Sommes-nous intolérants au gluten ? Avec le Dr. Balon-Perin
Publié le: 2024-06-08 par:Nicholas Balon-Perin
Dr. Balon-Perin
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Vous avez arrêté le gluten et vous vous sentez mieux. Vous en avez donc conclu que vous êtes intolérant. C'est logique… mais probablement inexact. Car dans la grande majorité des cas, ce n'est pas le gluten qui pose problème. C'est ce qui se cache derrière.
Le gluten : une protéine, pas un poison
Le gluten est une protéine que l'on trouve essentiellement dans le blé et ses dérivés, froment, boulgour, épeautre, ainsi que dans l'orge et, dans une moindre mesure, dans l'avoine. Il est absent du millet, du sarrasin, du quinoa, des pommes de terre et du riz.
Il existe une vraie allergie au gluten : la maladie cœliaque. Elle implique une réaction immunitaire franche, se manifeste généralement dès l'enfance, repose sur une prédisposition génétique clairement identifiée, et se confirme par des analyses biologiques. Dans ce cas, l'éviction stricte et définitive du gluten est non négociable.
Il existe également un second profil, plus rare : des personnes qui ne sont pas cœliaques mais chez qui on retrouve des marqueurs immunitaires (IgG ou IgA) élevés contre le gluten. Chez elles aussi, l'éviction est justifiée.
Mais pour tout le reste, et c'est là où ça devient intéressant, le problème n'est pas le gluten.
À noter : La candidose peut être détectée par le dosage urinaire d'un métabolite produit exclusivement par le Candida, le D-arabinitol, lors d'une analyse métabolomique.
Pourquoi vous vous sentez mieux sans gluten (sans en être intolérant)
La lectine du blé, pas le gluten
La lectine est une substance produite par la plupart des végétaux pour se protéger de leurs agresseurs. En temps normal, si votre muqueuse intestinale est en bon état, elle traverse votre tube digestif sans causer le moindre problème.
Mais si votre microbiote est appauvri, votre paroi intestinale se retrouve insuffisamment protégée. La lectine du blé vient alors l'irriter directement. Ce n'est pas une question de gluten : c'est une question de muqueuse fragilisée.
La candidose : le grand imposteur
L'autre grand coupable, souvent ignoré, c'est la candidose intestinale, une prolifération excessive d'un champignon appelé Candida albicans, naturellement présent dans notre intestin en quantité modérée.
Sous l'effet du stress, d'antibiotiques, de corticoïdes, ou d'une alimentation trop riche en sucres rapides, ces levures prolifèrent, se transforment en champignons filamenteux et s'accrochent à la paroi intestinale. Résultat : ballonnements, troubles du transit, fatigue, difficultés de concentration, sensation d'avoir « la tête dans le brouillard »... et une intolérance marquée aux farines blanches et aux sucres raffinés.
Or, quand quelqu'un supprime le gluten, il supprime mécaniquement les farines blanches. Il se sent mieux, non pas parce que le gluten a disparu, mais parce que le Candida n'est plus nourri.
Il croit traiter la cause. Il soulage simplement un symptôme.
À noter : L'objectif n'est pas de manger sans gluten à vie. C'est de retrouver un intestin capable de tout tolérer, dans un équilibre raisonnable.
Ce qu'il faut faire (et ne pas faire)
Ne pas supprimer définitivement sans diagnostic
Éliminer le gluten sans certitude de la cause est une fausse solution. Pire : se rabattre sur des produits « sans gluten » transformés, souvent riches en maïs, en additifs et pauvres en fibres, peut aggraver le déséquilibre du microbiote.
Identifier la vraie origine
Avant d'exclure quoi que ce soit, la question à poser est : quelle est la cause réelle ? Microbiote inflammatoire ? Candidose ? Lectine mal tolérée sur muqueuse fragilisée ? Ce sont des diagnostics différents, qui appellent des traitements différents.
La candidose peut notamment être détectée par le dosage urinaire d'un métabolite produit exclusivement par le Candida, le D-arabinitol, lors d'une analyse métabolomique. C'est l'approche la plus pertinente à ce jour pour identifier une prolifération fongique intestinale.
Traiter, puis réintroduire
Bonne nouvelle : contrairement à la maladie cœliaque, ces situations ne sont pas définitives. En traitant l'origine du problème (rééquilibrage du microbiote, traitement antifongique si nécessaire, régime temporairement moins sucré) la tolérance alimentaire s'améliore progressivement. Après deux à trois mois, une réintroduction prudente des aliments écartés est généralement possible.
L'objectif n'est pas de manger sans gluten à vie. C'est de retrouver un intestin capable de tout tolérer, dans un équilibre raisonnable.
À noter : Dans la grande majorité des cas, ce n'est pas le gluten qui pose problème. C'est ce qui se cache derrière.
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