Vous consultez pour des douleurs chroniques, de la fatigue persistante ou des troubles digestifs fonctionnels ? L'ostéopathie offre une lecture unique de ces symptômes en identifiant la "chaîne du stress" : un système de cascade hormonale entre le cerveau et les glandes périphériques.
Par la palpation et les tests de mobilité, l'ostéopathie détecte les tensions musculaires anormales, les déséquilibres entre système nerveux sympathique et parasympathique, et les signes d'épuisement hormonal.
Dans cet épisode, découvrez comment le stress chronique dérègle votre cortisol, pourquoi votre corps se crispe même au repos, et comment l'ostéopathie décode les signaux physiques d'un organisme épuisé.
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Taylan Yilmaz est ostéopathe et gestionnaire du Centre Médical Hautbiermont. Il explore les connexions entre le stress chronique, les douleurs de dos, et les troubles digestifs. En tant que praticien, il souligne l'importance de comprendre le corps dans sa globalité, où chaque système influence les autres. Dans cet épisode, il parle du lien étroit entre fatigue chronique, stress permanent et douleurs musculo-squelettiques.
Vous dormez suffisamment mais vous vous réveillez fatigué. Vous avez mal partout sans raison apparente. Vous êtes irritable sans vraiment comprendre pourquoi. Ces symptômes vous parlent ? Vous n'êtes pas seul. De nombreux patients consultent des ostéopathes pour des douleurs chroniques qui cachent en réalité un déséquilibre hormonal profond lié au stress. Plongeons dans les mécanismes fascinants qui relient notre système nerveux, nos hormones et nos douleurs physiques.
Lorsqu'on pense ostéopathie, on imagine souvent un praticien qui manipule une vertèbre bloquée ou qui traite une douleur au dos. Pourtant, de nombreux patients franchissent la porte du cabinet avec un profil bien différent. Ils sont épuisés, irritables, et souffrent de douleurs diffuses qu'aucun examen médical ne parvient à expliquer.
Ces personnes ont généralement déjà consulté plusieurs médecins. Elles ont passé des bilans, fait des imageries. Tout est normal sur le papier. Pourtant, leurs symptômes sont bien réels. Elles ressentent des douleurs articulaires, musculaires ou nerveuses sans lésion identifiable. Et surtout, elles sont épuisées d'une fatigue qui ne passe pas, même après des nuits complètes de sommeil.
Les motifs de consultation les plus fréquents dans ces cas incluent l'irritabilité marquée, les troubles du sommeil persistants, une sensation constante d'avoir chaud ou froid, et un sommeil non récupérateur. S'ajoutent souvent des troubles digestifs fonctionnels, avec des inconforts abdominaux sans pathologie identifiable, ainsi que des douleurs dans le cou, le dos ou la région dorsolombaire.
L'irritabilité n'a pas toujours la même origine. Il existe une irritabilité mécanique, liée à un traumatisme physique. Par exemple, une personne ayant subi un coup du lapin non traité peut développer une raideur progressive qui la rend nerveuse. Son entourage lui fait remarquer qu'elle est devenue difficile à vivre, mais elle-même ne comprend pas toujours le lien avec son ancien accident.
Puis il y a l'irritabilité liée à la fatigue métabolique. Celle-ci s'accompagne d'autres symptômes : troubles du sommeil, problèmes digestifs et surtout chronicité. Ces patients expliquent que leurs symptômes durent depuis des mois, voire des années. Ils ont consulté de nombreux praticiens, essayé différentes approches, mais rien ne résout durablement leur problème.
Nous avons tous une certaine dose de stress au quotidien. Ce stress positif nous permet d'avancer, d'être éveillés, de passer à l'action. Un sportif avant sa compétition connaît un pic de stress qui optimise sa performance. Une fois l'événement terminé, tout redescend naturellement et le corps se repose.
Le problème survient avec le stress ambiant chronique. Certains patients en ont parfaitement conscience et établissent facilement le lien entre leur environnement stressant et leurs symptômes. Mais d'autres ne font absolument pas cette connexion. Pour eux, tout va bien. Ils ont un caractère fort, ils affrontent les difficultés, ils avancent. Pourtant, leur organisme manifeste des signes cliniques évidents pour un ostéopathe expérimenté.
Ces signes sont détectables par la palpation et les tests de mobilité. L'ostéopathe peut identifier ce qu'on appelle la chaîne du stress, un système de cascade hormonale qui fonctionne entre le cerveau et différentes glandes situées dans le corps. Ces zones corporelles donnent des indications précieuses sur l'état hormonal et endocrinien du patient.
Au sommet de cette chaîne se trouvent deux glandes centrales situées dans le cerveau : l'hypothalamus et l'hypophyse. Ces véritables généraux coordonnent l'ensemble du système hormonal. Ils envoient des signaux vers des glandes périphériques qui assurent ensuite différentes fonctions.
La thyroïde joue un rôle de relais crucial entre ce qui se passe au niveau digestif et le cerveau. Mais c'est surtout la glande surrénale qui nous intéresse ici. Cette petite glande située au-dessus des reins est la véritable gestionnaire de notre relation à l'environnement et au stress.
La surrénale produit plusieurs types d'hormones. Elle libère les corticoïdes, dont le fameux cortisol, mais aussi les peptides qui agissent sur la digestion et l'inflammation, ainsi que les catécholamines comme l'adrénaline et la noradrénaline qui nous donnent notre capacité d'excitation et augmentent notre tonus musculaire.
Le cortisol souffre d'une mauvaise réputation. On en parle souvent comme d'une hormone néfaste. Pourtant, il est absolument indispensable. Le cortisol agit avant tout comme un anti-douleur naturel. Il nous permet d'avoir un bon tonus musculaire, de rester éveillés, d'être dans un état de confort face à notre environnement.
Le problème n'est donc pas le cortisol en lui-même, mais sa quantité et surtout le moment où il est présent ou absent. Notre taux de cortisol suit normalement un rythme précis au cours de la journée. Pendant la nuit, le corps reconstitue ses réserves. Au réveil, nous devrions avoir un réservoir bien rempli. Au fil de la journée, la surrénale libère progressivement ce cortisol pour nous maintenir éveillés et en forme. Puis, vers 21 ou 22 heures, le taux doit chuter pour permettre au système nerveux de se relâcher et favoriser l'endormissement.
Mais chez les personnes stressées chroniquement, cette courbe est perturbée. Certains ont un taux de cortisol trop élevé le soir : résultat, impossible de s'endormir. D'autres ont un taux trop faible le matin : au réveil, ils sont épuisés. Leur taux augmente progressivement dans la journée, mais ils ne retrouvent jamais la forme optimale de quelqu'un dont la courbe de cortisol fonctionne correctement.
Pour comprendre notre relation actuelle au stress, il faut remonter à nos origines. À l'époque des chasseurs-cueilleurs, le stress était ponctuel mais intense. On vivait relativement tranquille, puis soudain il fallait fuir un prédateur ou chasser pour se nourrir. La surrénale libérait alors massivement de l'adrénaline pour l'excitation et du cortisol pour éviter la douleur, augmenter la perfusion sanguine, mettre le transit au repos et envoyer le sang vers les muscles.
Une fois le danger passé, tout redescendait et le corps retrouvait un niveau hormonal stable. Le stress était très fort mais très court.
Aujourd'hui, nous vivons dans une excitation chronique constante. Dès le réveil, les problèmes commencent. Le téléphone sonne, les notifications affluent. Jusqu'au coucher, nous sommes sollicités en permanence. Nous n'avons plus de véritables moments de calme, même le week-end. Cette stimulation environnementale trop forte et trop constante maintient notre système en alerte perpétuelle.
Le stress chronique ne se limite pas aux cas évidents de harcèlement professionnel. Un stress ambiant, c'est quelque chose de constant. Même s'il n'est pas très intense, sa régularité suffit à créer de la chronicité.
Beaucoup de patients ne se reconnaissent pas comme stressés. Ils ont tellement l'habitude de fonctionner dans ce mode qu'ils le considèrent comme normal. Mentalement, ils tiennent bon grâce à un caractère fort. Mais leur organisme, lui, commence à montrer des signes de fatigue.
On peut même aimer son travail et être en surcharge. Le stress ne vient pas nécessairement d'une situation déplaisante, mais d'une sollicitation excessive. En médecine, on parle de fractures de stress : ce ne sont pas des fractures causées par un choc, mais par une sollicitation répétée d'une zone qui finit par céder. Un joueur de hockey peut ainsi sortir d'un match avec une fracture au pied sans avoir reçu le moindre coup, simplement parce que la zone a été sollicitée de manière chronique. Le même mécanisme s'applique au stress hormonal.
Lorsque le stress s'installe, les premiers signes sont inflammatoires. Les patients développent un tonus musculaire excessif, même au repos. Ce tonus est facilement détectable pour un ostéopathe.
Normalement, un muscle au repos présente une tension physiologique qui varie selon la position du corps. Debout, certains muscles doivent travailler contre la gravité pour maintenir notre posture. Allongé, cette tension devrait diminuer puisque c'est la table qui supporte le poids du corps. Si la tension persiste en position couchée, c'est le signe d'un stress musculaire permanent.
Cette hypertonicité ne touche pas seulement les muscles squelettiques. Les muscles digestifs sont également concernés. Le tube digestif fonctionne grâce à des contractions musculaires autonomes qui font progresser le bol alimentaire. Ces muscles lisses peuvent eux aussi développer des tensions anormales chez les patients stressés, ce qui explique les troubles digestifs fréquemment associés à la fatigue chronique.
Notre système nerveux se divise en deux branches complémentaires. Le système orthosympathique nous maintient éveillés et nous permet d'agir volontairement. C'est lui qui nous permet de marcher, de bouger, de réagir. Le système parasympathique, quant à lui, gère les fonctions automatiques comme la digestion.
Ces deux systèmes sont indissociables et forment ensemble notre système nerveux central. Ils fonctionnent en balance. Quand nous devons courir, le sang doit aller vers les muscles périphériques et le transit intestinal se met au repos. Après un bon repas, le sang doit irriguer l'intestin et non les muscles.
Le problème surgit lorsque le système orthosympathique prend le dessus de manière chronique. Une personne constamment sous excitation mentale verra son système digestif mal fonctionner, car le parasympathique n'est plus suffisamment sollicité. Inversement, quelqu'un souffrant d'un ulcère peut développer des douleurs mécaniques dans le dos ou entre les omoplates, car la perturbation du parasympathique influence le système orthosympathique. Le système nerveux cherche alors un échappatoire et manifeste sa souffrance par des douleurs physiques.
L'objectif dans notre société moderne est de solliciter davantage le système parasympathique. La respiration, le sommeil de qualité et les moments de réel confort permettent au système orthosympathique de se calmer et au parasympathique de reprendre sa place.
Peut-on basculer rapidement d'un système à l'autre, par exemple avant un repas après une réunion stressante ? La réponse dépend de l'intensité du stress initial. Quelqu'un qui sort d'une situation très stressante, tremblant et transpirant, aura besoin de beaucoup de temps pour redescendre. Le premier conseil reste donc pragmatique : fuir l'environnement stressant.
Plusieurs outils peuvent ensuite aider : la cohérence cardiaque, la méditation, la sophrologie. L'activité physique présente un paradoxe intéressant. Bien qu'elle sollicite le système orthosympathique, elle le fait différemment et permet finalement de diminuer le seuil global de stress. Elle crée une fatigue musculaire saine et une déconnexion mentale bénéfique.
La lecture constitue également un excellent outil. Elle nécessite d'être assis ou allongé, ce qui induit déjà un relâchement musculaire. Elle requiert du silence, denrée rare dans notre société bruyante. La lecture favorise la concentration dans une recherche de confort intellectuel et ancre dans le moment présent en nous plongeant dans une histoire.
L'ostéopathie ne traite pas un symptôme isolé mais le patient dans sa globalité. La différence fondamentale avec la médecine conventionnelle réside dans cette approche. Si un patient consulte un médecin sans symptôme particulier, il n'y a pas vraiment de champ d'action possible hormis des conseils d'hygiène de vie.
En ostéopathie, les tests de mobilité révèlent des dysfonctions, des pertes et des déséquilibres même en l'absence de douleur. Ces déséquilibres doivent être travaillés car ils génèrent des cascades de compensations qui finiront par créer de l'inconfort.
Pour un épuisement surrénalien suspecté, l'ostéopathe testera la région correspondant à la surrénale, notamment la douzième vertèbre thoracique et les deux dernières côtes. Il vérifiera la position du diaphragme. Il palpera la région de la thyroïde en testant les cinquième et sixième vertèbres cervicales où elle s'attache. Il cherchera des signes d'épuisement du parasympathique au niveau des cervicales hautes ou une hyperexcitation du système orthosympathique entre les omoplates.
Cette approche globale permet de relier les différents éléments de la chaîne. Par exemple, une compression diaphragmatique peut gêner le passage de la veine cave, là où circulent les hormones. Libérer le thorax améliore alors la ventilation, dégage le retour veineux et facilite le transport hormonal vers le cœur. Chaque patient présente une cartographie unique de pertes de mobilité, ce qui explique pourquoi le traitement diffère toujours d'une personne à l'autre, même pour un motif similaire.
L'ostéopathe reconnaît les limites de son action. Si un patient ne présente aucun trouble physique détectable, s'il bouge bien et n'a pas mal, l'ostéopathe n'a pas de porte d'entrée dans son système nerveux central. Une orientation vers un bilan médical devient alors nécessaire.
Un bilan sanguin ou une analyse salivaire de la courbe de cortisol sur une journée permet d'obtenir des indications précises. Ces données guident ensuite les interventions : que faire, à quel moment et surtout pourquoi. Cela évite de donner des compléments alimentaires au hasard, qui peuvent fonctionner pour certains mais pas pour d'autres simplement parce qu'ils ne sont pas adaptés ou pris au mauvais moment.
Une approche prudente consiste à éviter de toucher un patient stable. Même si l'ostéopathe détecte des déséquilibres, tant que le patient est dans un état de confort relatif, stimuler son système nerveux central comporte des risques. Des réactions inattendues peuvent survenir et déstabiliser un équilibre fragile mais fonctionnel.
Moins on touche, mieux on se porte. Cette affirmation peut surprendre venant d'un ostéopathe, mais elle reflète une réalité importante. Il faut éviter de tomber dans la chronicité de soins, avec des séances mensuelles de confort ou de prévention systématique. L'ostéopathe doit intervenir en réponse à un besoin réel, pas par habitude ou par facilité.
Tout trouble émotionnel finit par se traduire en douleur physique. C'est ce qu'on appelle la somatisation : l'interprétation physique de l'état émotionnel. Ces deux dimensions sont indissociables.
Travailler sur l'aspect physique peut créer une boucle positive sur l'émotion. L'ostéopathie stabilise, accompagne et améliore la situation. Mais elle ne résout jamais le problème à sa source. Pour régler définitivement les troubles somatiques, il faut traiter la dimension émotionnelle. Cela nécessite souvent l'intervention d'autres praticiens spécialisés dans cet aspect.
Littérature pour aller plus loin :
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Fornari, M., Carnevali, L., & Sgoifo, A. (2017). Single osteopathic manipulative therapy session dampens acute autonomic and neuroendocrine responses to mental stress in healthy male participants. Journal of the American Osteopathic Association, 117(9), 559-567. https://doi.org/10.7556/jaoa.2017.110
Hart, K. L., Kimball, S. M., Watanabe, M. M., Parker, A. S., Denney, L. N., DeBerg, J. T., & McLay, L. L. (2022). Osteopathic manipulative treatment for allostatic load lowering. Journal of Osteopathic Medicine, 122(5), 243-251. https://doi.org/10.1515/jom-2021-0203
Herman, J. P., McKlveen, J. M., Ghosal, S., Kopp, B., Wulsin, A., Makinson, R., Scheimann, J., & Myers, B. (2016). Regulation of the hypothalamic-pituitary-adrenocortical stress response. In Comprehensive Physiology (pp. 603-621). Wiley. https://doi.org/10.1002/cphy.c150015
Meijer, O. C., Koorneef, L. L., & Kroon, J. (2018). Glucocorticoid receptor modulators. Annales d'Endocrinologie, 79(3), 107-111. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7364861/
Musazzi, L., Sala, N., Tornese, P., Gallivanone, F., Belloli, S., Conte, A., Di Grigoli, G., Fengyan, L., Treccani, G., Bazzini, C., Casati, M., Tiraboschi, E., Marceglia, S., Guglielmo, G., Moresco, R. M., & Popoli, M. (2023). The role of cortisol in chronic stress, neurodegenerative diseases, and psychological disorders. Cells, 12(24), 2845. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10706127/
Thibaut, D., Santarlas, V., Hoppes, J., Vásquez-Castillo, A., Morrow, A., Oviedo, E., & Toldi, J. (2023). Osteopathic manipulation as a method of cortisol modification: A systematic review. Cureus, 15(3), e36854. https://doi.org/10.7759/cureus.36854
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Zheng, J., Stevenson, M., & Hikosaka, O. (2024). Central nervous system control of gastrointestinal motility and secretion and modulation of gastrointestinal functions. Comprehensive Physiology, 6(2), 1085-1139. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC4858318/
(0:00 - 0:29)
Comme je te disais, hors antenne, on se revoit après un an et demi. C'est depuis qu'on a fait le
premier podcast chez toi, à ton centre, le Centre Médical Aubiermont qui a bien évolué
d'ailleurs depuis, tu me disais un peu hors antenne là. Ouais, on a bien grandi, maintenant on
est plusieurs praticiens, donc on a eu des renforts, on a un masseur sportif, Eddy Torekens, qui
vient du milieu du vélo, du cycliste pro, qui accompagne toujours la Cofidis et l'équipe nationale
suisse aussi, au niveau des jeunes.
(0:29 - 0:46)
C'est un praticien qui a 20 ans d'expérience vraiment dans les cyclistes de très haut niveau,
dans l'accompagnement des jeunes, mais aussi des pros. Il a amassé des mecs comme
Contador, Thomas, enfin Morkov, donc on a la chance de l'avoir au cabinet. Pour les spécialistes
du vélo.
(0:46 - 1:01)
Pour les spécialistes du vélo, voilà, bien sûr. Mais enfin, il est connu dans le milieu du vélo, Eddy
Torekens, et c'est un bon renfort clairement, parce qu'il nous fait du bien dans certaines
pathologies et surtout dans l'accompagnement des sportifs. Pas que les cyclistes, mais les
sportifs surtout, qui font beaucoup de charges.
(1:02 - 1:14)
Et du coup, on ne va pas parler de vélo. Non, on ne va pas parler de vélo. Mais on va parler, je te
disais que j'aimerais qu'on fasse un épisode sur la fatigue, le lien un peu entre la fatigue et les
douleurs chroniques.
(1:14 - 1:41)
Parce que souvent quand on pense à l'ostéopathie, on pense souvent aux douleurs, mais
comme on disait, il y a beaucoup de patients qui arrivent très fatigués. Et voilà, j'aimerais un
petit peu mieux comprendre ce que beaucoup de personnes vivent sans trop comprendre cette
fatigue qui grandit chez eux et qui se vend ensuite accompagnée de douleurs chroniques dont
ils ne comprennent pas trop la cause. Et voilà, j'aimerais aujourd'hui qu'on tisse un petit peu les
liens entre ces deux sujets.
(1:42 - 1:55)
Si ça te va pour le programme d'aujourd'hui. Avant, pour ceux qui n'ont peut-être pas écouté le
premier épisode, je propose que tu te présentes. Alors oui, on l'avait déjà fait il y a un an et
demi, mais on va le refaire.(1:55 - 2:07)
Moi, je m'appelle Taylan Yilmaz. Je gère le centre médical Aubiermont à Oualin, qui est ouvert
maintenant depuis février 2020. Donc, on a différents types de praticiens.
(2:07 - 2:42)
On va surtout avoir un champ d'action au niveau musculo-squelettique et on va travailler sur
des problèmes qui touchent le sportif, mais pas que, parce qu'en ostéopathie, on est en
première ligne et donc on est amené à avoir différentes pathologies, notamment des patients
stressés, des patients qui manifestent des chronicités de douleurs, d'inconforts. Et ils viennent
nous voir parce qu'ils sentent bien qu'il y a des problèmes physiques. Et là-dessous, on arrive à
comprendre que derrière les problèmes physiques, il y a aussi des problèmes métaboliques ou
des problèmes de fatigabilité qui sont liés à différentes causes.
(2:42 - 2:53)
On reviendra après dessus. Mais le centre est porté surtout sur le musculo-squelettique. Donc,
on a réflexologue, masseur, kiné, ostéo, podologue pour les analyses.
(2:54 - 3:01)
On renforce l'équipe aussi. On va avoir de l'urogynécologie bientôt et de la kinésio. Donc voilà.
(3:03 - 3:09)
Donc toi, ostéopathe. Donc moi, ostéopathe, je gère un peu l'équipe aussi, la dynamique de
l'équipe. On est beaucoup dans la promotion.
(3:10 - 3:32)
Je fais pas mal d'interventions aussi pour essayer de promouvoir l'ostéopathie envers différents
types de praticiens. Cette année, on était surtout sur l'orthodontie, donc les liens entre la
mâchoire et les troubles que les orthodontistes vont essayer de soigner et les résultantes ou les
conséquences qu'on peut avoir mécaniquement. On a une présentation bientôt, le 19, au
centre aussi avec les logopèdes.
(3:32 - 3:46)
Donc toujours dans la même synergie. Les troubles qu'ils vont essayer de soigner en logopédie
chez les enfants ou chez les adultes et les résultantes ou les conséquences qu'on peut avoir
aussi mécaniquement en ostéopathie. Essayer de faire une synergie entre différents praticiens.
(3:47 - 4:15)
Et l'année prochaine, on aura un champ d'action sur le petit bassin et sur les pathologies
musculo-squelettiques. Donc médecine sportive et médecine générale. Et pour revenir du coupà ces patients fatigués qui viennent te voir avec une fatigue, une douleur, qu'est-ce que tu vois
souvent comme très commun ? Que ce soit un petit peu dans la façon dont ils abordent la
consultation, dont ils viennent te parler de leur situation.
(4:15 - 4:35)
Alors pourquoi ils viennent nous voir ? C'est ça ta question ? Et dans quels motifs ? Quels sont
leurs motifs de consultation ? Généralement, est-ce qu'il y a des traits communs entre ces
patients ? Alors il y a des traits communs, clairement. Il y a vraiment des symptômes qui sont
récurrents entre patients. Alors le patient, il vient nous voir très souvent en ostéopathie parce
qu'il a des douleurs.
(4:36 - 5:04)
Donc des douleurs articulaires, physiques, musculo-squelettiques. Que ce soit tendineux, que
ce soit des douleurs de type blocage ou restriction de mobilité ou des douleurs inflammatoires
comme un torticolis, une lombalgie musculaire, une douleur nerveuse. Des patients qui
viennent nous voir avec des douleurs nerveuses de type arnaudite ou brachialgie sans lien avec
une lésion.
(5:04 - 5:16)
Parce qu'ils ont fait d'abord un bilan. Souvent, ils sont passés par le médecin traitant, puis ils
ont vu un médecin spécialiste. Et puis derrière, il y a peut-être des imageries et des choses qui
excluent une lésion.
(5:16 - 5:29)
Pourtant, ils ont une douleur vraiment physique. Et donc, ils viennent nous voir parce qu'ils se
disent qu'il y a peut-être un problème fonctionnel ou mécanique là-dessous. Donc les douleurs
qu'on retrouve le plus dans des états de fatiabilité chez nos patients en ostéopathie, ça va être
l'inflammation.
(5:29 - 5:41)
Ça, c'est vraiment quelque chose de central. L'inflammation, c'est vraiment le moteur de
consultation pour des problèmes de fatiabilité. Ça peut être une inflammation, comme je disais,
musculaire, nerveuse, articulaire.
(5:42 - 6:02)
Et quand les patients arrivent dans un terrain où c'est déjà bien installé, où ils sont un peu plus
chroniques, là, ils vont arriver avec des troubles un peu divers qui peuvent toucher différents
systèmes. Et les motifs qui reviennent le plus, ça va être l'irritabilité. Ce sont des patients qui
présentent des troubles du sommeil très souvent, de la frilosité.(6:02 - 6:18)
Des patients qui te disent j'ai chaud, j'ai froid, je ne me sens pas bien. Des patients qui ne
récupèrent pas bien, malgré un sommeil de qualité ou un sommeil de longue durée. C'est du
sommeil qui n'est pas récupérateur.
(6:18 - 6:34)
Ça, c'est un motif aussi sur lequel ils insistent en disant j'ai beau dormir, j'ai beau me reposer, je
me sens toujours fatigué. C'est des patients qui viennent aussi avec des troubles digestifs très
souvent. Il y a de l'inconfort, sans signe de pathologie clinique qu'on connaît en médecine
conventionnelle.
(6:34 - 6:57)
C'est très souvent fonctionnel, ou alors on parle du côlon irritable. C'est un mot qui est très
souvent utilisé de manière abusive, mais ça décrit une douleur dans la fossiliaque droite, qui va
se présenter autour du repas ou à distance, en tout cas pendant la phase de digestion, qui va
être aussi favorisé avec certains aliments. Ils associent bien certains aliments et l'inconfort.
(6:58 - 7:13)
Un estomac qui gonfle, du reflux, de l'irritation dans le bas ventre à droite. Des terrains plutôt
de dysfonction du tube digestif. Les autres motifs qu'on va avoir, ça va être les douleurs
rachidiennes.
(7:13 - 7:38)
Des patients qui viennent avec des douleurs dans les cervicales hautes, basses, dans le bas du
dos, des lourdeurs. Des douleurs dans la région thoracique basse, dans les charnières
dorsolombaires très souvent. Voilà, ça c'est vraiment les motifs de constatation qu'on a. Et pour
revenir sur l'irritabilité, qui est un des premiers motifs que tu as cités, ça c'est souvent lié au
stress.
(7:39 - 8:04)
Quand ils viennent ils te disent qu'ils sont irritables, est-ce que souvent ils te disent qu'ils sont
aussi stressés, ou c'est encore deux choses séparées ? Un patient irritable, ça peut être
plusieurs causes. On peut avoir de l'irritabilité par exemple sur une rétraction durmérienne,
typiquement le patient qui a un coup du lapin, un whiplash, qui n'est pas soigné, dans le temps
il va devenir irritable, il va devenir nerveux. Il va associer plutôt de la nervosité à l'irritabilité.
(8:05 - 8:45)
Ça ne va pas être de l'irritabilité de fatigue, parce qu'il va se sentir raide, anormalement
nerveux, parce que ça c'est lié à son traumatisme, on va rentrer sur des détails mécaniques,mais c'est lié au phénomène du whiplash, de l'accident qu'il a eu, ou de la commotion, ou de la
dysfonction mécanique, qui engendre avec le temps une raideur, et cette raideur le rend
nerveux. Donc il va nous dire, je suis nerveux, il ne faut pas m'emmerder, ces derniers temps
mon entourage me dit que je suis chiant, je suis anormalement irritable, etc. Et on a d'autres
patients qui vont nous parler d'une irritation un peu constante, qu'elle soit digestive, qu'elle soit
environnementale, qu'elle soit liée à plusieurs facteurs externes, peu importe.
(8:46 - 9:01)
Mais ça, ça va être plutôt de l'irritabilité liée à de la fatiabilité métabolique. Et ça va
s'accompagner d'autres symptômes autour de ce motif-là. Typiquement, le trouble du sommeil,
les troubles digestifs, et un terrain de chronicité.
(9:01 - 10:05)
Ce sont des patients vraiment qui nous disent, ça dure depuis des mois, depuis des années, j'ai
consulté tel et tel praticien, j'ai fait plusieurs choses, mais quelque part, c'est toujours présent,
ou ça ne part jamais. C'est ce type d'irritabilité qu'on a. Oui, parce que dans la partie là, tu as
quand même un peu un état de tension, qui se retrouve parmi tous ces cas-là, un sentiment
d'être sous tension. Comment est-ce que toi, en tant qu'ostéopathie, parce que je reviens sur
l'irritabilité, parce que j'ai envie d'un peu parler du côté stress, qu'est-ce qui, en tant
qu'ostéopathe, comment est-ce que toi, tu vois le stress ? Toi, quelqu'un qui est irritable, qui est
du coup mis sous une tension, comment est-ce que toi, en tant qu'ostéopathe, tu vois le stress ?
C'est peut-être un peu ma question de base, j'ai peut-être pris un peu des détours pour y
arriver.
(10:05 - 10:12)
Ma question de base, c'est un petit peu le stress. On voit ça comme quelque chose de mental.
Généralement, je suis stressé mentalement.
(10:13 - 10:28)
Mais en fait, on se rend compte que c'est aussi quelque chose qui est physique. Comment il est
palpable en cabinet ? En tant qu'ostéopathe, quand on te parle de stress, j'imagine que tu dois
avoir une autre définition du stress qu'un psychologue, par exemple. C'est ça que j'essaie un
petit peu de comprendre.
(10:28 - 10:35)
Il y a plusieurs types de stress. Il y a un stress qu'on a tous au quotidien. C'est celui qui nous
permet d'avancer quand même.
(10:35 - 10:52)
C'est celui qui nous permet d'être éveillé et de passer un pas devant l'autre. C'est un stress quiest positif, qui reste ponctuel. Une fois qu'on est dans cet état de stress, le sportif qui va
aborder son match, sa compétition, il va avoir un pic de stress qui va lui permettre de
performer.
(10:52 - 11:05)
Une fois que sa performance est terminée, parce que son match se termine, tout redescend, il
prend sa douche et quand il rentre chez lui, il a oublié et son corps se repose. Et puis il y a un
stress ambiant, chronique, qui va devenir néfaste. Ce stress-là, il y a deux types de patients.
(11:05 - 11:21)
Il y a le patient qui le comprend, c'est-à-dire que quand il consulte, il va nous l'expliquer. Il
comprend bien les corrélations entre ses douleurs, son inconfort et l'environnement. Et l'autre
patient qui lui, il ne va même pas associer à un phénomène de surcharge environnementale.
(11:22 - 11:41)
Pour lui, tout va bien. Par contre, il va manifester des signes cliniques qu'on va pouvoir palper
en ostéopathie, déjà à travers l'anamnèse, parce qu'il va nous raconter une histoire, mais
surtout quand on va le tester. Il y a des zones corporelles qui vont vraiment nous donner des
indications sur l'état de bien-être hormonal, endocrinien du patient.
(11:42 - 11:57)
Et c'est la chaîne du stress. Ça pour nous, c'est un repère vraiment important au clinique et qui
est fiable. Il y a tout un système de cascade hormonale dans le corps qui fonctionne en chaîne
entre le cerveau et les glandes qui sont à distance.
(11:58 - 12:11)
Et ces glandes communiquent via des hormones l'une avec l'autre. Et ces hormones vont
donner un état de bien-être général au patient. Et ces hormones, elles sont
topographiquement dans le corps, situées à des endroits qui sont pour nous des zones qu'on
va pouvoir tester.
(12:12 - 12:32)
Au niveau de la qualité du tissu, de la quantité de mouvement, etc. C'est quoi la chaîne du
stress, peut-être pour aider à suivre ? La chaîne du stress, elle va commencer... Elle a un
général, elle a un commandant qui est l'hypothalamus. Il a un deuxième général,
l'hypothalamus, qui est l'hypophyse.
(12:32 - 12:49)
Donc en fait, c'est des glandes centrales qui sont dans le cerveau. Elles vont libérer despremières hormones centrales qui vont aller donner des impulsions sur des glandes qui sont à
distance. La thyroïde, qui va être vraiment un relais important entre ce qui se passe au niveau
digestif et plus bas et l'hypophyse et l'hypothalamus.
(12:50 - 12:59)
Cette thyroïde va communiquer avec les autres glandes endocriniennes. Donc on va avoir la
surrénale, par excellence. C'est la glande qui gère l'environnement, le stress.
(13:00 - 13:10)
C'est celle qui va libérer les corticoïdes, notamment le cortisol, bien sûr. Donc le cortisol qui va
avoir différents champs d'action. C'est un anti-douleur avant tout.
(13:11 - 13:25)
Donc ça nous permet d'être vraiment dans un état de confort environnemental. Pas être trop
douloureux, d'avoir un bon tonus musculaire, d'être réveillé. Mais la surrénale, elle ne va pas
libérer que le cortisol.
(13:25 - 13:43)
Elle va libérer aussi les excitants. Juste parce qu'on va revenir sur les différents postes de la
chaîne du stress, l'action que tu es en train de décrire. Mais on entend souvent, oui, le cortisol
comme si c'était quelque chose de mauvais.
(13:45 - 13:54)
Alors que là, dans ce que tu racontes, c'est plutôt un pansement. C'est indispensable. Le
problème, c'est quand il va être trop présent ou pas assez présent.
(13:55 - 14:10)
Et surtout, à un moment où il doit être présent ou il ne doit pas être présent. Quand vous vous
levez le matin, vous avez dormi normalement. Donc en gros, pendant la nuit, le stock de cortisol
va être sécrété.
(14:10 - 14:30)
Le corps va refaire ses stocks. Et le matin, quand on se lève, normalement, on est censé avoir
un réservoir assez plein de corticoïdes. Et au fur et à mesure de la journée, le corps va
décharger, avec la surrénale, ce cortisol pour qu'on soit éveillé, pour pas qu'on ait envie de
dormir, pour qu'on soit en forme, qu'on ait un bon tonus, qu'on va faire notre sport, qu'on va
manger, etc.
(14:30 - 14:49)Et tout doucement, le soir, quand on arrive vers 21h-22h, ce taux de cortisol doit chuter pour
que le système nerveux lâche et qu'on puisse dormir. Voilà, en gros, c'est un petit peu la courbe
du cortisol qu'on est censé avoir pendant la journée. Un patient à l'autre, ça peut varier, selon
ce qu'il fait, etc.
(14:50 - 15:15)
Mais en gros, c'est comme ça que ça doit se passer. Si maintenant, le patient a un déséquilibre
à ce niveau-là, parce que, j'en sais rien, il a des troubles du sommeil depuis longtemps, il prend
une médication depuis très très longtemps, il est trop stressé depuis trop longtemps, il y a un
déséquilibre au niveau du fonctionnement de cette courbe de cortisol, il peut avoir un taux de
cortisol trop fort le soir. Du coup, il dort pas.
(15:16 - 15:22)
Il a du mal à s'endormir. Il peut avoir un taux de cortisol pas assez important le matin. Donc du
coup, quand il se réveille, il est crevé.
(15:24 - 15:33)
C'est difficile. Et au fur et à mesure de la journée, il va commencer à s'activer, son taux de
cortisone va un peu augmenter et il va se sentir un peu mieux. Mais il ne sera jamais en forme,
comme quelqu'un qui a une bonne courbe.
(15:34 - 15:47)
Qui se réveille, une demi-heure, une heure après, il pète la forme et sa journée commence.
Donc ce cortisol, c'est pas du tout un problème, au contraire, c'est essentiel. Mais ce qui va
devenir problématique, c'est ses quantités et à quel moment il est libéré.
(15:48 - 16:11)
Exactement. Et ça, c'est très dépendant de cette glande-là, qui est la surrénale, qui est la
glande, vraiment, qui gère l'environnement et le stress environnemental. Donc tu parlais de cet
axe, de l'hypothalamus, de l'hypophyse, qui activait à distance les différentes glandes, par
exemple la thyroïde, la surrénale, où je t'ai coupé, du coup tu parlais du cortisol, et là je t'ai
coupé.
(16:12 - 16:32)
Voilà. Cette surrénale libère différentes hormones, parce qu'elle va jouer presque sur tous les
systèmes. Donc le système digestif, elle libère des hormones qu'on appelle les peptides, qui
vont jouer sur la digestion et l'inflammation, avec la substance P, notamment, et la
somatostatine.
(16:33 - 16:54)Elle va libérer l'excitant, donc ça c'est la famille des catécholamines, il y a la neuradrénaline et
l'adrénaline. Donc ça c'est ce qui va augmenter la pression intracapillaire, augmenter le tonus
musculaire, c'est ce qui nous donne de l'excitation. C'est ce qui nous permet de faire face quand
le stress, à l'époque, il était croisé à un lion dans la savane.
(16:55 - 17:26)
À l'époque, en fait, cette surrénale était sollicitée par rapport à l'environnement, on était,
j'imagine, des chasseurs-cueilleurs, semble-t-il, et donc on avait des stress très très forts, mais
très courts. On était bien, et puis à un moment, il fallait chasser ou il fallait fuir. Cette surrénale
était excitée à un bon moment et elle libérait un taux d'adrénaline important pour être excitée,
et un taux de corticoïdes très très important pour ne pas avoir mal, pour avoir une bonne
perfusion dans le sang, pour mettre au repos le transit, et pour envoyer le sang en périphérie,
bien sûr.
(17:27 - 18:05)
Parce que s'il fallait courir ou se battre, il fallait que le sang soit dans la musculature
squelettique. Il fallait pouvoir se défendre sans avoir trop mal. Et ensuite, quand l'événement
ponctuel, c'est-à-dire l'environnement, était plus néfaste, et bien, cet eau diminuait et on
revenait à un niveau d'hormones dans le sang stable.
Aujourd'hui, l'environnement fait qu'on est toujours excité, il y a toujours un stress, il y a
toujours un besoin de libérer des hormones qui vont nous permettre d'être éveillé parce qu'on
a toujours une excitation, une stimulation environnementale qui est trop forte et qui est trop
constante. Dès le réveil, il y a des problèmes. Jusqu'au moment où on se couche, il y a des
problèmes.
(18:06 - 18:38)
T'as le téléphone qui sonne dès le réveil, t'as le téléphone en main au moment où tu t'éteins...
C'est sûr qu'aujourd'hui, c'est compliqué d'avoir des moments de calme pendant la semaine,
même pendant le week-end, et on est toujours dans une excitation chronique, en fait, bien sûr.
Et c'est ça, le problème. C'est ça, en fait, quand on parle d'un stress ambiant.
Un stress ambiant, c'est pas simplement un patron qui n'arrête pas d'harceler sa secrétaire. Un
stress ambiant, c'est quelque chose qui est constant. Même s'il n'est pas trop fort, le fait qu'il
soit constant, régulier, ça rentre dans de la chronicité.
(18:38 - 19:57)
Peut-être pour ça que t'as des patients aussi qui viennent et qui te disent « bon, moi je suis pas
stressé ». Ouais, parce qu'en fait, ils ont tellement l'habitude d'être tellement dans ce système-
là que pour eux, ça va. Oui, le cerveau fonctionne bien parce que ce sont des gens avec un
caractère fort, ils avancent, la difficulté, on l'affronte. Ce sont pas des gens qui se plaignentgénéralement.
Par contre, l'organisme, lui, il manifeste des signes cliniques. Et s'ils viennent nous voir, de
toute façon, c'est que quelque part, ils sentent bien qu'il y a un besoin. En tout cas, ils ont
besoin d'aide, ils en cherchent.
Et donc, ils ont aussi besoin de solutions. Et des fois, en cabinet, on se rend compte qu'en les
testant, on leur dit... Et finalement, ça déclenche aussi ensuite un mindset où ils se disent « ah
ouais, mais en fait, il a raison. J'ai des œillères, j'ai la tête dans le guidon, j'avance comme un
con depuis des années, mais en fait, c'est pas un bon fonctionnement.
» Parce qu'on arrive à leur dire et à leur faire comprendre. Donc, ça les aide aussi à ce niveau-là.
Et même parfois, tu peux très bien... Parce que toi, souvent, tu parlais, c'est pas d'office, le
patron relou à la machine à café.
Tu peux très bien aimer ce que tu fais, te plaire dedans, mais être sur sollicité. Un stress, c'est...
On a en médecine ce qu'on appelle des fractures de stress. Une fracture de stress, qu'est-ce
que c'est une fracture de stress ? C'est pas quelqu'un qui est stressé, qui se pète l'os.
(19:58 - 20:11)
C'est une surcharge mécanique chronique. J'ai eu ça à mon pied, quand j'étais plus jeune. C'est
une zone d'appui favorable, parce que t'as un des équipes qui fait que quand tu marches, tu
viens solliciter une zone de manière régulière et à un moment, l'os se fatigue et ça casse sans
t'en rendre compte.
(20:11 - 20:27)
Moi, j'ai eu ça, j'étais joueur au hockey quand j'étais jeune, je sors de mon match, j'ai pas pris de
balle sur le pied, j'ai pas pris de coup de stick, j'ai plus marché. À la fin, j'étais à l'hôpital, j'avais
une fracture de stress. C'est pour ça qu'on appelle ça une fracture de stress, parce que c'est un
stress répétitif et à un moment, il devient nocif.
(20:27 - 20:43)
Mais oui, un sportif de haut niveau, il est soumis à un stress permanent, il est dans un stress
sportif chronique, ça reste un stress. Ça va engendrer toute une cascade d'événements
hormonales, comme quelqu'un qui est harcelé, ça c'est clair et net. C'était justement ma
prochaine question.
(20:43 - 21:19)
Qu'est-ce qui se passe dans le corps quand tu es soumis à un stress constant ? On a parlé du
cortisol, mais j'imagine qu'il y a pas mal de mécanismes qui en découlent et que toi, tu vas
recevoir un petit peu en dessous avec tes mains. Tu dois voir un petit peu les impacts de ce
stress d'un corps qui a été soumis sous tension trop longtemps. Qu'est-ce qui se passe ?Comme je disais tout à l'heure, quand les patients vont arriver dans un état où c'est pas encore
trop installé, ils vont générer de l'inflammation.
(21:20 - 21:28)
Donc ils ont très souvent un tonus musculaire excessif. Même au repos. C'est-à-dire que quand
les tests debout, tu as un tonus qui est censé être présent parce qu'il faut tenir debout.
(21:29 - 21:57)
Le tonus musculaire, c'est pour... Le tonus musculaire, qu'est-ce que c'est ? En gros, ton muscle
au repos, il a une tension de repos qui est la sienne, qui est propre au muscle. Nous, en cabinet,
on a l'habitude d'en tester. Le muscle doit être dans un état de repos qui est physiologique.
C'est-à-dire qu'il doit pas être anormalement tonique. Et il doit être quand même un peu
tonique. Donc il doit pas être hypotonique ni hypertonique.
(21:57 - 22:46)
Il doit être vraiment dans une tension propre à ce muscle. Et selon la position dans laquelle on
va tester le patient, si on le teste debout, assis ou couché, le muscle ne va pas être soumis à la
même influence de la gravité. Donc il doit présenter un relâchement quand il est couché sur le
dos parce que c'est la table qui va travailler que quand il est debout.
Parce que quand il est debout, il faut porter la tête, il faut porter les épaules. Par exemple, si on
prend le trapèze, quand on est debout, le trapèze, il a un état de tension qui est normal parce
qu'il doit tenir les épaules, il doit soutenir la tête, mais il peut pas être anormalement contracté.
Et cette tension, elle doit diminuer quand il s'allonge sur le dos.
Parce que là, il n'y a plus la gravité. Si maintenant, le patient, il a une tension debout qui
persiste quand il est couché, c'est qu'il y a un stress musculaire de tension permanente. Et ça,
c'est ce qu'on retrouve clairement chez les patients qui viennent avec une fatiabilité de stress.
(22:47 - 22:56)
Ils ont de l'inflammation et de l'hypertonicité. Et pas que sur des muscles squelettiques. Ils vont
aussi avoir la tension sur les muscles digestifs.
(22:56 - 23:08)
Parce que le tube digestif, il est soumis à des contraintes musculaires. Le tube digestif, il se
contracte, il détend, il fait avancer le bol alimentaire. Donc tout ça, c'est lié aussi à une
contraction musculaire.
(23:08 - 23:37)
Ce sont des muscles qui sont lisses, on dit, qui n'ont pas vraiment le même aspect, mais qui ontla même fonction. Donc ça se contracte, ça se décontracte et tout ça, c'est généré et géré par le
système nerveux central. C'est autonome, c'est pas toi qui décides de faire avancer ton bol
alimentaire.
Pourtant, ton cerveau, il décide de faire, lui, la contraction. Mais ce stress musculaire, il va être
aussi soumis à des tensions. Donc quand on teste un petit peu le transit des patients, le tonus
de l'abdomen, on retrouve aussi des tensions musculaires qui sont complètement anormales.
(23:37 - 23:50)
Donc ça, c'est clairement palpable et c'est fiable. C'est vraiment très fiable. Oui, ça me fait
penser, en fait, quand tu lis tout ça, l'importance, ça peut paraître dire parfois, mais
l'importance de ta position.
(23:50 - 24:23)
Quand tu restes longtemps dans une position, quand tu travailles toute la journée, là où tu as
ton ordinateur, en fait, si t'es dans une position où tu dois plus travailler, je me dis que tes
muscles sont plus ou moins relâchés, ça doit avoir un impact énorme. Quand tu fais ça tous les
jours, toute la journée, parfois on ne se rend pas compte, même au niveau de la mâchoire,
parfois je peux me rendre compte que je suis trispé sur la mâchoire et en fait tu dois apprendre
à te relâcher. J'ai envie de rebondir sur le... Tu as parlé des deux systèmes.
(24:25 - 24:34)
Le système musculatique et le système végétal. L'orthosympathique et le parasympathique.
T'as commencé à... à rentrer là-dedans.
(24:36 - 25:14)
Et aussi du tonus... Digestif. Est-ce que les deux sont liés ? C'est-à-dire que quand t'es dans un
état ou dans un autre, tu vas avoir plus ou moins de tonus au niveau digestif, ou est-ce que
c'est deux choses complètement séparées ? Et peut-être nous expliquer ce que c'est que ces
deux systèmes et comment ils cohabitent, ou en tout cas ils sont supposés cohabiter, parce que
j'imagine que parfois c'est là aussi qu'on a un problème. De manière générale, un tissu, que ce
soit un tissu musculaire, ligamentaire, viscéral, pariétal, peu importe, un tissu mou, il a un seuil
de latence.
(25:14 - 25:31)
C'est-à-dire que quand on va le palper, il doit se laisser faire. Jusqu'au moment où il va réagir.
Parce que les mécanos récepteurs, c'est-à-dire tous les récepteurs qui sont sensibles à la
pression, qui sont sensibles au toucher, ils vont s'activer de telle sorte à prévenir le cerveau qu'il
se passe quelque chose.
(25:32 - 26:34)Mais si le patient est dans un état normal, il est disponible, il n'est pas fermé, il n'est pas en
sécurité, il n'est pas prêt à te bondir dessus parce que tu t'approches de lui, il n'est pas en
hyper-vigilance. Donc à partir du moment où on teste un tissu, qu'on va mettre les doigts et
qu'on vient mettre un peu de pression, on doit sentir qu'il y a un seuil de latence, c'est-à-dire
qu'on rentre avant d'avoir une réaction. Donc si on rentre dans un tissu et que le tissu, il est
anormalement tendu, qu'il ne se laisse pas faire, et que ce tissu, qu'il soit digestif, qu'il soit
musculaire, qu'il soit articulaire, répond à une clinique plus ou moins similaire de partout, bah
oui, on peut dire qu'il y a un état d'hyper-vigilance du patient, qu'il est tendu, anormalement en
tout cas, et qu'il y a peut-être une hyper-excitation du système sympathique.
En gros, le système qui va t'exciter, c'est celui qui te tient éveillé, c'est celui qui te permet de
bouger, donc c'est celui qui te permet vraiment d'avoir une action volontaire. Tu décides de
marcher, tu décides de bouger, etc. Et le système qui te calme, c'est ton tube digestif.
(26:34 - 26:49)
Parce que quand tu manges, c'est pas toi qui décide, pourtant il y a une digestion qui se fait,
donc il y a un schéma autonome qui se met en place, indépendamment de ta volonté. Oui, tu
ne réfléchis pas à comment tu digères. Voilà, pourtant ça se fait.
(26:49 - 27:06)
Quand on dit d'une personne qu'elle est végétative, en gros, c'est son système nerveux central
volontaire, il ne fonctionne plus, mais son tube digestif fonctionne. Et c'est un peu là où il y a la
difficulté, on le débranche ou on ne le débranche pas, oui mais bon, le mec il n'est pas
conscient, il n'ouvre pas les yeux, il ne répond pas, ça fait 10 jours, oui mais son tube digestif
fonctionne. Donc c'est qu'il a envie.
(27:07 - 27:30)
C'est un peu là que c'est difficile en médecine, il y a peut-être une chance qu'il se réveille, oui,
mais en même temps, ça fait 10 jours que son système nerveux volontaire ne fonctionne plus.
Donc voilà, c'est un petit peu compliqué, mais en gros, le système orthosympathique et le
système parasympathique, digestif et système ortho musculo-squelettique, ces deux systèmes
fonctionnent ensemble. Ils sont indissociables.
(27:31 - 27:46)
Les deux forment ton système nerveux central. Donc quand tu as besoin de mettre du sang en
périphérie parce que tu vas faire un jogging, il faut que ton transit soit au repos. Quand tu as
besoin de mettre du sang dans ton intestin parce que tu as fait une bonne bouffe, il faut que
ton sang aille dans l'intestin et pas dans tes muscles.
(27:47 - 28:19)Ces deux systèmes travaillent ensemble. Donc l'un calme, l'autre excite. Maintenant, quand tu
en as un qui prend le dessus parce qu'il est trop sollicité au niveau orthosympathique, le stress
ambiant, qui est tout le temps mentalement et sous excitation constante, il peut avoir des
troubles digestifs parce que son système qui calme le transit, en tout cas qui s'occupe de son
transit, il n'est pas bien compris, il est mal compris, il n'est pas suffisamment utilisé et donc on
peut créer des déséquilibres bien sûr digestifs sur une superexcitation, sur une surexcitation
orthosympathique, environnementale.
(28:20 - 28:39)
Et inversement, quelqu'un qui a une douleur digestive parce que il a un ulcère, il va avoir dans
le temps une perturbation parasympathique qui va influencer son système orthosympathique
et donc il pourrait déclencher des douleurs mécaniques, des douleurs physiques. Il pourrait
venir parce qu'il a mal entre les homoplates. Il pourrait venir parce qu'il a mal dans le bas du
dos.
(28:39 - 29:36)
Et en fait c'est une résultante, une conséquence de son problème de transit qui vient se
manifester par une douleur physique. C'est le système nerveux qui essaie de trouver un
échappatoire, qui manifeste une plainte par souffrance. Voilà.
Donc ces deux systèmes en fait ils sont indissociables l'un de l'autre et ils fonctionnent
ensemble. Et l'idée dans la société actuelle, c'est de solliciter le plus possible le système
parasympathique. La respiration, le sommeil, les moments de confort, les moments où on sort
de l'environnement stressant, voilà.
C'est ça en fait qui fait que le système parasympathique arrive à sortir un petit peu la tête de
l'eau, parce que le système orthosympathique se calme. Voilà. Et lui donner l'occasion dans des
moments importants, comme le moment où tu vas manger par exemple, où t'as besoin
d'utiliser ce système-là, arriver à se mettre... Comment on se met... Dans ta journée de boulot,
si normalement t'as pause midi, t'as pas trois heures pour aller faire une grande balade dans
les bois pour te détendre avant de manger.
(29:36 - 29:45)
Comment est-ce que tu peux rapidement... Et juste avant, t'étais dans une réunion stressante.
Donc comment tu fais pour te dire ok, maintenant, hop, je switch. Compliqué.
(29:45 - 29:55)
C'est compliqué parce que si t'as 15 minutes où tu dois manger sur le pouce, t'y arriveras pas.
Donc qu'est-ce que tu vas faire ? Tu vas bâcler ta mastication. Le début de la digestion, c'est
l'aspect mécanique.(29:56 - 30:08)
L'aspect mécanique qui ne sera pas faite en bouche, elle va devoir être comblée par un aspect
chimique dans l'estomac et dans l'intestin. T'as pas le choix. Donc, quelque part, tu vas même
surcharger ton système parasympathique parce que tu vas mal manger.
(30:09 - 30:30)
Donc, si tu dois manger sur le pouce, évite de manger trop, évite de manger trop solide ou
alors ne mange pas. Et là, par exemple, parce que tu parlais de respiration, est-ce qu'il y a un
moyen avec la respiration de rapidement se passer de l'un à l'autre avec la cohérence
cardiaque ? Alors rapidement, je sais pas, il faut être dans un environnement... Il faut que ce
soit rapide. Voilà.
(30:32 - 30:56)
C'est compliqué à quantifier, mais c'est dépendant d'une personne à l'autre aussi. Et si le mec,
comme tu dis, il arrive dans un état de stress où il transpire, où il tremble, il sort d'un
événement, vraiment, il va peut-être lui falloir beaucoup de temps avant de redescendre. Donc,
moi, ce que je conseille, c'est que sincèrement, si t'as besoin de diminuer ton système mortaux,
déjà, c'est de fuir l'environnement qui te provoque ce système-là.
(30:56 - 31:49)
Donc, si tu es obligé d'être dans un état de vigilance importante, parce que l'environnement
dans lequel tu es ne te laisse pas le choix, n'essaie pas d'en sortir. Règle tes problèmes, et c'est
une fois que tu sors de cet environnement que tu peux commencer à diminuer ton système
orto-sympathique et commencer à manger, à te détendre, à lire... Oui, parce que pour certaines
personnes, sortir d'une réunion stressante, entre guillemets, et aller manger tout détendu,
c'est totalement possible. C'est des gens qui arrivent à passer, bien sûr, mais il y en a qui n'y
arrivent pas.
Et donc, il ne faut pas... Parce que chez certains, ça marche, qu'il faut le faire parce que ton
voisin te dit « oh, moi, quand je fais ça, ça me calme ». Oui, non. C'est tellement propre à
chacun. C'est dépendant de trop de facteurs, en fait.
Mais essayer de diminuer ton système d'excitation, c'est une bonne chose, en fait. Après, par
quel biais tu vas devoir intervenir ? La respiration, oui, il y a la cohérence cardiaque, il y a de la
méditation, il y a de la sophrologie, il y a plein de choses qui fonctionnent, bien sûr. L'activité
physique.
(31:50 - 31:59)
Alors, l'activité physique, il me dit qu'il faut mettre le sang dans les muscles périphériques
quand je vais courir, c'est le système ortaux. Oui. Mais tu vas le solliciter différemment.(32:00 - 32:11)
Tu diminues quand même ton système ortaux. Même si tu continues à l'utiliser, il va diminuer
de seuil. Et quelque part, tu vas aussi créer une fatigue musculaire, une fatigue physique et une
déconnexion mentale.
(32:12 - 32:35)
Donc, quelque part, tu rentres déjà un petit peu dans un meilleur équilibre entre les deux.
Donc, c'est un échappatoire. Il y a des gens qui aiment bien lire.
C'est magnifique, la lecture. Pourquoi ? Parce que pour lire, il faut être assis. Donc déjà, tu es
dans un état de relâchement musculaire.
Tu es assis ou couché. Il faut du silence. C'est quand même sympa.
Parce que le silence, c'est comme dirait Cabrel, c'est ce qui se remarque le plus dans la société
actuelle. C'est quand il n'y a pas de bruit. Tout le monde est inquiet, il n'y a pas de bruit.
(32:36 - 32:44)
Alors quand même, c'est important, le silence. Ça met le système nerveux central au repos. Et
c'est très souvent, on va lire des choses qui nous intéressent.
(32:44 - 32:51)
Donc, on est concentré, on est dans une recherche de confort, en fait, spirituel. Donc ça, c'est
pareil. C'est intéressant de lire.
(32:52 - 34:11)
Et on est dans le moment présent, parce que on est dans l'histoire, clairement. On va venir juste
après un peu aux choses qu'on peut faire lorsqu'on est un système... Là, on parle un petit peu
de ce qu'on peut essayer de faire pour ne pas arriver dans cette tension constante. Après, on va
parler concrètement de quelqu'un où le corps a été trop tendu.
Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu vas faire en tant qu'ostéo ? Mais juste, la discussion
entre les deux systèmes et le besoin de privilégier un système ou l'autre en fonction du type
d'activité. Donc, quand on mange, on veut plutôt un système au repos. Quand on a besoin de
s'activer, on calme l'aspect digestif.
Du coup, ça me fait penser, quand est-ce qu'on mange quand on fait du sport ? Il y a toujours
cette question qui revient. Quel est le meilleur moment pour manger ? Quel est le meilleur
moment pour manger quand on va faire du sport ? Avant ou après ? J'imagine que ça dépend
du type de discipline aussi. Si tu as un événement, disons un sport qui va durer une heure, une
heure et demie, qui te demande un apport sanguin riche en glucides, parce que ça va être tonpremier substrat énergétique que ton corps va consommer.
C'est ton carburant si tu veux. Il te faut quand même du glycogène. Idéalement, dans les 2-3
heures avant ton activité, c'est bien d'avoir mangé.
(34:12 - 34:22)
Si tu as une petite fringale, c'est bien aussi de manger un peu de glycogène ou de sucre rapide,
des choses comme ça. Un fruit par exemple, du fructose, parfait. Mais évitez de manger lourd.
(34:22 - 34:48)
Parce qu'alors là, tu risques de mettre un peu trop de sang dans ta digestion et tu vas perdre ce
qu'on appelle de l'influx nerveux et donc tu seras moins tonique, moins performant dans ton
sport. Maintenant, après l'activité, selon l'activité que tu fais, des fois, il faut manger 15-20
minutes après pour tout de suite combler ta dette, notamment glycogène. Donc manger un
peu de pâtes, quelques grammes, 80-100 grammes de pâtes dans la demi-heure qui suit
l'activité.
(34:48 - 35:34)
Chez par exemple quelqu'un qui fait de la musculation, c'est très intéressant. Prendre des
compléments en protéines, il y a des checkers et des choses comme ça, c'est intéressant.
Maintenant, si tu as un sport de longue distance, de longue durée, là il te faut une glycémie
stable.
Donc quelque part, il faut pouvoir la mesurer. Donc toi, par rapport à ton activité, il faut que tu
saches quand tu as ta fringale, quand tu as ton pic d'hypoglycémie. Maintenant, il existe des
capteurs, on peut l'avoir en instantané.
Et là, il faut limite manger pendant ton activité, il te faut un apport. Ma question, c'était du coup
est-ce qu'il faut prendre en compte cet aspect ? Ça dépend du type de sport et comment tu te
sens pendant ton activité. Si tu sens que tu n'as pas d'énergie, oui, alors il faut sans doute
essayer de réfléchir à est-ce que je ne mangerais pas 2-3 heures avant ou 1h30 avant, et si oui,
quoi ? Bien sûr.
(35:34 - 36:27)
Mais privilégier peut-être, si tu manges 2 heures avant, les glucides et si tu manges 1h30-1h
avant, peut-être plus les protéines. Et maintenant, toi en tant qu'ostéopathe, du coup, qu'est-ce
que tu fais ? Sur quoi est-ce que tu travailles en fait quand tu as quelqu'un qui est dans un état
de tension ? Après, tu vas me dire parfois que tu as un blocage ou autre sur lequel tu dois
travailler directement, mais quand tu essaies de... Du stress sur lequel tu travailles, on parle
parfois du diaphragme aussi, comment est-ce que tu travailles ? En ostéopathie, et ça sera vrai
sur tout le monde et sur toutes les pathologies, ce sont nos tests de mobilité qui vont nous direoù on doit travailler et avec quel type de technique. Donc, quand on va faire notre bilan, on va
tester notre patient.
(36:28 - 36:52)
Et si on trouve par exemple un patient qui vient nous voir avec des douleurs dorsolombaires,
un thoracique basse dans les lombaires hautes, voilà, plutôt de fin de journée, qui va associer
aussi à son état de stress, il va dire quand j'ai des gros coups de sesse c'est un peu plus tendu,
je dois bouger, je suis pas bien assis. C'est une douleur qui est supportable mais qui est
permanente. Elle est désagréable, j'ai besoin de me croquer, j'ai besoin de m'étirer, je sens que
j'ai une tension qui est là.
(36:54 - 37:12)
Et que dans nos tests, on trouve vraiment une dysfonction, que ce soit une côte, une
thoracique, un diaphragme, qui est anormalement tendu, qui est tendu d'un côté moins de
l'autre, etc. Une ventilation, qu'on va lui demander d'inspirer, d'expirer asymétrique, des choses
comme ça. Une douleur à la palpation, évidemment, c'est une zone qu'il va falloir traiter.
(37:13 - 37:29)
Pour ça, on va utiliser un outil qui correspond au type de blocage. Si on a un blocage plutôt
structurel, osteoarticulaire, on va utiliser une technique plus directe. Si c'est plutôt une tension
musculaire, on va plutôt utiliser une technique musculaire, comme des contractés relâchés, de
la mobilisation, une détente musculaire locale.
(37:30 - 38:03)
Si on a une technique plutôt, disons, qualitativement asymétrique, ça bouge moins bien d'un
côté, mais ça bouge quand même, on va plutôt le mobiliser, on va travailler plutôt de la mobilité
active ou passive, mais on va l'adapter. Mais on va toujours, toujours se référencer à nos tests
de mobilité. Donc en fait, c'est tes tests de mobilité qui vont te dire sur quel niveau il faut
travailler.
On va se dire, de manière, en médecine conventionnelle, en fait, c'est pas comme ça qu'on
réfléchit. Il faut un symptôme, et ce symptôme va nous dire ce qu'on doit faire. En ostéopathie,
c'est pas un symptôme qu'on soigne.
(38:04 - 38:22)
Dans notre stratégie, ce qu'on soigne, c'est le patient. Alors tu me diras, oui, en médecine aussi,
ce qui nous intéresse, c'est le patient dans sa globalité. Oui, mais si un patient vient te voir en
médecine conventionnelle et qu'il n'a pas de symptôme, qu'est-ce que tu vas faire ? Oui, lui
donner des conseils de vie, d'accord, mais il n'y a pas de champ d'action, quoi.
(38:22 - 38:47)En ostéopathie, c'est pas du tout ce qu'on fait. Nos tests de mobilité vont révéler des
dysfonctions, des pertes, des déséquilibres. Même s'ils ne sont pas douloureux, on va devoir les
travailler, parce qu'on va partir du principe qu'à partir du moment où ça ne bouge pas bien, pas
suffisamment, ça va engendrer des cascades d'événements à distance, de compensation, qui
vont engendrer, de toute façon, un inconfort au patient.
(38:48 - 39:02)
Et cet équilibre dans lequel vient nous voir le patient, cet équilibre dans lequel il est, il est
forcément problématique puisqu'il a des symptômes, le patient. Il manifeste des troubles
physiques, digestifs. Alors on va toujours essayer de les corréler avec les niveaux.
(39:03 - 39:17)
Donc si un patient a mal à l'estomac, on a des relais gastriques au niveau nerveux, on a des
relais gastriques au niveau de la paroi, donc bien sûr, ce sont les niveaux qu'on recherche. Mais
ces niveaux ne sont pas toujours en lien topographiquement avec l'estomac. Des fois, c'est
beaucoup plus haut ou beaucoup plus bas.
(39:17 - 39:33)
Voilà, ça c'est l'anatomie qui nous l'explique. Et les niveaux nerveux, vasculaires, nerveux, etc.
En gros, si tu veux, quand le patient est chez nous, quand on va faire nos tests, on va faire une
espèce de cartographie de pertes de mobilité, et on va essayer de les corréler avec ses
symptômes.
(39:33 - 41:14)
On va se dire, ok, lui il présente peut-être un épuisement surrénalien, parce que j'ai
l'impression que son cortisol n'est pas bien libéré pendant la journée, donc je vais essayer
d'aller palper la région qui correspond à la surrénale, typiquement la douzième thoracique, les
deux dernières côtes, je vais voir la position de son diaphragme, et je vais dire, attends, je vais
aller voir quand même, au niveau de son cartilage thyroïdien, je vais aller voir ses cervicales
basses, ses 5, ses 6, c'est là où s'attache quand même la thyroïde. Je vais aller voir ses cervicales
hautes. Est-ce qu'il n'y a pas là-dessous un épuisement musculaire qui pourrait potentiellement
me faire comprendre que son système parasympathique est fatigué ? Ou est-ce qu'au niveau
de ses thoraciques, entre les homoplates, ça c'est le système orthosympathique, c'est la chaîne
thoracique latérale, est-ce qu'il n'y a pas une dysfonction, une hyperexcitation au niveau d'une
vertèbre, parce que le muscle est trop tendu, parce que ça bouge pas bien, parce que ça lui fait
mal quand je palpe, qui pourrait être en lien avec la surrénale ? Et moi, dans ma tête, faire mon
lien dans la chaîne, dire, OK, il a une compression diaphragmatique au niveau du passage de la
veine cave, le système veineux, c'est là où passent les hormones quand même, donc je me dis,
tiens, si je libère un petit peu son thorax à droite, déjà je vais lui permettre une meilleure
ventilation, je vais dégager le système cave, le système cave va mieux ramener les hormonesau cœur, tiens, le cœur droit qui va recevoir le sang veineux, est-ce que la quatrième côte à
droite bouge bien, est-ce que son médiastin bouge bien, est-ce que son système nerveux qui
est en lien avec son cœur droit, donc ça c'est le système phrénique, et le système vague, est-ce
que ses cervicales moyennes, cervicales hautes fonctionnent bien, parce que les relais nerveux
sont là, au niveau de ces deux nerfs, et ainsi de suite, et donc je pars dans ma démarche
ostéopathique, mais ça c'est la mobilité du tissu qui va nous le dire, donc d'un patient à l'autre,
pour le même motif, ça ne sera jamais le même traitement.
(41:15 - 42:19)
Maintenant, si un patient ne manifeste pas de troubles physiques, c'est-à-dire qu'il n'a pas mal,
il bouge bien, c'est là où nous on va se dire, tiens, moi avec mon champ d'action, je ne vais pas
pouvoir l'aider, parce que je n'ai pas de voie d'entrée dans son système nerveux central, et
donc je vais essayer de réfléchir et de dire chez qui je pourrais l'orienter, est-ce qu'il a besoin
d'un bilan, peut-être sanguin, est-ce qu'il a besoin d'une analyse, voir un peu sa courbe de
cortisol, comment elle fonctionne, donc là on fera peut-être un bilan salivaire, pour vraiment
avoir une bonne indication dans la journée, pour savoir qu'est-ce qu'il faut faire, à quel
moment, et pourquoi surtout, pas commencer à donner... Voilà, il y a des traitements un peu...
un peu pour tout le monde, j'ai envie de dire, voilà, typiquement l'Ashwagandha, c'est quelque
chose... Quand ça marche, on est content, mais quand ça marche pas, ça veut pas dire qu'on
fait fausse route, ça veut dire que c'était pas ce qu'il fallait donner, ou peut-être pas au bon
moment, et donc c'est dommage, parce que finalement, on avait la bonne idée, la bonne
stratégie, mais elle est pas bien mise en place. Ça c'est dommage. Ou des fois on se dit, il y a
peut-être autre chose là-dessous, et c'est là où on déclenche d'autres types de soins, comme
des bilans médicaux, des imageries, etc.
(42:20 - 42:36)
Mais ça en ostéopathie, c'est quelque chose qui est fiable, c'est nos tests de mobilité, que ça
soit pour un problème d'épuisement, que ça soit pour un problème endocrinien, peu importe,
ça serait la même chose. Il y a la mascotte qui vient dire bonjour sur l'écran. Pour ceux qui nous
écoutent, il y a le chien qui vient faire un bisou à Taylan.
(42:38 - 43:24)
Edgar, c'est ça ? Edgar. Mais du coup, ça j'imagine que parce que tu parles des tests de mobilité,
de pouvoir aller jouer sur plusieurs axes, mais pour ça il faut encore que la personne arrive,
qu'elle sache encore marcher, parce que j'imagine que dans ta salle d'attente, tu dois avoir
aussi beaucoup de personnes qui arrivent parce qu'ils ont un problème aigu, ou en un coup il y
a quelque chose qui est ressorti, ils ont le dos bloqué. Enfin, quel est, peut-être que je me
trompe, quel est le pourcentage un petit peu de la population qui vient le voir en te disant je ne
sais plus bouger ? Et l'autre partie qui se sent stressée, irritable, problème digestif et qui se dit
bon ben j'ai envie d'aller investiguer un peu plus lent parce que clairement jusqu'ici je n'ai pas
encore eu de réponse.(43:25 - 43:44)
Alors, les problèmes vraiment musculo-squelettiques c'est quand même la grande majorité de
nos consultations. Cervicalgie, dorsalgie, lombalgie, douleurs périphériques, genoux, pieds,
poignets, j'ai une tendinite, j'ai mal au poignet, que sais-je. Les patients vont venir, c'est
physique ça.
(43:44 - 44:05)
Donc ils associent facilement un problème physique à l'ostéopathe. Il va manipuler, il va
redonner du mouvement, ça rentre dans notre champ d'action pour le grand public, c'est facile
à comprendre. Ça ne bouge pas, je vais redonner du mouvement, je vais avoir un kiné, un
ostéo, un chiro, enfin bon, c'est des choses, je vais faire du sport, c'est une cohérence logique
en fait.
(44:05 - 44:41)
Maintenant, il y a une autre population qui vient nous voir pour des maux qui sont un peu plus
difficiles à quantifier physiquement. Voilà, typiquement les troubles digestifs. C'est des patients
qui ont fait plein de choses avant.
Parce que bien sûr, on a mal au ventre, on va voir le médecin, le médecin n'a pas le passion, il a
un ventre dur, un ventre anormalement sensible, il va demander des examens, c'est normal.
Parce qu'il y a potentiellement un problème dégénératif, un problème médical. Donc, une fois
qu'on a vu le médecin, on se rend compte que ça va, c'est-à-dire que l'organe n'est pas malade,
on dit au patient t'inquiète pas, tout va bien.
(44:41 - 45:13)
Mais ça ne résout pas le problème, il a toujours mal. Donc les patients se disent, attends, si c'est
pas un problème organique, dégénératif, médical, c'est sûrement un problème fonctionnel.
Donc j'irai voir un praticien fonctionnel.
Donc ils vont avoir un médecin fonctionnel, un ostéopathe de nouveau, donc c'est un patient
qui vient, mais là il y a toute une panoplie bien sûr d'examens. Donc ça c'est pas des patients
qu'on va voir en aiguë ça. Mais du coup, là où je veux en venir c'est quelqu'un qui vient te voir
en aiguë, tu vas résoudre l'aiguë, parce que j'imagine que tu sais pas comment ça a travaillé,
surtout quand la personne est en aiguë.
(45:14 - 45:51)
Comment est-ce que tu, généralement, comment est-ce que tu conseilles un petit peu la visite
ou le nombre de visites chez l'ostéo? Un peu comment est-ce que ça se passe? Parce que
quelqu'un qui vient te voir en aiguë, mais derrière en fait il y a tout ce corps qui a été mis sous
tension depuis longtemps qui a permis à l'aiguë d'arriver. Pas toujours, parfois il a porté unecaisse de champagne trop lourde ou autre. Mais comment est-ce que tu travailles? Tu
demandes à la personne de revenir te voir en disant, bah attendez, en fait je vois quand même
qu'il y a le reste qui est déséquilibré et il faut continuer à travailler dessus.
(45:52 - 46:04)
Alors si c'est vraiment aiguë, parce que il y a beaucoup de gens qui disent que c'est aiguë et
c'est pas aiguë, c'est juste qu'ils ont très mal. Un problème aiguë, c'est un problème qui génère
de l'impotence. C'est-à-dire que si tu consultes pas, tu fais plus rien.
(46:05 - 46:15)
T'es bloqué à quatre pattes, t'arrives plus à tourner la tête. C'est un événement soudain, donc
c'est une apparition soudaine, qui génère de l'impotence. D'ailleurs, t'es plus capable de faire
tes mouvements de la vie de quotidien.
(46:16 - 46:25)
Donc ça, c'est vraiment quelque chose d'aiguë. Donc ça, c'est des patients qu'on reçoit tous les
jours, bien sûr, parce qu'il faut pas les laisser comme ça. Et ça peut, bien sûr, être le signe de
quelque chose de beaucoup plus grave là-dessous.
(46:26 - 47:40)
Donc quand on les voit, ces patients-là, il faut tout de suite comprendre si on peut agir, si on
doit agir, ou pas. Donc on a les drapeaux rouges là, comme on dit, les red flags et tout ça, donc
nous, en première ligne, on se dit, ok, c'est bon, c'est vraiment mécanique, c'est musculaire, je
vais l'aider, ou non. Il faut vite l'envoyer aux urgences, parce qu'il y a potentiellement... Voilà.
A partir de là, ça, c'est vraiment les urgences. Après, ces patients-là, une fois qu'on arrive à
régler le problème urgent, c'est-à-dire cette douleur vraiment élective, qui leur pourrit la vie,
ben oui, il faut les revoir. Pour essayer de comprendre pourquoi ils sont arrivés aussi loin dans
la démarche, pour deux choses.
Déjà, pour pas que ça recommence, et deuxièmement, pour essayer de soigner au mieux le
problème, parce que sinon, on va tourner au rond. Et ces patients-là, on va les revoir une fois
qu'ils sortent de la phase aiguë, donc deux semaines, trois semaines, six semaines, ça dépend
un peu du problème. Et là, très souvent, oui, quand on les revoit dans un état un peu plus froid,
ben oui, c'est là qu'on se rend compte qu'il y a peut-être des problèmes beaucoup plus
profonds, beaucoup plus installés, en tout cas que le patient est dans un déséquilibre,
clairement.
Après, notre champ d'action, il doit s'arrêter où ? C'est toujours pareil. Ouais, mais j'ai plus mal,
ça va mieux, depuis que tu m'as manipulé, franchement, ça va mieux, j'ai repris ma vie.
Jusqu'où on doit aller ? Ça, ça va dépendre de plusieurs choses.(47:41 - 48:07)
Le motif, qu'est-ce que veut le patient ? Jusqu'où il veut aller ? Où s'arrête ma place à moi en
tant qu'ostéopathe ? Et là, on rentre vraiment dans la philosophie de la pratique. Moi, j'évite de
toucher un patient qui est stable. C'est pour répondre à ta question, c'est-à-dire que même si le
patient présente, à mon sens, des déséquilibres musculaires, ligamentaires, articulaires, s'il est
dans un état quand même de confort, j'évite de le toucher.
(48:07 - 48:35)
Parce que le danger, c'est justement de stimuler le système nerveux central, et derrière, on a
des fois des réactions qui sont pas attendues, et on risque de le déstabiliser. Je dis souvent que
qui peut le plus, peut le moins. Et finalement, moins on te touche, et je le dis en tant qu'ostéo,
mieux tu te portes.
Donc quand le patient consulte, c'est parce qu'il y a un besoin. Il faut éviter de venir faire des
séances d'ostéopathie, de confort, de prévention. Alors si on y va une fois par an, une fois tous
les deux ans, c'est pas bien grave.
(48:36 - 49:01)
Mais il faut pas commencer à rentrer dans de la chronicité de soins aussi, et non, moi j'aime
bien aller chez mon ostéopathe tous les mois, parce qu'il me fait du bien et tout, on est pas là
pour faire du bien. Il y a des masseurs pour ça, il y a d'autres... Nous on a quand même besoin,
quand le patient il vient, qu'il y ait un motif, il faut qu'il ait un truc à nous donner, parce que
sinon, on n'a pas l'impression d'être utile non plus. Voilà, là on rentre plutôt dans une
philosophie de pratique, et ça je pense que c'est propre à chacun aussi.
(49:01 - 50:31)
Je voudrais pas rentrer dans ce débat qui risque de faire des nerveux et des incompris. Pour
terminer, est-ce que tu as un exemple comme ça, qui vient en tête d'un patient justement, type,
dont on parle, et tu as pu travailler dessus, et derrière, voilà, il sent plus détendu, moins
irritable... On a tous, autour de nous, et au quotidien, au cabinet, des patients qui arrivent, ils
nous le disent pas, c'est pas toujours facile à palper, mais qui ont, clairement, un état de stress
environnemental qui déclenche un besoin de consulter. Et pas qu'en ostéopathie.
Les gens vont mal, clairement, et si on peut, nous, à notre niveau, les aider par nos soins, par
notre accompagnement, par nos conseils aussi, de peut-être faire et d'être accompagnés, parce
que vous proposez vous chez Simp, ça va leur apporter un plus. Mais tant qu'on n'enlève pas ce
stress ambiant, on soigne pas la cause, il faut pas penser qu'on va sauver les gens, ça c'est pas
vrai. Oui c'est ça, c'est comme les analyses qu'on propose, en effet, ça permet de voir où tu en
es, quoi faire, au niveau nutritionnel, et souvent c'est un peu un tremplin pour t'aider à faire du
ménage dans ta vie, mais souvent, il n'y a pas que la composante biologique ou physiologique...
Sauf chez des gens malades, et là on arrive vite à la quantifier, parce que c'est la force de lamédecine conventionnelle, mais sinon, s'il n'y a pas de maladie, il n'y a jamais qu'un problème
métabolique.
(50:31 - 50:48)
C'est pas comme ça que ça marche. Mais parfois, tu arrives dans l'irritabilité, ce cortisol qui
mène à ton épuisement, quand il s'épuise, quand t'es épuisé, c'est souvent compliqué de faire
du street. Tu te trouves un peu dans ce fameux cercle vicieux.
(50:48 - 51:13)
C'est là qu'on doit intervenir, pour aider le patient... Et recevoir un bon conseil de son
ostéopathe... Souvent, il faut voir le patient une deuxième fois, ou une troisième fois, ou à un
moment, il faut qu'il se livre aussi, parce qu'on a besoin qu'il nous raconte son histoire, parce
que c'est difficile à comprendre d'où vient le problème, surtout quand c'est émotionnel. Mais
tout trouble émotionnel induira avec le temps une douleur physique, ça c'est clair. C'est ce
qu'on appelle la somatisation.
(51:13 - 51:26)
C'est l'interprétation physique de l'état émotionnel du patient. Et l'un est indissociable de
l'autre. En jouant sur l'aspect physique, on va avoir une boucle rétro-positive, en tout cas on
l'espère, sur l'émotion, mais on ne va jamais régler le problème.
(51:27 - 51:38)
On va le stabiliser, on va accompagner, on va faire en sorte que ça s'améliore. Mais si on veut
régler les problèmes somatiques, il faut régler l'émotion. Donc là, il faut consulter d'autres
praticiens, clairement.
(51:39 - 51:45)
Écoute, Taylan, merci beaucoup. Avec plaisir. Merci à toutes et tous d'être arrivés jusqu'au bout
de cet épisode.
(51:46 - 51:49)
Il a été long. Oui, il a été long. Je ne sais pas du tout combien de temps on a fait.
(51:50 - 52:07)
Mais en tout cas, c'était très intéressant. N'hésitez pas à vous abonner à la chaîne. C'est très
important de vous abonner à la chaîne.
On mettra aussi les liens en description du cabinet de Taylan. Tu vas sortir une formation pour
les idéopathes bientôt. Je me lance dans les formations.(52:08 - 52:16)
Je me lance dans les formations. Ce sera des formations qui vont être dans le courant, avant
d'arriver dans le courant 2026. Donc là, je suis sur les supports, je prépare un peu les matières.
(52:17 - 52:40)
Donc ça sera ciblé pour les ostéopathes. On a des conférences aussi pour d'autres types
d'interventions entre d'autres types de praticiens. Mais ça, c'est plus des synergies qu'on fait.
C'est des conférences de 2-3 heures. Mais là, les formations, ça sera du continu. Et ça sera de
l'accompagnement clinique, principalement, pour aider les jeunes praticiens ou même des
praticiens plus avertis qui ont des difficultés cliniques par manque d'expérience, tout
simplement.
(52:41 - 52:52)
Et ça sera principalement porté sur un visuel pratique. Donc ça, je suis très impatient. Et ça va
être une première en Belgique, parce que je vais être l'un des seuls à présenter ça.
(52:53 - 53:17)
Mais ça arrivera prochainement. Donc ça, ça va être les objectifs 2026. De toute façon, on
mettra en description.
Et puis, ceux qui nous suivent, on enverra une communication sûrement à ce moment-là. Et
n'hésitez pas à partager cet épisode avec quelqu'un qui 1, 2, 3, 4, 5, 10 personnes qui
pourraient trouver le contenu. 20 personnes.
(53:17 - 53:21)
Qui pourraient trouver cet épisode intéressant. Et je vous dis à très bientôt. Merci.