La mutuelle la plus suivie de France : entretien avec son fondateur Abel Biver

Publié le: 2026-03-30 par:Nicholas Balon-Perin

Abel Biver

Abel Biver est cofondateur de Nostrum Care, la mutuelle santé et bien-être qui a conquis plus de 30 000 abonnés sur les réseaux, et qui se revendique comme l'assurance la plus suivie de France.

Une mutuelle née d'un double constat

Le retard digital de l'assurance santé

Abel Biver, cofondateur de Nostrum Care, n'est pas arrivé dans l'assurance santé par hasard. Derrière la création de cette mutuelle nouvelle génération, il y a une observation simple mais puissante : le secteur accusait un retard considérable par rapport à d'autres industries.

Là où la banque s'était digitalisée dans les années 2000-2010, rendant la gestion financière accessible, compréhensible et même attrayante pour les jeunes générations, à l'image de Revolut ou Conta, l'assurance santé restait figée dans un modèle archaïque. Formulaires papier, délais de trois semaines, garanties incompréhensibles : tout était fait pour décourager.

Le désintérêt des indépendants et des jeunes

Le second constat est tout aussi frappant. Une large frange de la population (freelances, indépendants, étudiants) se posait sincèrement la question de l'utilité d'une mutuelle. « Est-ce que ça vaut le coup de payer 20, 30, 40 euros par mois ? Je ne vais jamais chez le médecin. » Une question qui, selon Abel Biver, ne devrait même pas pouvoir se poser.

Le Covid comme révélateur

La crise sanitaire a agi comme un catalyseur. Ce que Nostrum Care avait déjà pressenti, la nécessité d'une assurance intégrant la santé mentale et le bien-être, s'est confirmé avec force. L'explosion du tabou autour de la santé mentale, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, a validé leur approche.

« Quelque part, cette volonté de pouvoir proposer une assurance nouvelle génération qui prend en compte bien plus qu'elle ne prend en charge est arrivée au bon moment. »

📝

À noter : La conviction de Nostrum Care est à long terme : en prenant davantage en charge le bien-être, la santé mentale et la santé émotionnelle, on réduit mécaniquement les coûts du curatif.

De la surcomplémentaire à la mutuelle complète

Nostrum Plus : la preuve de concept

Nostrum Care a d'abord testé son concept avec Nostrum Plus, une surcomplémentaire santé lancée courant 2022. L'objectif : valider techniquement et commercialement le modèle, avec un processus de souscription entièrement digitalisé, de A jusqu'à Z, sans aucune intervention manuelle.

Le résultat a été immédiat : 300 clients en deux mois, sans aucun investissement publicitaire. La preuve de concept était validée.

Nostrum Vita : le lancement de la complémentaire

Fort de ce succès, Nostrum Care a lancé Nostrum Vita, une complémentaire santé complète, courant 2023, avec une montée en régime significative en 2024. La structure de remboursement reste comparable à celle des concurrents sur les postes classiques (médecin, hospitalisation, dentaire, optique), mais c'est sur le volet bien-être que la différence se creuse.

La RC Pro : une réponse aux demandes des indépendants

À ces deux produits s'est ajoutée une assurance RC Pro, née directement des sollicitations des adhérents. Cohérente avec la philosophie de la marque : se décharger mentalement des risques liés à son activité, elle couvre aussi bien le graphiste qui livrerait un logo déjà déposé que le kiné qui manipule un patient.

Découvrez notre analyse du microbiote intestinal

Votre microbiote, chef d’orchestre de votre santé, influence votre bien-être physique et mental. Grâce à cette analyse révolutionnaire, explorez vos bactéries intestinales pour mieux comprendre et corriger les déséquilibres qui affectent votre quotidien.

Cliquez ici

44 pratiques remboursées : le refus de dicter

Une sélection rigoureuse, pas arbitraire

L'un des piliers de Nostrum Care est le remboursement de 44 pratiques de médecine douce et de bien-être. Ce chiffre n'est pas arbitraire : il est le fruit d'une étude des plateformes de prise de rendez-vous en médecines douces, couplée à une analyse de la structuration de chaque pratique (existence de fédérations, d'ordres, de syndicats).

Là où les mutuelles classiques se limitent à trois ou quatre pratiques, Nostrum Care a fait le choix inverse. La philosophie est claire : « On ne va pas dicter à nos clients ce qu'ils doivent faire pour aller mieux. On va leur laisser la liberté de choisir ce qu'il faut qu'ils fassent eux-mêmes pour aller mieux et leur permettre d'y aller en rendant ça accessible par un remboursement. »

Des exemples concrets et assumés

Parmi les remboursements proposés : les compléments alimentaires, le CBD, les lunettes solaires et les lunettes anti-lumière bleue (considérées comme de la prévention oculaire), le minoxydil (pour la repousse des cheveux, prescrit par les dermatos mais remboursé sans ordonnance), ou encore les doulas — intégrées après de nombreux échanges avec les fédérations concernées.

La zone grise : quand on ne va pas bien sans être malade

C'est l'une des problématiques centrales qu'adresse Nostrum Care. En France, 47 % des Français auraient vécu l'errance médicale, personnellement ou via un proche. Ces personnes qui souffrent de fatigue chronique, de stress ou de troubles digestifs, qui consultent un médecin et s'entendent dire qu'il n'y a pas de maladie détectée, se retrouvent seules face à leur parcours de soin, et face aux frais que celui-ci engendre.

« Il y a ce parcours très seul, seul psychologiquement, mais aussi seul face aux frais que ça engendre. »

Un besoin qui dépasse le diagnostic

L'enjeu est aussi de servir les personnes qui suivent un traitement lourd (cancer, maladies graves) et pour qui les pratiques de médecine douce peuvent soulager la douleur, renforcer le bien-être mental et émotionnel, et contribuer à mieux combattre la maladie.

📝

À noter : Nostrum Care cherche à bâtir un écosystème autour du bien-être et de la santé mentale.

Le modèle financier : prévention contre curation

L'actuariat au service de l'innovation

Comment une telle offre tient-elle financièrement ? La réponse passe par l'actuariat : une science qui calcule, sur la base de probabilités, le niveau de prestations qu'une mutuelle peut rembourser en fonction des cotisations perçues.

La conviction de Nostrum Care est à long terme : en prenant davantage en charge le bien-être, la santé mentale et la santé émotionnelle, on réduit mécaniquement les coûts du curatif. Moins de maladies déclarées, moins de soins lourds, moins de dépenses pour la mutuelle.

Les contraintes réglementaires, frein à l'innovation

Ce pari est cependant confronté à des contraintes réglementaires croissantes. Exemple récent : une nouvelle taxe de 2,05 % sur les mutuelles en France, absorbée par Nostrum Care pour ne pas la répercuter sur ses adhérents, mais qui pèse inévitablement sur les marges d'innovation et de recrutement.

Un système de financement sous tension

Le désengagement progressif de la Sécurité sociale

Abel Biver pointe une réalité structurelle préoccupante : la Sécurité sociale, confrontée à un surendettement et à une maîtrise des dépenses défaillante, se désengage progressivement de certains actes (passant par exemple de 70 % à 60 % de remboursement). Ce désengagement est mécaniquement reporté sur les mutuelles, puis sur les cotisants.

« Si ces acteurs n'arrivent pas à discuter clairement de ce que c'est que la santé de demain et de comment on veut la financer, celui qui va payer à la fin, c'est le citoyen. »

La solidarité intergénérationnelle brisée

À cela s'ajoute un phénomène aggravant : l'obligation faite aux salariés de souscrire à la mutuelle d'entreprise a fragmenté les pools d'adhérents, rompant la solidarité intergénérationnelle qui était au cœur du modèle mutualiste. Les jeunes, qui consommaient peu et finançaient les aînés, ont été sortis des mutuelles individuelles, accélérant la hausse des cotisations seniors.

Découvrez notre analyse de la Candidose

Cette analyse détecte la présence d’une candidose, une prolifération excessive du champignon Candida dans votre intestin.

Cliquez ici

Innover sur les sujets de société

Harcèlement scolaire, ruptures, santé mentale

Nostrum Care ne se contente pas de rembourser. La mutuelle revendique des convictions fortes sur de grands enjeux sociétaux, auxquels elle tente d'apporter des réponses concrètes.

Parmi les initiatives notables : un module d'assurance contre le harcèlement scolaire lancé dès les débuts, et un partenariat avec Tinder pour une assurance bien-être dédiée aux ruptures sentimentales (Breakup, Backup, Glowup), partant du constat que la séparation est un moment de fragilité émotionnelle et psychologique qui mérite un accompagnement structuré.

Une audience jeune et des chiffres préoccupants

La santé mentale a été reconduite grande cause nationale en 2026, avec un Français sur six ayant vécu un épisode dépressif l'an dernier, chiffre montant à 22 % chez les 18-29 ans. L'âge moyen des adhérents de Nostrum Care tourne autour de 29 ans, et la mutuelle revendique plus de 30 000 abonnés sur les réseaux sociaux, ce qui en fait l'assurance la plus suivie de France.

Un écosystème à construire ensemble

La vision finale d'Abel Biver dépasse le cadre strict de la mutuelle. Il s'agit de bâtir un écosystème autour du bien-être et de la santé mentale, en s'entourant d'acteurs partageant les mêmes convictions, dont un partenariat avec Simp offrant des réductions sur leurs services aux adhérents.

« Il faut qu'on arrive à être un banc de poissons qui va grossir de plus en plus et qui sera de plus en plus visible et fort, et qui fera bouger les choses. »

L'ambition est claire : faire de l'assurance santé non plus un mal nécessaire, opaque et subi, mais un allié actif dans la construction d'une vie plus saine, dans le corps comme dans la tête.

Références scientifiques

Les troubles digestifs et réactions alimentaires nécessitent une approche personnalisée basée sur des analyses biologiques précises. Ne restez pas dans l'incertitude face à vos symptômes.

Qui sommes-nous ?

Symp est une entreprise belge dont la mission est de vous aider à comprendre l'origine de vos inconforts chroniques et spécifique pour le colon irritable

Nous decouvrir

Nicholas Balon-Perin

Ressources connexes