Tests d'intolérance alimentaire : lesquels existent, et ce qu'ils valent

Publié le: 04/10/2026 par:Nicholas BALON-PERIN

En bref

Vous supportez mal certains repas, vous avez noté quelques suspects sans arriver à les confirmer, et vous cherchez un test qui tranche. Six familles d'examens circulent sous le nom de test d'intolérance alimentaire : le test respiratoire à l'hydrogène, les panels d'anticorps IgG vendus en ligne ou en laboratoire, les tests d'allergie, les tests dits alternatifs (cheveux, biorésonance), l'éviction suivie d'une réintroduction, et l'analyse du microbiote.

Elles ne mesurent pas la même chose. Le test respiratoire mesure la fermentation d'un sucre précis. Un dosage d'IgG mesure une exposition alimentaire. Un test d'allergie mesure une sensibilisation immunitaire, qui n'est pas la même chose qu'une allergie. L'analyse du microbiote décrit un écosystème.

Aucun des six ne rend une liste d'aliments à retirer de votre assiette. Ce que les données montrent, c'est que la perception d'une intolérance et sa confirmation en aveugle divergent beaucoup : dans une étude de population britannique, une personne sur cinq se déclarait intolérante à un aliment, et la prévalence confirmée par test de provocation en double aveugle tombait entre 1,4 % et 1,8 % pour les huit aliments testés (Young et al., The Lancet, 1994).

Allergie, intolérance, sensibilité : de quoi parle-t-on ?

Le même mot, « intolérance », sert à désigner trois situations dont les mécanismes n'ont rien en commun. Et comme le test suit le mécanisme, le vocabulaire décide de l'examen.

L'allergie alimentaire est une réaction immunitaire médiée par les anticorps IgE. Elle survient en quelques minutes à deux heures, elle est reproductible, et elle peut être grave. C'est la seule des trois situations qui relève de l'allergologie, avec ses examens propres.

L'intolérance au sens propre est un défaut de digestion ou d'absorption, sans anticorps. Le modèle le mieux décrit est le lactose, et une revue de référence y distingue trois étages qu'on confond souvent : le déficit en lactase (l'enzyme n'est plus exprimée en quantité suffisante, ce qui est le cas d'une grande partie des adultes), la malabsorption (le lactose atteint le côlon), et l'intolérance (la malabsorption s'accompagne de symptômes). Seul le troisième étage justifie d'agir (Misselwitz et al., Gut, 2019).

La sensibilité alimentaire est le terme fourre-tout : une réaction réelle, ressentie, dont le mécanisme n'est ni allergique ni enzymatique. La plupart des réactions alimentaires décrites dans le syndrome de l'intestin irritable s'y rangent, et c'est aussi là qu'il n'existe aucun dosage sanguin validé. Notre article sur le syndrome de l'intestin irritable et ses mécanismes détaille la raison de cette impasse : quand des patients et des témoins boivent le même sucre fermentescible, la quantité de gaz produite et l'hydrogène expiré sont comparables dans les deux groupes, et ce sont les symptômes qui diffèrent, parce que la paroi perçoit la distension autrement (Major et al., Gastroenterology, 2017). Il n'y a donc pas de molécule à doser dans le sang pour en rendre compte.

Pour aller plus loin : l'épisode Allergie, pseudo-allergie et intolérance alimentaire reprend cette distinction et ce qu'elle change en consultation.

Comment teste-t-on l'intolérance au lactose ?

C'est le seul test d'intolérance alimentaire dont le mode d'emploi est écrit dans un consensus européen. Un groupe de trois sociétés savantes (gastro-entérologie, neurogastroentérologie, gastro-entérologie pédiatrique) a fixé la dose, le seuil et la façon de lire le résultat (Hammer et al., United European Gastroenterology Journal, 2022).

Le principe : vous buvez une solution de sucre, puis vous soufflez dans un appareil à intervalles réguliers pendant deux à trois heures. Si le sucre n'est pas absorbé dans l'intestin grêle, il arrive dans le côlon, où les bactéries le fermentent et produisent de l'hydrogène. Cet hydrogène passe dans le sang, puis dans les poumons, et se mesure dans l'air expiré.

Ce que le consensus retient pour un adulte :

  • La dose est de 25 g de lactose pour un test d'intolérance au lactose.
  • Le seuil de positivité est une hausse d'au moins 20 parties par million d'hydrogène au-dessus de la valeur de départ, à un seul point de mesure.
  • Le relevé des symptômes pendant le test fait partie du test. Le consensus le dit en propres termes : l'enregistrement des symptômes qui apparaissent après l'ingestion du sucre est une partie intégrante de l'examen.

Ce troisième point est le plus souvent omis. En croisant le souffle et les symptômes, quatre cas de figure apparaissent, dont deux sont contre-intuitifs : on peut mal absorber le lactose sans en souffrir, et on peut avoir des symptômes sans malabsorption. Un test positif, seul, ne dit donc pas que le lactose est la cause de vos ballonnements. La même revue de référence note d'ailleurs que l'accord entre l'intolérance ressentie, les résultats objectifs et le bénéfice réel d'un régime pauvre en lactose est variable (Misselwitz et al., Gut, 2019).

En pratique, la question est une question de dose, pas de suppression. Nous l'avons détaillée dans notre article sur l'intolérance au lactose et les inconforts après les produits laitiers, avec les produits les mieux tolérés.

Le même appareil sert à d'autres examens du souffle, dont la recherche d'une prolifération bactérienne dans l'intestin grêle. C'est un autre sujet, avec ses propres règles de lecture, et nous lui consacrerons un article.

Peut-on tester le fructose de la même façon ?

Le test existe, la même technique s'applique, et son interprétation est nettement moins solide. La raison est la dose.

Une équipe américaine a fait boire à 20 volontaires sains 15 g, 25 g puis 50 g de fructose, quatre jours différents, avec mesure de l'hydrogène et relevé des symptômes. À 15 g, personne n'était positif. À 25 g, deux personnes sur vingt l'étaient, sans aucun symptôme. À 50 g, seize sur vingt étaient positives et onze avaient des symptômes. Les auteurs en concluent que l'intestin grêle humain normal absorbe jusqu'à 25 g de fructose, et recommandent cette dose pour tester quelqu'un (Rao et al., Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2007).

À 50 g, être positif est donc le cas de huit personnes en bonne santé sur dix : le résultat décrit la limite d'absorption normale du fructose et ne distingue plus le patient du témoin. Le consensus européen retient une dose de 20 à 25 g, dans une recommandation qu'il gradue lui-même en qualité de preuve modérée et en force C. Il relève par ailleurs, chez l'enfant, une corrélation faible entre l'histoire des symptômes et la malabsorption du fructose, et conclut que l'utilité clinique de ce test reste débattue (Hammer et al., 2022).

En pratique, un résultat de test au fructose se lit avec la dose utilisée sous les yeux, et ne se traduit pas en liste d'interdits.

Que mesure un test d'intolérance alimentaire IgG ?

C'est le test que vous trouverez le plus facilement. Quelques gouttes de sang au bout du doigt, ou une prise de sang en laboratoire, un panel de 25 à 287 aliments selon les offres, et un résultat qui classe chaque aliment en toléré, à réduire, à éviter. Ces tests se vendent directement au public, sans prescription.

Ce qu'ils dosent, ce sont des anticorps IgG (ou leur sous-classe IgG4) dirigés contre des protéines alimentaires. Et ce que la présence de ces anticorps signifie fait l'objet d'une position écrite depuis 2008.

Le groupe de travail de l'Académie européenne d'allergologie et d'immunologie clinique (EAACI) l'a formulée ainsi : les IgG4 dirigés contre les aliments indiquent que l'organisme a été exposé de façon répétée à des composants alimentaires, reconnus comme protéines étrangères par le système immunitaire ; leur présence ne doit pas être considérée comme un facteur qui induit une hypersensibilité, mais plutôt comme un indicateur de tolérance immunologique. Sa conclusion : le dosage des IgG4 alimentaires est jugé non pertinent dans le bilan d'une allergie ou d'une intolérance alimentaire, et ne doit pas être réalisé en cas de plainte liée à l'alimentation (Stapel et al., Allergy, 2008).

L'AAAAI, son équivalent américain, a formellement soutenu cette position en 2010, dans une déclaration publiée dans sa propre revue (Bock, Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2010). Elle range par ailleurs le dosage d'IgG parmi les examens non démontrés dans sa liste « Choosing Wisely ».

Trois autres positions vont dans le même sens, sans être un soutien formel à l'EAACI :

  • La société canadienne d'allergologie écrit qu'aucun corpus de recherche ne soutient l'usage de ce test pour diagnostiquer ou prévoir des réactions aux aliments, et qu'un résultat positif est à attendre chez des adultes et des enfants en bonne santé (Carr et al., Allergy, Asthma & Clinical Immunology, 2012).
  • Le Conseil Supérieur de la Santé belge, dans son avis 9509 sur les hypersensibilités alimentaires, écrit que les tests IgG n'ont pas leur place dans le diagnostic correct des hypersensibilités alimentaires.
  • La Société Nationale Française de Gastro-Entérologie écrit qu'il n'y a pas de corrélation fiable entre la présence d'IgG dirigés contre un aliment à un titre élevé et les symptômes, et qu'ils ne doivent donc pas être prescrits.

En pratique, ces panels rendent des listes longues, qui débouchent sur des évictions nombreuses. La société canadienne en signale deux conséquences : des régimes restrictifs inutiles avec une qualité de vie qui baisse, et le cas d'une personne réellement allergique dont l'aliment dangereux ne ressort pas au dosage d'IgG et à qui l'on conseillerait de le réintroduire.

Un résultat positif sur de nombreux aliments ne désigne donc pas une liste d'évictions à suivre.

Pourquoi certaines personnes vont mieux après un régime guidé par les IgG ?

D'abord parce qu'un régime d'éviction soulage souvent par lui-même, quelle que soit la façon dont les aliments ont été choisis : dans l'essai le plus récent, le régime factice a fait répondre 42,1 % des participants. Ensuite parce que deux essais existent sur cette question, et qu'ils méritent d'être lus de près.

Le premier a randomisé 150 patients atteints du syndrome de l'intestin irritable entre un régime excluant les aliments contre lesquels ils avaient des IgG élevés et un régime factice excluant le même nombre d'aliments, mais pas ceux-là. À douze semaines, le vrai régime donnait une baisse du score de symptômes supérieure de 10 % à celle du régime factice, davantage chez les patients pleinement observants, et les symptômes revenaient quand les restrictions se relâchaient. Les auteurs eux-mêmes concluaient que l'approche « mérite d'autres recherches biomédicales » (Atkinson et al., Gut, 2004). L'écart est petit, et cet essai a été discuté dans la même revue dès l'année suivante.

Le second est récent. Un essai randomisé en double aveugle, mené dans huit centres américains contre un régime factice, a inclus 223 personnes qui présentaient des IgG dirigés contre des aliments. Le critère principal était une baisse d'au moins 30 % de l'intensité de la douleur abdominale sur au moins deux des quatre dernières semaines. Il a été atteint par 59,6 % du groupe régime guidé contre 42,1 % du groupe factice, avec un effet plus marqué dans les formes avec constipation. Les auteurs parlent d'une efficacité potentielle et demandent des études de validation plus larges (Singh et al., Gastroenterology, 2025).

Ce résultat est réel, et il porte sur un dosage IgG conçu pour cet usage et présenté comme spécifique du syndrome de l'intestin irritable. Ce n'est pas l'un des panels de 200 aliments vendus au public, et un essai unique ne transforme pas une piste en examen recommandé : c'est ce que ses auteurs écrivent.

Les positions des sociétés d'allergologie citées plus haut, elles, portent sur ce que signifie un IgG alimentaire élevé. Elles ne sont pas contredites par un essai qui utilise ces anticorps comme guide de restriction, et elles n'ont pas été révisées.

À quoi servent les tests d'allergie ?

À documenter une allergie médiée par les IgE. Ils ne testent pas les intolérances.

Les recommandations européennes sur le diagnostic de l'allergie alimentaire médiée par les IgE décrivent une démarche en trois temps : une histoire clinique orientée, puis la recherche d'une sensibilisation par IgE spécifiques dans le sang ou par test cutané, et enfin, quand le diagnostic reste incertain, un test de provocation orale sous surveillance médicale, qui est la référence (Santos et al., Allergy, 2023).

Une sensibilisation n'est pas une allergie. Un IgE spécifique positif contre un aliment signifie que votre système immunitaire le reconnaît. Il ne signifie pas que vous réagirez en le mangeant. C'est pour cette raison que les recommandations font du test de provocation la référence, et non le dosage : c'est le seul examen qui observe ce qui se passe quand l'aliment est ingéré.

Conséquence pratique pour qui a des symptômes digestifs chroniques : demander « un bilan allergologique complet » en espérant qu'il explique des ballonnements après les repas revient à poser la question au mauvais examen. Ces tests cherchent une réaction IgE, et les réactions alimentaires du syndrome de l'intestin irritable n'en sont pas.

Et pour le gluten, quel examen, dans quel ordre ?

Dans un ordre précis, parce qu'un régime commencé avant le bilan rend l'examen difficile à interpréter.

La maladie cœliaque se cherche en premier. C'est une maladie auto-immune, distincte d'une intolérance, qui se diagnostique et qui impose une éviction stricte et définitive. Le bilan commence par une sérologie des anticorps anti-transglutaminase tissulaire, suivie d'une biopsie intestinale dans la plupart des cas (Rubio-Tapia et al., American Journal of Gastroenterology, 2023).

Cette sérologie s'interprète chez quelqu'un qui mange encore du gluten. La synthèse de ces recommandations publiée par l'American Family Physician donne le détail : chez une personne symptomatique qui consomme du gluten, on dose les anticorps anti-transglutaminase de type IgA et les IgA totales, et c'est dans cette population que la sensibilité (63 à 93 %) et la spécificité (96 à 100 %) du test ont été établies (Arnold, American Family Physician, 2024). Un régime sans gluten commencé avant le bilan retire donc au test la condition dans laquelle il a été validé. Si vous envisagez d'arrêter le gluten, l'ordre logique est : bilan d'abord, régime ensuite.

En dehors de la maladie cœliaque, il n'existe pas de test de sensibilité au gluten. Et la question de savoir ce qui, dans le blé, déclenche les symptômes a reçu une réponse en essai. Cinquante-neuf personnes qui suivaient un régime sans gluten de leur propre initiative, chez qui la maladie cœliaque avait été écartée, ont reçu en double aveugle des barres contenant du gluten, des fructanes, ou ni l'un ni l'autre. Les symptômes les plus forts sont venus après les fructanes, pas après le gluten, et le gluten ne se distinguait pas du placebo (Skodje et al., Gastroenterology, 2018). Les fructanes du blé sont des sucres fermentescibles, ce qui ramène le sujet vers le mécanisme de la fermentation.

Pour aller plus loin : l'épisode Sommes-nous intolérants au gluten ? reprend cette question.

Que valent les tests par cheveux, biorésonance ou électrodermie ?

Ils sont proposés en institut, en ligne, et parfois en laboratoire à côté d'examens sérieux, ce qui entretient la confusion. Ils n'ont pas de validation.

Une revue parue dans une revue d'allergologie clinique passe en revue les examens non démontrés dans les réactions alimentaires : la mesure du volume des globules blancs après incubation avec des aliments, le dosage des IgG ou IgG4, la provocation-neutralisation intradermique, l'analyse de cheveux, l'électrodermie et la kinésiologie appliquée. Le constat est de trois ordres selon les cas : la méthode de laboratoire est valide mais aucune étude ne montre de corrélation avec une maladie ; des études en aveugle ont montré une absence de reproductibilité ; ou le test n'a pas de plausibilité biologique (Kelso, The Journal of Allergy and Clinical Immunology: In Practice, 2018).

L'avis 9509 du Conseil Supérieur de la Santé belge cite, aux côtés des tests IgG, les tests basés sur la biorésonance et les analyses de cheveux comme dépourvus de base scientifique démontrée, et rappelle que le choix, l'analyse et l'interprétation des tests reviennent à des médecins ayant une expertise en allergologie.

Alors comment identifier ses propres déclencheurs ?

En testant les aliments un par un, dans le temps. C'est la seule méthode qui observe ce qui se passe quand vous mangez l'aliment, et non ce que votre sang garde d'une exposition passée.

  1. Tenir un journal avant de supprimer quoi que ce soit. L'aliment, la quantité, l'heure, le symptôme et le moment où il apparaît. C'est la donnée la plus utile à apporter à un professionnel, et elle demande deux semaines d'attention.
  2. Borner l'éviction dans le temps. Le protocole pauvre en FODMAP, qui est le cadre de référence de l'exclusion alimentaire dans le syndrome de l'intestin irritable, se déroule en trois phases : restriction, réintroduction, puis personnalisation, où seuls les aliments réellement en cause restent écartés pendant que la variété alimentaire est maintenue (Whelan et al., Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2018). La phase de restriction sert à identifier, elle n'a pas vocation à durer.
  3. Réintroduire un aliment à la fois, à dose croissante. C'est cette étape qui distingue un aliment réellement mal toléré d'un aliment mal toléré ce jour-là. Un aliment qui gêne à forte dose passe souvent à dose modérée.
  4. Se faire accompagner pour la phase restrictive. Les recommandations de diététique britanniques classent la prise en charge en deux niveaux : une alimentation et des habitudes de vie ajustées, que tout professionnel de santé peut donner, puis le régime pauvre en FODMAP, qui demande un diététicien (McKenzie et al., Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2016).

Cette méthode est aussi celle qui approche le plus, en vie courante, le test de provocation en aveugle qui sert de référence en recherche. Elle a une limite connue : vous savez ce que vous mangez, donc l'attente joue. C'est l'écart que mesurait l'étude de population citée en début d'article, entre la perception d'une intolérance et sa confirmation en double aveugle (Young et al., 1994).

Les mécanismes par lesquels un aliment déclenche, et les familles d'aliments les plus souvent citées par les patients, sont détaillés dans notre article sur l'alimentation et l'intestin irritable, dont une section porte sur le repérage de ses propres déclencheurs.

Une analyse du microbiote peut-elle remplacer un test d'intolérance ?

Non. Une analyse du microbiote décrit un écosystème : quelles familles bactériennes sont présentes, dans quelles proportions, avec quelle diversité. Elle ne nomme pas un aliment. Deux personnes qui décrivent le même ventre gonflé après le même repas n'ont pas forcément la même flore : une équipe de Cambridge a séquencé celle de 56 patients et de 56 témoins vivant sous le même toit et distingué deux signatures, l'une proche de celle des témoins, l'autre nettement éloignée (Vervier et al., Gut, 2022).

Savoir si cette différence annonce la réponse à un changement d'alimentation reste une question ouverte. Dans un essai britannique, le microbiote de départ ne séparait pas les répondeurs des non-répondeurs au régime pauvre en FODMAP, alors que les métabolites fécaux et urinaires, eux, y parvenaient (Wilson et al., Alimentary Pharmacology & Therapeutics, 2023). La mise au point de l'association américaine de gastro-entérologie sur l'alimentation dans le syndrome de l'intestin irritable dit la même chose : les marqueurs biologiques n'ont pas, à ce jour, un niveau de preuve suffisant pour prédire en routine la réponse à une intervention alimentaire (Chey et al., Gastroenterology, 2022).

Trois niveaux de lecture se mélangent souvent dans cette discussion :

  • Les critères de Rome V décrivent le syndrome à partir des symptômes. C'est le cadre international officiel, et il dit quoi.
  • Les mécanismes documentés dans la littérature (fermentation d'un sucre, appel d'eau, sensibilité de la paroi, exposition immunitaire) expliquent comment un symptôme se produit, et pourquoi tel test mesure telle chose.
  • La lecture que fait une analyse de microbiote de votre équilibre digestif est une interprétation de votre profil à vous. Elle ne pose pas de diagnostic et ne remplace pas les deux premiers niveaux.

Chez Symp, le microbiote intestinal se lit par séquençage sur un prélèvement de selles réalisé chez vous. Aucune de nos analyses n'est un test d'intolérance alimentaire, et aucune ne désigne un aliment à retirer.

Symp ne pose pas de diagnostic, ne traite aucune maladie et ne remplace pas une consultation médicale. Ce que le bilan apporte, c'est une description de votre équilibre digestif, à côté du journal et de la réintroduction, qui restent la méthode pour repérer un aliment.

Comprendre votre équilibre digestif avant de retirer des aliments

Les analyses Symp se font chez vous, sans prise de sang. Elles décrivent votre flore, ses familles de protection et de fermentation. Ce ne sont pas des tests d'intolérance. Notre comité scientifique encadre l'interprétation.

Voir les analyses Symp

FAQ

Quel test permet de savoir si on est intolérant à un aliment ?

Aucun test sanguin ne rend cette réponse. Le seul test d'intolérance dont la dose, le seuil et la lecture sont fixés par un consensus européen est le test respiratoire à l'hydrogène, et il porte sur un sucre précis, le lactose (Hammer et al., 2022). Pour les autres aliments, la méthode qui identifie un déclencheur est l'éviction bornée dans le temps suivie d'une réintroduction un aliment à la fois.

Les tests d'intolérance alimentaire IgG sont-ils fiables ?

Non. Un IgG dirigé contre un aliment signe une exposition répétée à cet aliment et non une intolérance : c'est la position de l'EAACI depuis 2008 (Stapel et al., Allergy, 2008), formellement soutenue par l'AAAAI (Bock, Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2010), et rejointe par les positions convergentes de la société canadienne d'allergologie, du Conseil Supérieur de la Santé belge (avis 9509) et de la SNFGE. Un résultat positif est attendu chez des personnes en bonne santé.

Comment se passe un test pour l'intolérance au lactose ?

Vous buvez une solution de 25 g de lactose, puis vous soufflez dans un appareil à intervalles réguliers pendant deux à trois heures. Le test est positif si l'hydrogène expiré augmente d'au moins 20 parties par million au-dessus de la valeur de départ. Le relevé de vos symptômes pendant l'examen en fait partie : sans lui, on mesure une malabsorption, pas une intolérance (Hammer et al., 2022).

Faut-il arrêter le gluten avant de faire des examens ?

Non, c'est l'inverse. La sérologie de la maladie cœliaque s'interprète chez quelqu'un qui mange encore du gluten, et un régime sans gluten commencé avant le bilan expose à un résultat faussement rassurant (Rubio-Tapia et al., 2023). Le bilan vient avant le régime.

Une analyse du microbiote peut-elle remplacer un test d'intolérance alimentaire ?

Non. Elle décrit les familles bactériennes présentes et la diversité de la flore, elle ne désigne aucun aliment. À ce jour, aucun marqueur biologique n'a un niveau de preuve suffisant pour prédire en routine la réponse à un changement d'alimentation (Chey et al., Gastroenterology, 2022).

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