Tout commence au niveau de l'intestin
Publié le: 2025-12-01 par:Nicholas
C'est quoi la médecine fonctionnelle ?
Une approche ancestrale réactualisée
La médecine fonctionnelle est souvent confondue avec la rééducation fonctionnelle pratiquée par les physiothérapeutes. En réalité, il s'agit d'une discipline distincte que le Pr. Castronovo définit comme « une approche tout à fait, non pas innovante, mais ancestrale, réactualisée de l'approche de la santé. »
Cette médecine s'adresse aux grandes fonctions de l'organisme : digestion, détoxification, production énergétique, équilibre hormonal, immunité, qui dépendent toutes d'un environnement micronutritionnel adapté. Elle privilégie la santé non pas en opposition à la médecine allopathique, mais en complémentarité, partant du principe que « les maladies naissent parce que le terrain est permissif. »
Comprendre avant l'apparition des symptômes
L'objectif central est d'intervenir avant l'apparition de lésions tissulaires irréversibles. « Nous, avant d'arriver à ce point, qui parfois est associé à des lésions tissulaires non récupérables, on essaie d'intervenir avant, lorsque la fonction commence à péricliter », précise le professeur.
L'exemple de la thyroïdite de Hashimoto est particulièrement parlant. Cette maladie auto-immune touche majoritairement les femmes et se caractérise par la production d'anticorps contre la thyroïde. Lorsque suffisamment de cellules thyroïdiennes sont détruites, l'hypothyroïdie s'installe et nécessite un traitement hormonal substitutif à vie.
« En médecine fonctionnelle, on va tester la présence d'auto-anticorps contre la thyroïde avant l'apparition de signes hypothyroïdiens et d'aventure, si des anticorps sont présents, on va essayer de réduire ce processus pour que jamais la patiente ait une thyroïde dysfonctionnelle. » Cette approche préventive illustre parfaitement la philosophie de la médecine du terrain : agir sur les causes plutôt que gérer les conséquences.
Le concept de terrain : Fondement de la santé
Qu'est-ce que le terrain biologique ?
Le concept de terrain est central en médecine fonctionnelle. Il désigne l'ensemble des conditions biologiques, nutritionnelles et environnementales qui déterminent si un individu restera en santé ou développera une pathologie face aux agressions (virus, bactéries, stress, toxiques).
Comme l'explique le Pr. Castronovo avec une métaphore architecturale : « C'est un peu comme si on mettait un remboursement au garage qui était gratuit, seulement si tu arrives quand t'as la panne. » Nous entretenons nos voitures avec des révisions régulières même quand elles fonctionnent parfaitement, mais nous attendons d'être malades pour consulter.
Le terrain détermine notre susceptibilité aux maladies. Deux personnes exposées au même virus ne réagiront pas de façon identique selon la qualité de leur terrain immunitaire. Cette notion rejoint d'ailleurs les observations de Béchamp, contemporain de Pasteur, qui affirmait : « Le microbe n'est rien, le terrain est tout. »
Le rôle de l'alimentation et des micronutriments
« Nous qui sommes des organismes hétérotropes, c'est-à-dire que nous avons l'obligation d'apporter les molécules qui servent au fonctionnement de la cellule », rappelle le professeur. Notre corps ne peut synthétiser tous les nutriments essentiels : vitamines, minéraux, acides aminés essentiels, acides gras essentiels doivent être fournis par l'alimentation.
Or, le traitement industriel des aliments a considérablement appauvri notre approvisionnement nutritionnel. Le raffinage des céréales élimine la majorité des vitamines B et des minéraux. L'agriculture intensive avec l'usage massif de pesticides depuis l'après-guerre a réduit la teneur en micronutriments des fruits et légumes. Les modes de cuisson, de conservation et de transformation détruisent une partie des nutriments thermosensibles.
Cette dégradation de la qualité nutritionnelle explique en grande partie l'émergence des maladies chroniques après la Seconde Guerre mondiale. « Après la 2ème guerre mondiale, il y a eu un traumatisme important c'est qu'il y a eu un changement dramatique de l'industrie agroalimentaire avec l'avenue des pesticides utilisés massivement », contextualise le Pr. Castronovo.
À noter : Hippocrate disait que toutes les maladies commencent au niveau de l'intestin.
Microbiote intestinal : Le chef d'orchestre de notre santé
Hippocrate avait raison il y a 2400 Ans
L'un des préceptes les plus visionnaires d'Hippocrate, le père de la médecine occidentale, affirmait : « Toutes les maladies commencent au niveau de l'intestin. » Comme le souligne le Pr. Castronovo, cette observation est d'autant plus extraordinaire qu'elle a été formulée bien avant la découverte des cellules et des bactéries, qui n'ont été observées qu'à la fin du XIXe siècle grâce au microscope.
« C'est incroyable qu'il ait pu observer ça, juste par une observation de bon sens, de voir éventuellement les conséquences d'une mauvaise digestion mourraient plus vite que ceux qui avaient des selles bien moulées. »
Aujourd'hui, la science moderne valide cette intuition ancestrale. Le microbiote intestinal, ces quelque 100 000 milliards de micro-organismes qui peuplent notre tube digestif, joue un rôle déterminant dans notre santé globale, bien au-delà de la simple digestion.
Inflammation de bas grade et santé intestinale
Le microbiote joue également un rôle central dans la régulation de l'inflammation. Un déséquilibre de la flore intestinale (dysbiose) peut conduire à une hyper-perméabilité de la barrière intestinale, laissant passer des fragments bactériens dans la circulation sanguine et déclenchant une inflammation chronique de bas grade.
Cette inflammation silencieuse est impliquée dans le développement de nombreuses pathologies : maladies cardiovasculaires, diabète de type 2, obésité, troubles cognitifs, maladies auto-immunes, dépression. Optimiser le terrain intestinal par l'alimentation, les prébiotiques, les probiotiques adaptés et la correction des carences nutritionnelles devient donc une priorité en médecine préventive.
Pourquoi je suis fatigué alors que mes analyses sont normales ?
Le "No Man's Land" médical
C'est sans doute la question la plus fréquente en consultation. Vous vous sentez fatigué, vous manquez d'énergie, votre sommeil n'est pas réparateur, vous avez pris du poids, votre digestion est perturbée... Votre médecin prescrit un bilan sanguin classique : numération formule sanguine, glycémie, TSH, créatinine. Résultat : tout est dans les normes.
« Le médecin, allopathe, très motivé à vous aider, va faire des bilans pour voir si vous n'êtes pas malade », explique le Pr. Castronovo. « Et la personne dit je sais pas ce que j'ai docteur, je prends du poids, je suis un peu constipé, je perds mes cheveux, j'ai pris des pilules pour les cheveux, ça marche pas, etc. Et je suis un peu déprimé. Et le test revient positif, c'est-à-dire que ses valeurs ne sont pas hors normes. Il dit écoutez, tout va bien pour la thyroïde, tout va bien au niveau de votre glycémique, etc. Qu'est-ce que vous avez ? Je sais pas. »
Cette situation crée une zone grise entre santé optimale et maladie déclarée. « Là dans cette zone entre je suis pas bien, je suis pas top, je suis pas malade, il y a un no man's land où grouillent toute série de professionnels de la santé. Il y a beaucoup charlatans qui vous promettent des choses, etc. qui sont pas validées, parfois qui marchent. Donc il y a une confusion. »
Ce que ne mesurent pas les analyses standard
Les bilans biologiques classiques sont conçus pour détecter des pathologies avérées, pas pour évaluer l'optimisation du terrain. Une TSH à 3 mUI/L est considérée comme normale (généralement entre 0,4 et 4 mUI/L), mais elle peut déjà traduire un début de ralentissement thyroïdien chez certaines personnes, surtout si elle était auparavant à 1 mUI/L.
De même, un taux de vitamine D à 25 ng/mL est considéré comme "suffisant" pour prévenir le rachitisme, mais insuffisant pour assurer une fonction immunitaire optimale, qui nécessiterait plutôt 50 ng/mL selon de nombreux experts en micronutrition.
Les analyses standard ne mesurent pas :
- Les carences subcliniques en micronutriments (zinc, sélénium, magnésium, vitamines B)
- L'équilibre des acides gras (ratio oméga-6/oméga-3)
- Les marqueurs d'inflammation de bas grade (hsCRP ultra-sensible)
- Les paramètres de méthylation (homocystéine)
- Les marqueurs du stress oxydatif
- La qualité du microbiote intestinal
- L'apport des bilans fonctionnels
C'est précisément pour combler ce vide diagnostique que les bilans biologiques fonctionnels ont été développés. « Le fait d'avoir à disposition un outil qui permettait de vérifier de facto le statut nutritionnel ouvrait un horizon incroyablement de performance, d'efficacité, de justesse et de sûreté », souligne le Pr. Castronovo.
Ces analyses vont au-delà du simple dépistage de maladie pour évaluer l'optimisation du terrain. Elles permettent d'identifier les déséquilibres avant qu'ils ne deviennent pathologiques et d'ajuster précisément les interventions nutritionnelles.
Pour découvrir comment réaliser un bilan fonctionnel complet depuis chez vous, incluant les dosages de micronutriments essentiels, les marqueurs inflammatoires et l'analyse du stress oxydatif, consultez les solutions proposées par des laboratoires spécialisés.
À noter : Il faut faire attention et se concentrer sur la valeur et pas le prix.
Médecine basée sur les preuves ou médecine du bon sens ?
La critique de l'evidence-based medicine
La médecine allopathique moderne repose sur le paradigme de l'Evidence-Based Medicine (EBM), la médecine basée sur les preuves. Pour qu'un traitement soit validé et remboursé, il doit avoir fait l'objet d'essais cliniques randomisés en double aveugle sur de larges populations.
Cette approche, imposée par l'industrie pharmaceutique, présente selon le Pr. Castronovo plusieurs limites fondamentales :
- L'homogénéisation artificielle : « La médecine allopathique ne considère pas un paramètre que nous, nous considérons, c'est-à-dire l'individualité de chacun. Nous sommes tous différents, notamment dans la manière d'éliminer les médicaments, de les transformer, de les rendre actifs ou de les inactiver. » Pour obtenir des résultats statistiquement significatifs malgré cette variabilité individuelle, il faut recruter des milliers de patients selon des critères d'inclusion très stricts, ce qui coûte des centaines de millions d'euros.
- L'absence d'études pour les nutriments : Les vitamines, minéraux et autres nutriments essentiels ne peuvent être brevetés puisqu'ils existent dans la nature. Aucun laboratoire n'investira des millions pour démontrer l'efficacité d'une substance que tous ses concurrents pourront ensuite commercialiser.
L'anecdote du parachute
Pour illustrer l'absurdité de certaines applications de l'EBM, le Pr. Castronovo raconte cette discussion avec son doyen : « Écoute, est-ce qu'on a fait des études publiées démontrant qu'il était plus efficace de sauter d'un avion à 1500 mètres avec un parachute que sans parachute ? Est-ce qu'un jour on a fait une étude en disant, allez les gars, on fait une expérience, il y en a qui vont sauter sans parachute, d'autres avec parachute, on va voir si le parachute est efficace. Parce que si on ne le démontre pas, on ne pourra pas les vendre.»
Ce parallèle humoristique mais pertinent illustre que certaines interventions relèvent du bon sens biologique plutôt que de la nécessité d'un essai clinique. Si l'enseignement en biochimie explique que le sélénium est indispensable pour que la glutathion peroxydase détoxifie le peroxyde d'hydrogène dans les mitochondries, et qu'un patient présente une carence en sélénium, faut-il vraiment une étude randomisée pour justifier sa supplémentation ?
Médecine personnalisée vs médecine de masse
La médecine fonctionnelle oppose à cette approche standardisée une médecine personnalisée : « Nous avons une médecine qui est personnalisée, individualisée, qui n'est pas de masse. Chaque patient est unique, et c'est pour ça que les bilans nutritionnels et fonctionnels ont toutes leurs significations. »
Le principe est simple mais puissant : « On doit évaluer un patient, voir quels sont ses besoins, et voir quels sont les niveaux des nutriments fondamentaux en excellence et en carence. On va ne travailler que sur les paramètres qui sont perturbés. On ne va pas toucher à ce qui va bien. »
Cette approche minimise les effets secondaires (puisqu'on ne corrige que ce qui est déséquilibré) tout en maximisant l'efficacité (puisque l'intervention est ciblée sur les besoins réels de l'individu).
Faut-il prendre du sélénium pour la thyroïde ?
Le cas particulier du sélénium
Le sélénium illustre parfaitement la problématique entre médecine basée sur les preuves et approche nutritionnelle rationnelle. Cet oligo-élément est indispensable au fonctionnement de plusieurs enzymes antioxydantes (glutathion peroxydases, thiorédoxine réductases) et des déiodinases qui convertissent la T4 en T3, la forme active de l'hormone thyroïdienne.
Une carence en sélénium peut donc perturber :
- La fonction thyroïdienne (conversion T4-T3 inefficace)
- La protection antioxydante cellulaire
- La réponse immunitaire
- La fonction cognitive
Pourtant, comme le rapporte le Pr. Castronovo, il s'est heurté à des critiques : « On m'a dit, tu donnes du sélénium, il n'y a pas de preuves cliniques. » Sa réponse relève du bon sens biologique : si l'enseignement en biochimie démontre que le sélénium est nécessaire au fonctionnement mitochondrial et thyroïdien, pourquoi faudrait-il une étude pour justifier sa supplémentation chez un patient carencé ?
L'exemple de l'homocystéine et de la méthylation
Un métabolisme clé souvent négligé
Le cycle de l'homocystéine et la méthylation constituent un autre exemple de paramètre rarement exploré en médecine conventionnelle mais crucial en médecine intégrative. L'homocystéine est un acide aminé soufré intermédiaire du métabolisme de la méthionine.
Lorsque ce cycle fonctionne mal, l'homocystéine s'accumule dans le sang. Une hyperhomocystéinémie (généralement définie au-delà de 10-12 µmol/L) est associée à :
- Augmentation du risque cardiovasculaire
- Déclin cognitif et démence
- Dépression et troubles de l'humeur
- Complications de grossesse
- Maladies neurodégénératives
Le rôle des Vitamines B
Le métabolisme normal de l'homocystéine requiert trois vitamines B essentielles :
- Vitamine B9 (folates) : pour la reméthylation de l'homocystéine en méthionine
- Vitamine B12 (cobalamine) : cofacteur de la méthionine synthase
- Vitamine B6 (pyridoxine) : pour la transsulfuration vers la cystéine
« Un métabolisme qui est souvent perturbé, c'est celui de la méthionine et qui est lié à la perturbation de l'homocysteine, le cycle de l'homocysteine qui fait la méthylation », explique le professeur. « Si votre patient a une homocysteine élevée, on sait qu'il y a un souci qui pourrait contribuer à ces problèmes émotionnels, cognitifs et également à d'autres risques. »
La stratégie thérapeutique est claire : « Si on sait que l'homocysteine pourrait être bien métabolisée, a besoin d'un environnement riche en vitamines B9, B12 et B6. Et donc, on va vérifier ça. Si c'est altéré, on va corriger. »
Les polymorphismes génétiques : MTHFR
Certains patients présentent des mutations génétiques affectant le métabolisme des folates, notamment le polymorphisme du gène MTHFR (méthylène-tétrahydrofolate réductase). « On vérifiera maintenant si le taux d'homocysteine est optimisé. Si il n'est pas optimisé, on peut aller plus loin parce que certains patients ont des mutations dans les gènes qui utilisent la vitamine B9 qu'ils avaient transformé pour être utilisés. »
Dans ce cas, même avec un apport suffisant en vitamine B9, la conversion en forme active (5-méthyltétrahydrofolate) est inefficace. La solution : « On va faire cette recherche et si le patient a un polymorphisme qui fait qu'il ne transforme pas la vitamine B9, on va pouvoir donner la forme qu'il ne sait pas faire. Et là, le patient ira beaucoup mieux. On a des résultats remarquables. »
Cette approche illustre parfaitement la médecine précise et personnalisée : identification d'un déséquilibre biologique, recherche de sa cause (carence nutritionnelle ou polymorphisme génétique), intervention ciblée, vérification de l'efficacité.
À noter : L'efficacité de l'immunothérapie dépend directement de la qualité du microbiote intestinal.
Les limites du système actuel et la révolution nécessaire
Un ministère de la maladie, pas de la santé
Le Pr. Castronovo porte un regard lucide et critique sur notre système de santé : « On a une médecine basée sur la maladie, on a un ministère de la maladie, on a un budget de maladie. Et pas de santé. »
Le paradigme actuel repose sur l'attente de la pathologie : « Aujourd'hui, le dogme c'est j'attends d'être malade et je serai pris en charge de moins en moins bien, surtout si je suis malade chronique. » Cette logique est économiquement absurde puisque le traitement des maladies chroniques coûte infiniment plus cher que leur prévention.
La métaphore de la tuile cassée
Le Pr. Castronovo illustre cette approche causale par une anecdote domestique : « Il y a ici des petits panneaux sur le toit et je remarque régulièrement il y a des champignons qui viennent dessus ce qui n'est pas bien donc il y a de l'humidité et je les remplace mais périodiquement ça revient donc je fais un traitement symptomatique. »
Après réflexion, il découvre qu'une tuile cassée laisse l'eau s'infiltrer, créant l'humidité qui favorise les champignons. « Ce que je vais faire je vais remplacer la plaque mais avant je vais réparer la tuile et j'aurai plus de problème donc j'ai arrêté éthiopathogénique j'ai traité le mal aux origines. »
Cette métaphore s'applique parfaitement aux maladies chroniques : traiter uniquement les symptômes (remplacer les plaques) sans corriger la cause profonde (la tuile cassée / le terrain perturbé) condamne à un traitement perpétuel.
Culture de la prévention : Changer de paradigme
Le changement nécessaire est autant culturel qu'institutionnel. Le professeur utilise une comparaison éloquente avec l'entretien automobile : « Ta voiture, elle va nickel, elle a 15.000 kilomètres et tu dois aller la mettre au garage. Pendant un jour, ça va être encombrant. Tu vas devoir trouver quelqu'un qui te conseille. Tu n'auras pas ta voiture. Tu vas payer pour que ta voiture aille aussi bien qu'avant. On a changé des trucs mais elle allait bien. Et là, tu trouves que c'est normal. »
Mais pour notre santé : « Tu veux rester en bonne santé, tu payes. Tu veux que ce soit gratuit, t'attends d'avoir la panne. »
Cette logique doit s'inverser. « Je pense que chacun d'entre nous doit se faire une raison et donner la valeur à sa santé. Il faut faire attention et se concentrer sur la valeur et pas le prix. » Un bilan de santé préventif à 200 euros semble cher, mais un nouveau smartphone à 1100 euros paraît abordable. Pourtant, la santé est irremplaçable, contrairement au téléphone.
Qui vient consulter en médecine fonctionnelle ?
Le profil type du praticien en médecine fonctionnelle
Un constat intéressant : « Qui est-ce qui a conduit les professionnels de la santé à se former et à s'intéresser à la médecine nutritionnelle et fonctionnelle ? Ce sont souvent pour ne pas dire la majorité des professeurs de la santé qui eux-mêmes ou en proche ont eu une maladie chronique qui ne s'améliore pas par la prise en charge allopathique. »
Beaucoup de médecins se tournent vers la médecine fonctionnelle après avoir constaté les limites de l'approche conventionnelle sur eux-mêmes ou leurs proches. Cette expérience personnelle de l'impasse thérapeutique les pousse à explorer d'autres paradigmes.
L'exception : Les patients en vraie prévention
Le Pr. Castronovo cite l'exemple remarquable d'un patient suivi depuis 15 ans : « Un monsieur qui a maintenant 90 ans, que je suis depuis 15 ans qui vient chaque année, on dirait qu'il en a 20 de moins, et qui explique lors d'un petit témoignage qu'il m'a fait que lui il se sent bien il ne va pas vieillir. »
Ces patients en prévention primaire, qui investissent dans leur santé alors qu'ils se sentent bien, restent minoritaires mais témoignent du potentiel extraordinaire de cette approche.
À noter : Les maladies naissent parce que le terrain est permissif.
Comment passer à l'action : Conseils pratiques
Commencer par s'informer
Pour ceux qui souhaitent découvrir la médecine fonctionnelle, plusieurs ressources existent :
- L'émission radio : « On peut éventuellement écouter mon émission radio hebdomadaire qui s'appelle la nutrition selon Castronovo qui donne des conseils pratiques aux pratiques », tous les vendredis sur Nutriradio.fr avec les podcasts disponibles gratuitement.
- Formation professionnelle : Le diplôme universitaire MAPS (Micronutrition, Alimentation, Prévention et Santé) à Paris-Descartes forme plusieurs centaines de professionnels de santé chaque année. Un répertoire des praticiens formés sera bientôt accessible aux patients.
Réaliser un bilan fonctionnel
L'étape concrète consiste à réaliser un bilan biologique fonctionnel pour évaluer votre terrain actuel. Ces analyses incluent généralement :
- Dosage des vitamines (D, B9, B12, B6)
- Profil lipidique complet et acides gras (oméga-3, oméga-6)
- Minéraux et oligo-éléments (zinc, sélénium, magnésium, fer)
- Marqueurs inflammatoires (CRP ultra-sensible)
- Homocystéine
- Marqueurs du stress oxydatif
Selon les cas : analyse du microbiote, recherche de polymorphismes génétiques
Ces bilans permettent d'identifier précisément vos déséquilibres et de personnaliser les interventions. Vous pouvez désormais commander votre bilan fonctionnel depuis chez vous sur https://symp.co/ et recevoir vos kits de prélèvement à domicile.
Optimiser son alimentation
L'alimentation reste la pierre angulaire, comme l'enseignait Hippocrate : « L'alimentation doit être la première médecine. »
Principes de base :
- Privilégier les aliments non transformés, biologiques si possible
- Augmenter les apports en légumes variés et colorés
- Choisir des sources de protéines de qualité (poissons gras riches en oméga-3, viandes élevées en pâturage, légumineuses)
- Réduire drastiquement les sucres rapides et les produits ultra-transformés
- Intégrer des aliments fermentés pour le microbiote (kéfir, choucroute, kombucha)
- Utiliser des huiles de qualité (olive, colza, lin) riches en oméga-3
- Éviter les pesticides et additifs qui perturbent le microbiote
Supplémentation ciblée
La supplémentation ne doit jamais être aléatoire mais guidée par les analyses : « Chaque patient est unique, et c'est pour ça que les bilans nutritionnels et fonctionnels ont toutes leurs significations. »
Les compléments doivent être :
- Prescrits sur la base d'un déficit objectivé
- Dosés de façon individualisée
- Réévalués après quelques mois
- De qualité pharmaceutique avec biodisponibilité optimale
Approche éthiopathogénique
Enfin, rechercher les causes profondes de vos déséquilibres :
- Pourquoi suis-je carencé en vitamine D ? (manque d'exposition solaire, malabsorption, surpoids, polymorphisme génétique ?)
- Pourquoi mon microbiote est-il perturbé ? (antibiotiques répétés, alimentation pauvre en fibres, stress chronique, intestin perméable ?)
- Pourquoi ai-je cette inflammation ? (dysbiose, stress oxydatif, déséquilibre oméga-6/oméga-3, surpoids abdominal ?)
Cette recherche causale permet d'intervenir durablement plutôt que de simplement compenser indéfiniment.
Conclusion : Vers une médecine de la santé
L'entretien avec le Pr. Vincenzo Castronovo nous rappelle une évidence que notre système a oubliée : « La santé, c'est pas l'absence de nos maladies. » Entre santé optimale et maladie déclarée existe tout un spectre où la médecine fonctionnelle trouve sa raison d'être.
Cette approche, loin d'être révolutionnaire, est en réalité « ancestrale, réactualisée » et repose sur des principes de bon sens validés par la science moderne : l'alimentation comme première médecine, l'importance du terrain biologique, le rôle central du microbiote intestinal, la personnalisation des interventions.
« Ce que tu dois savoir Nicholas, c'est que déjà, pour un professeur de la santé, un médecin, moi par exemple, connaît tout ce qui est connu dans la médecine. Ce que je connais sur tout ce qui est connu, c'est une infime partie. Mais ce qui est connu par rapport à ce qui est inconnu, c'est encore plus important. » Cette humilité épistémologique est peut-être la qualité la plus précieuse d'un vrai scientifique.
Le changement de paradigme nécessaire est autant individuel que collectif. Individuellement, il s'agit de donner de la valeur à sa santé et d'investir dans la prévention plutôt que d'attendre la panne. Collectivement, il s'agit de transformer notre "ministère de la maladie" en véritable acteur de santé publique.
« J'espère que vu l'évolution économique où il y a de plus en plus de gens malades, il y a une dénatalité et donc les gens malades coûtent plus cher que ce qu'ils rapportent même s'ils sont pensionnés leurs pensions ne suffisent souvent pas à payer les soins de santé et donc il y a une prise de conscience qui va faire que le gouvernement va investir dans la prévention. »
En attendant cette évolution systémique, chacun peut déjà prendre en main son terrain biologique, comprendre ses déséquilibres nutritionnels et fonctionnels, et renouer avec les principes fondamentaux énoncés il y a 2400 ans par Hippocrate : primum non nocere (d'abord ne pas nuire) et que ton aliment soit ton médicament.
À noter : La santé, c'est pas l'absence de maladies.
Références scientifiques
À propos du Pr. Vincenzo Castronovo :
- Président du comité scientifique du laboratoire LIMS (Bruxelles)
- Fondateur de Nutriel SA (Santé par la Nutrition) en 1995
- Créateur du diplôme universitaire MAPS (Micronutrition, Alimentation, Prévention et Santé) à l'Université Paris-Descartes (2017)
- Animateur de l'émission hebdomadaire "La nutrition selon Castronovo" sur Nutriradio.fr
Ressources mentionnées :
Émission radio : Tous les vendredis sur Nutriradio.fr (podcasts disponibles)
Formation professionnelle : Nutri Health
Laboratoire LIMS : Un des laboratoires européens de référence en biologie fonctionnelle
Pour aller plus loin :
La médecine fonctionnelle repose sur une évaluation objective de votre terrain biologique. Les analyses fonctionnelles permettent d'identifier vos carences en micronutriments, vos déséquilibres inflammatoires, votre statut en oméga-3, votre taux d'homocystéine et bien d'autres paramètres essentiels à votre santé optimale.
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