'est-à-dire que si on n'est pas sécrétaire, on n'est pas
sécrétaire, c'est ça que j'en ai compris, ce n'est pas une vérité, ne me... Ou alors contredisez-moi
dans les commentaires, si ce n'est pas vrai, mais on va refaire un épisode sur le sujet. Donc ça
c'est vraiment super important de comprendre que tous ces mécanismes-là dont tu viens
parler, qui peuvent créer une inflammation de bagrade, peuvent venir jouer sur l'insuline, et
donc du coup sur cette difficulté à perdre du poids. C'est bidirectionnel, parce que cette
inflammation de bagrade peut aussi être due à la consommation de médecine inadaptée et
donc à l'hyperacidite chronique, donc c'est vraiment un coup de la main.
(1:35:34 - 1:36:25)
Et donc des personnes qui se retrouvent à avoir des troubles digestifs parce qu'ils ont cette
inflammation de bagrade qui est présente, qui va perturber du coup leur flore intestinale, tout
cet écosystème dont on vient de parler, qui vient à la base plutôt d'un problème de l'insuline.
Donc c'est assez compliqué de venir dire d'où viennent les choses avant de tester. C'est vrai que
quand on parle de surpoids et d'obésité, normalement, si on est bien formé, on va d'abord
s'intéresser à l'insuline, mais on ira quand même très vite s'intéresser au digestif, parce que
chez ces sujets, on va retrouver fréquemment des déséquilibres de l'écosystème intestinal et
notamment, je ne sais pas si vous en avez déjà parlé sur le podcast, mais c'est une notion qui
est essentielle lorsqu'on parle de troubles métaboliques, c'est la notion d'endotoxémie
métabolique.
(1:36:25 - 1:37:45)
Vous en avez déjà parlé de ça ? Ça c'est vraiment une notion qui est très importante, c'est-à-dire
que l'endotoxémie métabolique, comme son nom l'indique, c'est le passage de fragments de
coques bactériennes de bacillus grammes négatifs à travers la muqueuse intestinale et ces
fragments, ça s'appelle le LPS, le lipopolysaccharide, et ce LPS va être transporté par une
protéine qui s'appelle la LBP, qu'on peut d'ailleurs doser, ce qui est très intéressant à faire chez
les sujets qui ont un trouble métabolique, parce qu'elle est très fréquemment élevée, et ce LPS
va aller se fixer sur des récepteurs spécifiques de l'immunité donc on revient à l'inflammation
sur les récepteurs TLR4, les TOL4 récepteurs, et ça, ça va déclencher l'inflammation, ça, ça vadéclencher l'insuline résistance au niveau hépatique, musculaire et adipeux. Donc on voit
encore une fois le lien entre microbiote et trouble métabolique. C'est pour ça qu'il faut vraiment
toujours envisager l'individu dans son entièreté, ne pas le segmenter, la thyroïde d'un côté, le
pancréas de l'autre, l'intestin, c'est un tout, il y a des interactions permanentes, il y en a plein
qu'on ne connaît pas encore d'ailleurs, qu'on défendra je suppose, mais ce lien, il a été
clairement établi, il y a entre endotoxémie métabolique, LPS, donc hyperparité intestinale, TLR4
et insuline résistance.
(1:37:47 - 1:38:19)
Et le stress là-dedans, parce que donc là, je pense qu'on a parlé de deux points de notre
trépied, je pense qui sera le trépied du jour, l'insuline, l'inflammation chronique et quel est le
rôle du stress là-dedans, parce qu'on sait aujourd'hui quand même que l'axe intestin cerveau
est très important à prendre en compte. J'imagine que ça va aussi venir impacter tous ces
mécanismes liés à l'insuline. Tout à fait.
(1:38:19 - 1:40:10)
Le stress va avoir des impacts vraiment divers, biologiques déjà, mais aussi psychologiques.
C'est-à-dire que si on regarde, chez les sujets qui présentent un surpoids et une obésité, dans
de très nombreux cas, on parle d'alimentation émotionnelle, de blocages dits plutôt
psychologiques, qui sont en lien notamment avec des contextes de stress chronique. Et donc là,
effectivement, on ne va pas du tout aller travailler, on va parler un peu, mais on va plutôt
utiliser des outils dits de TCC, thérapie cognitive et comportementale, deuxième bague, qui va
aider le sujet à mieux gérer son stress pour retrouver un comportement alimentaire sain et ne
pas subir une alimentation émotionnelle.
Donc ça, c'est quand même assez fréquent. Mais si on aborde le stress dans sa composante
physiologique, physiopathologique, ce qu'il faut comprendre, c'est que quand on est stressé,
chroniquement, j'entends, là aussi, il faut nuancer, le stress est important à la vie, à la survie,
mais le stress chronique, le stress moderne, c'est-à-dire que ce n'est pas le lion qui me court
derrière et je dois faire un sprint pour survivre ou je dois me battre. Là, c'est le stress moderne,
c'est justement ce stress qui a une nature psychologique pour lequel je ne peux pas ni fight or
flight, je ne peux ni me battre, ni prendre mes jambes à mon cou, quand mon patron me crie
dessus, je ne vais pas lui donner un coup de poing, ou descendre les dix étages en courant.
Le problème, c'est qu'on est parfaitement inadaptés au stress moderne, mais les mécanismes
en jeu, ils restent les mêmes, ils n'ont pas à changer. C'est-à-dire qu'on va activer notre axe
hypothalamo-hypo-physo-surénalien, et donc, on va produire au niveau de nos surénales une
autre hormone qui s'appelle le cortisol. Et ce qu'il faut savoir, c'est que le cortisol, lui, à l'inverse
de l'insuline, il va faire monter la glycémie.
(1:40:12 - 1:41:04)Et donc, voilà le lien entre hyperinsulinisme chronique et stress. Quand les gens vous disent «
Moi, je n'ai pas l'impression de manger trop de glucide, je ne le comprends pas », mais qu'ils
sont stressés H24 à cause de leur patron, de leur conjoint, des enfants, ou je ne sais pas quoi,
ce qu'ils sont, ce qu'on appelle ce terme, je vais l'utiliser entre guillemets, en hypercortices
fonctionnels, donc ils sont stressés chroniquement, ils suractivent leur axe hypothalamo-hypo-
physo-surénalien, ils produisent du cortisol de manière... Le cortisol, on le produit de manière
rythmée, on en produit beaucoup le matin pour se réveiller, et puis après, de moins en moins,
pour laisser place à la mélatonine, pour avoir un sommeil récupérateur de qualité. Donc, quand
je suis stressé chroniquement, je vais perdre cette sécrétion physiologique et je vais avoir des
taux de cortisol un peu élevés, de manière fonctionnelle, j'entends, et donc je vais avoir des
hyperglycémies.
(1:41:05 - 1:41:20)
Et donc, qui dit hyperglycémie ? Quelle est l'hormone qui va être en jeu pour ramener la
glycémie normalement ? Eh bien, l'insuline. Donc, le cortisol, en excès, chroniquement, peut
être la cause d'un hyperinsulinisme chronique. Voilà le lien entre les deux.
(1:41:20 - 1:42:37)
Donc, cette perte de poids est définitivement plus complexe qu'on ne le pensait. Sinon, je ne
me serais pas spécialisée là-dedans, ça aurait été bien de poser à tout le monde des régimes
hypocaloriques. Mon Dieu, quel métier très triste de devoir calculer des calories toute la
journée.
Non, merci ! Mais donc, ça, c'est super. Et de nouveau, double impact du stress, parce que là, il
y a une voie directe d'activation de l'insuline, mais j'imagine qu'il y a aussi la voie du stress qui
va jouer plutôt sur l'autre pilier dont on vient de parler, qui est cette inflammation de ma
graine. Tout à fait.
Et puis, on pourrait même aussi parler de l'impact du stress sur nos neuromédiateurs, dont
certains gèrent nos comportements alimentaires. Par exemple, quand je suis stressée
chroniquement, je vais dériver les acides aminés qui doivent servir à produire certains
neuromédiateurs, comme la tyrosine et le tryptophan. Le tryptophan va être dérivé dans une
voie qui s'appelle la voie des iséo, la tyrosine va être dérivée dans le cycle de Krebs.
Donc, j'ai plus ces acides aminés qui passent par l'hématome mélangé pour faire de la
dopamine et de la sérotonine. Donc, il va falloir que je trouve un autre moyen d'activer mon
circuit de récompense. Le manque de sérotonine va me donner envie de manger sucré.
(1:42:37 - 1:42:56)
Donc, j'entretiens un comportement alimentaire qui n'est pas adapté, qui me pousse à manger
des glucides, qui me pousse à trouver du réconfort dans l'alimentation. Et tu vois, c'est ce que
tu disais tout à l'heure, on dit aux patients, mais c'est parce que vous manquez de motivation.En fait, c'est pas qu'ils manquent de motivation, tout est fait dans leur cerveau pour qu'ils
n'aient plus de motivation.
(1:42:57 - 1:43:34)
Donc, c'est à nous de comprendre pourquoi ils ont des comportements alimentaires inadaptés,
pourquoi est-ce qu'ils n'arrivent pas à tenir les modèles, et ensuite de corriger ça. Donc là, ça
fait effectivement notamment un stress chronique qui perturbe la synthèse des
neuromédiateurs. Donc, c'est quand même hyper important d'essayer d'aller creuser.
Je dis toujours qu'il n'y a pas un surpoids, il n'y a pas une obésité. Il y a autant de surpoids et
d'obésités qu'il existe de sujets en surpoids et d'obésités, et chaque histoire est différente. Il y a
tellement de mécanismes en jeu, il faut prendre le temps de les investiguer et de voir lesquels
sont réellement actifs chez la personne qui vient nous demander de l'aide.
(1:43:35 - 1:43:47)
Oui, et quand on parle de motivation, c'est aussi une question d'inhibition, de capacité
d'inhibition pour lesquelles les neurotransmetteurs ont aussi un grand rôle. Tout à fait. C'est
hyper intéressant.
(1:43:49 - 1:44:35)
Maintenant, je pense que ce sera intéressant, on a parlé un petit peu de tous les mécanismes,
on comprend un petit peu mieux pourquoi on est passé un petit peu de cette mode à dire il
faut consommer plus de calories qu'on en ingère à, en fait c'est plus compliqué que ça, il faut
relancer le métabolisme. C'est un peu la grande phrase que j'entends beaucoup, mais on parle
beaucoup plus de métabolisme, ce qui est bien. De nouveau, je pense que c'est moi dans ma
niche qui vois que c'est vraiment le sujet dont tout le monde parle, mais à l'échelle mondiale
c'est encore très et trop petit, mais petit à petit en faisant des épisodes comme ça, en ayant des
personnes aussi investies que toi, ça permet de faire bouger les choses.
(1:44:36 - 1:45:35)
Maintenant, quelqu'un qui nous écoute, qui veut faire descendre son poids ou réverser son
insulino résistance, on va parler un petit peu au niveau alimentaire, justement, on a parlé des
oméga-6, on a parlé des glucides, on a parlé des délipides. Mais avant de dire qu'est-ce qu'il
faut faire, quelles sont pour toi un petit peu les grandes approches populaires qui empirent
même la situation, des choses que tu entends souvent, que les gens font avec plein de bonnes
volontés, mais qui sont inefficaces ou même contre-productives ? Je voudrais juste revenir sur
une petite chose avant de répondre à ta question, parce que c'est important. La théorie psycho,
calories in, calories out, le fait que pour perdre du poids, il faut avoir un déficit énergétique, je
ne dis pas que c'est faux, je dis juste qu'on n'est pas au bon niveau d'intervention.
(1:45:36 - 1:46:55)Pour moi, ça reste un symptôme, ça reste une conséquence. Effectivement, la personne qui est
en face de moi, elle a plus d'entrées caloriques qu'elle l'a de sorties, mais il faut que j'essaie de
comprendre pourquoi. Et c'est là que rentrent en jeu ces notions d'insulino-résistance,
d'inflammation systémique de Bagrade, de stress, de thyroïde, voilà, aller en physique, tout ça.
Donc, oui, effectivement, pour perdre du poids, il faut arriver à un certain déficit énergétique,
mais il y a une grande différence, je vous répète tout le temps, il y a une énorme différence
entre imposer un régime hypocalorique à quelqu'un, c'est-à-dire le forcer à manger moins,
alors que rien n'est fait dans son corps pour qu'il ait des signaux optimaux de faim de sa cité, et
de lui dire ok, je vais aller optimiser vos climats hormonaux, votre micro-vote intestinal, votre
thyroïde, pour que naturellement, vous arriviez à rééquilibrer votre balance énergétique sans
avoir à lutter contre votre faim. Donc ça, c'était vraiment un petit point que je voulais faire.
Donc, ces deux théories, on les oppose en permanence, la théorie sim et la théorie psycho,
mais en vrai, ces deux théories coexistent, c'est juste que ceux qui font la théorie psycho, ils se
sont arrêtés à prendre en charge la partie physique de l'iceberg, et nous, on est venus creuser
pourquoi est-ce qu'il y a des éclipses de balance énergétique.
(1:46:56 - 1:47:53)
Voilà, et donc maintenant, j'enchaîne sur tes questions, quels sont les modèles, les
recommandations nutritionnelles les plus délétères ? Je pense que la plus grande supercherie
de toute l'histoire de la nutrition, c'est la diabolisation des lipides. Et d'avoir considéré que les
lipides et notamment les acides gras saturés, les matières grasses d'origine animale, étaient
responsables de l'épidémie de surpoids, d'obésité, de diabète de type 2, de maladies
cardiovasculaires, mais encore une fois, on comprend bien si on s'est attaché à dire le surpoids,
l'obésité, c'est uniquement une problématique de calories in, calories out, il faut limiter les
calories, donc on va s'attaquer aux macronutriments qui apportent le plus de calories, c'est
évident, c'était les lipides. Mais ça, c'est une vision qui est extrêmement binaire, qui manque
vraiment de nuances, et encore une fois, d'exploration des causes les plus profondes.
(1:47:53 - 1:48:11)
Donc pour moi, le pire truc, c'est vraiment d'aller dire pour perdre du poids, vous devez faire un
régime épo-calorique, donc à partir de demain, vous allez arrêter de manger des lipides. Pour
moi, c'est la pire des choses. Surtout que comme tu disais, dans les lipides, il y a différents types
de lipides.
(1:48:11 - 1:48:44)
Il y en a, justement, qu'il faut vraiment diminuer, et malheureusement, c'est ceux-là qu'on
augmente parce qu'ils coûtent moins cher, par rapport à d'autres qui sont super intéressants et
qu'on vient diminuer. Oui, c'est terrible, quand on regarde, on analyse un petit peu les assiettes
des personnes qui se font perdre du poids, il n'y a plus du tout d'oméga 3, il n'y a plus du tout
d'oméga 9, on a besoin d'acides gras saturés quand même, les TCM, même les petits acidesgras, on en a besoin. Ce qui est délétère dans les lipides, qu'on soit clair, ce sont les acides gras
trans-industriels.
(1:48:45 - 1:49:42)
Voilà, ça c'est délétère, il n'y a pas de débat là-dessus. Les acides gras trans-industriels, c'est
délétère. Les acides gras oxydés, notamment quand vous avez des huiles végétales, des huiles
de grêle, où il y a beaucoup d'acides gynoléliques à l'intérieur, des acides gras polyunsaturés,
oméga 6, quand on va venir les préparer, les transformer en huile, on va avoir une
transformation entre l'acide gras polyunsaturé, on va le transformer en aldéhyde, qui sont
hyper toxiques comme le 4-HNE, et ça c'est pro-inflammatoire, ça c'est pro-résistance à
l'insuline.
Donc, il y a lipides et lipides, et les lipides de bonne qualité, il faut les intégrer dans l'assiette.
Pour moi, ça c'est la première grande erreur. Maintenant, bien entendu, dans les séances de
micro-nutrition, de médecine fonctionnelle, on personnalise toujours, en fonction notamment
des polymorphies génétiques, de la POE, je ne sais pas si vous avez déjà parlé de la POE ? Non,
on n'en a pas parlé dans un autre visage.
(1:49:42 - 1:50:18)
Donc la POE, c'est hyper important, parce que ça nous permet vraiment de savoir justement, en
fonction de ce polymorphie génétique, on sait, est-ce qu'on métabolise plutôt bien les acides
gras saturés, les triglycérides à chaîne moyenne, les monosaturés, les polyunsaturés, mais de
manière générale, sans rentrer dans les métaux, les lipides doivent faire partie du modèle
alimentaire. Les lipides ne font pas sécréter l'insuline. La problématique de l'alimentation
moderne, quand on nous dit « le fromage ne fait pas rossir, la charcuterie de bonne qualité ne
fait pas rossir », vous la mangez avec quoi ? La plupart du temps, les gens mangent le fromage
et la charcuterie avec du pain.
(1:50:19 - 1:50:32)
Le problème, ce n'est pas tant le fromage, c'est le pain. Parce que c'est le pain qui va faire
sécréter l'insuline, pas tant le fromage mais la charcuterie. Je vous dirais que la première grosse
erreur, c'est celle-ci.
(1:50:32 - 1:51:06)
La seconde, je dirais également, c'est d'avoir pas diabolisé, parce qu'on a vraiment diabolisé les
lipides. Les protéines, ce n'est pas qu'on les a diabolisés, mais c'est un peu qu'aujourd'hui, on a
peur de manger trop de protéines. Il y a un mythe énorme autour des protéines, comme quoi
les régimes riches en protéines viendraient abîmer les reins, alors qu'il n'y a aucune étude
aujourd'hui bien conduite qui montre qu'un modèle, je dis bien normoprotéiné, une
alimentation avec un apport optimal en protéines vient léser le rein, vient abaisser la fonction
rénale.(1:51:06 - 1:51:38)
C'est juste qu'aujourd'hui, on a des outils pour évaluer la fonction rénale qui font intervenir
notamment la créatinine. Donc, ça va venir biaiser les résultats parce qu'effectivement, quand
on a une alimentation qui peut être riche en protéines, on va avoir une élévation de cette
créatinine. Bref, tout ça pour dire qu'une erreur que je vois très fréquemment et notamment
chez la femme, c'est le fait de ne pas manger assez de protéines et notamment de ne pas
manger assez de protéines animales de bonne qualité.
(1:51:41 - 1:51:51)
Justement, maintenant, rentrons un petit peu dans les détails. On a parlé des glucides et des
lipides. Je trouve que c'est intéressant de savoir un petit peu quels sont les bons ratios, entre
guillemets.
(1:51:53 - 1:55:26)
On a parlé des lipides, des glucides, des oméga-3, des oméga-6 et des protéines. Tu dis, le
problème quand on mange du fromage, c'est que souvent, on va le mettre avec du pain, qui
souvent est de moins bonne qualité que le fromage. Qu'est-ce qu'un bon ratio, un peu entre
ces lipides et ces glucides et quel type de glucides ? Est-ce que tous les glucides se valent ?
Comment est-ce qu'on réfléchit un petit peu à son assiette en termes de glucides, lipides ?
Parce que, comme tu dis, il faut rajouter des lipides.
C'est important d'en avoir, mais quelle place est-ce que ça prend par rapport aux glucides, par
exemple ? Je dis toujours que l'assiette doit se construire autour des protéines. Il faut
réhabiliter les protéines et chaque repas doit se construire autour de la consommation de
protéines. C'est vraiment le plus important pour sa santé métabolique, pour sa santé
musculaire, mais les deux sont intimement liés.
Et après, la santé musculaire, c'est en fait sans doute le facteur numéro un d'une longévité
réussie. Toute assiette doit se construire autour de la protéine, une protéine de bonne qualité,
de préférence une protéine animale avec un animal bien nourri, mais on peut ensuite
éventuellement faire des associations dans les protéines végétales. On peut utiliser certains
dérivés du soja, pourquoi pas, du tofu, du tempeh, à voir.
En tout cas, on doit commencer par la protéine et on doit avoir des apports qui doivent être
bien supérieurs à la RDA officielle qui est de 0,8 g par kg de poisson et par jour. Ça, c'est juste
pour éviter d'être sarcopénique, mais certainement pas pour optimiser sa santé musculaire,
développer une masse musculaire suffisante pour pouvoir vivre le plus longtemps possible en
bonne santé. Moi, j'aurais tendance à dire qu'au minimum, il faut être à plutôt 1,2 g de
protéines par kg de poisson et par jour, et ensuite à adapter en fonction du contexte,
notamment le niveau d'activité physique, la masse musculaire de la personne à qui on propose
ses recommandations, est-ce que c'est un adolescent en pleine croissance, un seigneur quiaura aussi besoin d'un peu plus de protéines parce qu'on a la résistance anabolique, une
femme en périménopause, donc ça peut aller à une fourchette assez large, au minimum 1,2
jusqu'à 2, 2,2, 2,5 sans aucune atteinte de la fonction anale.
Donc pour moi, toutes les assiettes doivent se construire autour de la protéine et ensuite, on va
venir rajouter des lipides de bonne qualité. Moi, je le dis souvent au début, à satiété, vous venez
rajouter vos lipides, vous faites cuire votre protéine animale dans du gras, vous rajoutez du
gras, vous mangez des protéines qui sont déjà grasses, comme les oeufs qu'on a longtemps
diabolisés, comme pourquoi pas s'il n'y a pas d'intolérance des produits laitiers du fromage,
des poissons gras, sardines, macros, harengs, de la viande de bœuf nourrie à l'herbe, des
abats, il faut réhabiliter les abats et on peut rajouter du gras comme l'avocat, comme les olives,
on peut rajouter de l'huile d'olive, bien entendu, on peut venir rajouter, s'il n'y a pas de
problématique d'intolérance, d'hypersensibilité, des graines, des oléagineux et ensuite, là aussi,
je le dis souvent, les glucides, ça se mérite. Et là, il faut savoir qu'on n'est pas tous égaux vis-à-
vis de notre tolérance aux glucides.
D'ailleurs, on sort une formation sur le sujet, je le passe comme ça. On n'a pas tous la même
tolérance aux glucides. C'est comme ça, c'est la vie.
(1:55:27 - 1:55:36)
Certains sont meilleurs dans le sport. C'est ça, est-ce que c'est génétique ou c'est dû à l'activité
physique ? Alors, il y a plein d'éléments. Il y a la génétique.
(1:55:38 - 1:55:55)
Déjà, aujourd'hui, on se connaît certains polymorphies génétiques qui vont amoindrir la
tolérance aux glucides. On a parlé de l'APOE tout à l'heure pour les lipides, mais c'est
également un polymorphisme qui intervient dans la tolérance aux glucides. Quelqu'un qui est
APOE2 n'a pas de tolérance aux glucides.
(1:55:55 - 1:56:07)
Pas de tolérance, c'est-à-dire moins de 20 g de glucides par jour. Auquel cas, s'il ne respecte pas
ça, on développe un trouble métabolique. Il y a également les polymorphies sur la thyroïde.
(1:56:07 - 1:56:14)
Certains polymorphismes vont faire qu'on a une moindre tolérance aux glucides. L'amylase
salivaire aussi rentre en jeu. Donc, il y a des critères génétiques.
(1:56:15 - 1:56:31)
Ce qui fait d'ailleurs que certaines femmes, quand elles seront enceintes, vont développer un
diabète gestationnel et d'autres non. Il y a ces composantes génétiques. D'ailleurs, les femmes
qui ont développé un diabète gestationnel ont beaucoup plus de risque de développer undiabète de type 2 et l'enfant à naître aussi.
(1:56:32 - 1:56:52)
Ce sont des notions qui sont importantes. C'est-à-dire qu'une maman qui a fait un diabète
gestationnel et qui a eu son enfant, peut-être qu'il faudrait qu'elle soit un petit peu plus
vigilante sur l'apport en glucides qu'elle va donner à son enfant. Donc, en fait, ce diabète
gestationnel, c'est quelque chose dont on parle beaucoup.
(1:56:52 - 1:57:22)
Je viens d'être papa il n'y a pas longtemps, donc je l'ai vu pendant toute la... C'est vraiment
quelque chose qu'on surveillait énormément. Pourquoi est-ce qu'elle va être plus... Sa relation à
l'insuline, son mécanisme lié à l'insuline, va changer ? Il y a une perte d'insulinisme
physiologique pendant la grossesse. Il est tout à fait physiologique, c'est ce qu'on souhaite,
parce qu'il y a une croissance quand même à mettre en place, une petite tête qu'on va
construire.
(1:57:23 - 1:57:52)
Mais chez certaines femmes, cet hyper-insulinisme physiologique va devenir pathologique.
Donc, elles vont développer un diabète de type 2. Et quand on regarde, on va regarder dans les
antécédents familiaux, souvent, il y a eu les mamans, les tantes, les sœurs qui ont eu aussi eu
ce problème, où il y a eu des problèmes de survie d'obésité, où il y a eu des problèmes de
diabète de type 2 dans la famille. Donc, ces femmes-là, elles vont être plus à risque de faire un
diabète de type 2. Donc, elles devront être violentes à leur consommation de glucides en
postpartum.
(1:57:53 - 1:58:10)
Il y a cette notion qui est intéressante, d'aller regarder les antécédents personnels et familiaux,
par rapport à cette tolérance aux glucides. Et puis après, comme tu l'as dit, il y a la notion
d'activité physique. Si je ne pratique aucune activité physique, et en plus, je suis sédentaire,
parce que ce sont deux notions qui sont bien différentes.
(1:58:10 - 1:58:36)
Je peux pratiquer une activité physique régulièrement, 3-4 fois par semaine, et être tout à fait
sédentaire. Ça, c'est une notion qu'on a beaucoup mis en avant l'année dernière, même l'année
d'avant, c'est 2024, peut-être en 28, de la notion de sportif sédentaire. Tu sais ce que c'est ?
J'imagine que c'est quelqu'un qui a un travail de deux bureaux, mais qui est sportif en dehors,
c'est ça ? C'est exactement ça.
(1:58:36 - 1:58:54)
Moi, j'ai été une sportive sédentaire presque toute ma vie. Quand j'ai vu sortir cette étude en2024, je me suis dit il va falloir quand même qu'on change quelque chose. Et d'ailleurs, dans
toutes nos formations aujourd'hui, on fait ce que l'on appelle 10 squats au poids du corps
toutes les 45 minutes à une heure.
(1:58:54 - 1:59:26)
C'est ce que cette étude montrait, que le fait de casser la sédentarité, c'est-à-dire casser la
position assise toutes les 45 minutes à une heure en faisant 10 squats au poids du corps, c'était
aussi efficace que 30 minutes de marche par jour. C'était indispensable de l'intégrer. Alors, bien
que l'on fasse du tennis, du golf, du paddle, du je ne sais pas quoi, de la musculation, si à côté
de ça, une fois qu'on a fait son heure d'activité physique, on passe 8 heures devant notre écran,
on est sédentaire et on augmente notre risque cardiovasculaire et cardio-métabolique.
(1:59:26 - 1:59:47)
C'est vrai que cette composante est hyper importante. On ne va pas être aussi strict avec un
individu qui fait du sport tous les jours, qui a une activité professionnelle où il est
particulièrement actif, qu'avec quelqu'un qui n'a aucune activité physique et qui a une activité
personnelle où il est hyper sédentaire. Ça, c'est évident.
(1:59:48 - 2:00:04)
Un autre critère qui est important, c'est la masse musculaire. Cette masse musculaire dépend
de l'activité physique, mais plus je vais avoir une masse musculaire importante, plus j'aurai une
bonne tolérance aux glucides puisque mon muscle va être le plus gros capteur de ce glucose. Il
va utiliser le glucose.
(2:00:05 - 2:00:14)
Il va le stocker sous forme de glycogène musculaire mais aussi l'utiliser pour produire de l'ATP.
Là, l'insuline n'aura pas besoin d'être sécrétée en excès. Voilà les critères importants.
(2:00:14 - 2:01:39)
Donc le muscle peut prendre le relais de l'insuline. Le muscle a un rôle de régulateur
métabolique extrêmement important. Plus j'ai du muscle, plus je suis capable de capter le
glucose et d'éviter que ce glucose, en excès, aille se convertir en acide gras.
C'est pour ça qu'il ne faut vraiment pas figer les modèles alimentaires. C'est vrai que sur les
réseaux sociaux, les gens veulent des recettes. Ils me demandent beaucoup de recettes.
Mais en fait, sans vous connaître, sans connaître vos antécédents familiaux, personnels, votre
unicité en fait, l'état de votre microbiote, vos polymorphies génétiques, votre manière de vivre,
c'est impossible de déterminer est-ce que vous, vous devez manger 20 grammes de glucides,
50 grammes de glucides, 100 grammes de glucides. C'est impossible de le déterminer. Je pense
que ce qui est important de retenir pour des auditeurs, c'est que la tolérance au glycide, elle estindividuelle et elle doit s'évaluer en fonction de différents critères, mais que globalement,
soyons honnêtes, la grande majorité des gens que l'on rencontre aujourd'hui dans nos
cabinets, ce sont des gens qui n'ont pas d'activité sportive très importante, qui sont
sédentaires, qui ont une mauvaise tolérance à l'insuline et chez qui, effectivement, on devra
diminuer dans un premier temps les glucides.
(2:01:41 - 2:02:08)
Reconsidérer un petit peu l'assiette, quand on regarde un peu le français, je ne sais pas, les
belges, comment vous faites, mais en tout cas les français, ce que j'ai pu voir, et même nous les
réunionnais, l'assiette est construite autour des glucides, pour des raisons économiques aussi,
parce que le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, c'est ce qui coûte le moins cher. Mais
finalement, c'est ce qui va être sans doute le plus délétère pour notre santé métabolique sur le
long terme. Oui, tout à fait.
(2:02:08 - 2:02:27)
Et aussi, remettre au mouvement, et notamment au sport et aux muscles. Du coup, c'est pas...
Parce que nous, on a souvent cette idée d'aller courir pour perdre du poids. Dans ce que tu
viens de me dire, j'ai l'impression que c'est pas ça qui va aider à mieux gérer l'insuline.
(2:02:28 - 2:02:47)
C'est très intéressant ce que tu dis, parce qu'on en a beaucoup parlé dans notre session sur la
santé musculaire. En fait, il faut comprendre qu'il y a plusieurs types d'activités physiques qui
vont activer différentes voies au niveau cellulaire. On a deux grandes voies qui existent, la voie
mTOR et la voie AMPK, qui sont toutes les deux importantes et qui doivent s'alterner.
(2:02:47 - 2:03:13)
Bien entendu, c'est essentiel d'avoir cette alternance. On a les prolongérités qui sont anti-
mTOR. On a ceux qui ont peur qu'en stimulant mTOR, on active des cancers, parce que ça voit
de la prolifération cellulaire.
Mais encore une fois, ça manque de nuance, c'est très binaire, c'est très monosynaptique,
comme dirait le professeur Castronovo. La voie mTOR est indispensable à la survie parce que
sans activer la voie mTOR, on n'a pas de muscles. Et sans muscles, on n'a pas de vie possible.
(2:03:13 - 2:03:27)
Donc ça, c'est indéniable. Par contre, personne n'a dit qu'il fallait hyper-stimuler de manière
chronique mTOR. Donc, pour activer mTOR et donc la synthèse de protéines musculaires,
l'activité physique qu'il va falloir pratiquer, c'est le renforcement musculaire.
(2:03:27 - 2:03:53)Évidemment, en fonction du niveau de la personne, ça peut être au poids du corps dans un bon
temps, puis avec des élastiques, puis avec des poids. Le tout, c'est d'augmenter les charges au
fur et à mesure, augmenter les séries, augmenter le nombre de reps, pour continuer à
apporter une contrainte aux muscles pour qu'ils continuent à se développer. Mais c'est vrai,
comme tu l'as très bien dit, quand on pense perdre de poids, surtout les femmes, on les voit sur
des tapis, sur des steppers, sur des vélos, à faire du cardio.
(2:03:53 - 2:04:10)
Mais le cardio, lui, va activer la voie mPK. La voie mPK, je ne dis pas qu'elle n'est pas
intéressante, elle est très intéressante pour la mitochondrie, la biogénèse mitochondriale, la
mythophagie, quand on va faire du HIIT, mais pas pour augmenter la masse musculaire. Et
pourquoi les gens font ça ? Parce qu'ils sont ancrés dans la théorie psycho.
(2:04:11 - 2:05:02)
Et dans la théorie psycho, il y a deux axes, calories in, calories out. Donc, d'un côté, ils essayent
de diminuer les calories qui entrent en faisant un régime hypocalorique, et de l'autre côté, ils
essayent d'augmenter les calories qui sortent en faisant du cardio. Mais comme je dis souvent,
aller faire 45 minutes de tapis ou de vélo pour perdre 200 calories, vous allez gagner un et
autres.
Super ! C'est pas comme ça que vous allez réussir sur le long terme. Surtout que du coup, on a
encore plus faim après, j'imagine. Mais ça reste important.
L'endurance zone 2, ça reste important, mais pas pour augmenter la dépense énergétique. Ça
reste important parce que ça va faire du bien à notre mitochondrie. Si on considère que, si je
vois quelqu'un qui est sur un tapis et qui me dit « je fais ça pour perdre des calories », je lui dis «
ben, vous perdez votre temps », mais si elle me dit « c'est pour bichonner mes mitochondries »,
je lui dis « ok, c'est top, continuez ». C'est ça.
(2:05:03 - 2:05:33)
Top ! En fait, c'est hyper important, et je crois que du coup, pour allier la longévité qui prend, je
pense que la partie troubles métaboliques et poids devraient faire partie de nos envies
longévité. Et donc, travailler sa mitochondrie, mais aussi travailler son muscle pour, aussi, notre
résistance à l'insuline. Le muscle est l'organe de la longévité.
(2:05:34 - 2:05:39)
On peut dire ça. Le muscle est l'organe de la longévité. C'est vraiment une notion essentielle.
(2:05:40 - 2:05:56)
Super. Je pense qu'on a fait un... J'avais encore des questions, mais qui auraient été plus
intéressantes à poser, je pense, au début, et on fera peut-être un épisode là-dessus, parce quesinon, on va vraiment s'écarter. Si ça te plaît et ça a plu à tous les auditeurs, ça reviendra avec
grand plaisir.
(2:05:58 - 2:06:16)
En préparant peut-être un petit peu plus, parce que là, on peut dire qu'on n'a rien préparé, et
que nous sommes arrivés en freestyle. Personnellement, je trouve que ça s'est très bien passé.
Ils peuvent peut-être poser des questions, des thèmes qu'ils veulent qu'on aborde, et ça sera
avec plaisir, avec un petit peu de préparation pour la prochaine fois.
(2:06:17 - 2:06:30)
Merci beaucoup, en tout cas, Docteur Anne-Lucas, c'était super de t'avoir sur la chaîne. Si vous
avez des questions à poser, n'hésitez pas à nous le dire. N'hésitez pas à vous abonner aussi à la
chaîne, à liker l'épisode.
(2:06:31 - 2:07:11)
On vous mettra le lien en description pour la formation, pour vous former à la micronutrition.
N'hésitez pas à partager aussi cet épisode. Excuse-moi de t'avoir coupée, mais sur Instagram, je
suis présente quasiment quotidiennement.
On partage la Minute Micronut 2.0 pour avoir du contenu un petit peu plus court, mais un peu
ludique. On mettra ça aussi en description, le compte Instagram et la formation. N'hésitez pas
aussi à partager cet épisode si vous avez une personne qui a du mal à comprendre son poids,
ou qui est super intéressée par tous les mécanismes derrière le poids, l'obésité et l'insuline.
(2:07:12 - 2:07:24)
C'est toujours intéressant de partager l'épisode. Merci beaucoup et à la prochaine. Juste pour
conclure, on n'a pas préparé cet épisode du tout.
(2:07:25 - 2:07:51)
Nous, on voulait, pour vous remercier, proposer 20% de remise sur toutes nos formations
privées à vos auditeurs si ce sont des professionnels de santé. Ce ne sont pas des formations
qui s'adressent au grand public, mais si jamais il y a des professionnels de santé par ici qui
veulent se former. Puisque vous avez écouté cet épisode, pour vous remercier, on mettra le
petit code promo de 20% qu'ils pourront utiliser parce qu'ils sont membres de votre chaîne.
(2:07:51 - 2:08:06)
Parfait. Merci beaucoup. Je voulais te demander s'il y avait un petit cadeau pour remercier ceux
qui sont arrivés jusqu'au bout, ou ceux qui ont lu les commentaires et la description.
Super. N'hésitez pas à utiliser ce code et aller sur le site qu'on mettra en description. Je vous disà la prochaine.
(2:08:08 - 2:08:09)
Merci. À bientôt.